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David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini
David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini - Tableaux et dessins Style Louis XIII David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini - Galerie PhC David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini - Louis XIII Antiquités - David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini
Réf : 128766
13 800 €
Époque :
XVIIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
L. 118 cm X l. 99 cm
Tableaux et dessins Tableaux XVIIe siècle - David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini XVIIe siècle - David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini Louis XIII - David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini Antiquités - David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini
Galerie PhC
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Tableaux anciens des XVIIè, XVIIIè et XIXè siècles.


+33 (0)6 62 09 89 00
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David et Goliath - Ecole florentine, vers 1625-1635 attribué à Francesco Lupicini

Huile sur toile rentoilé de 95.5 cm par 76.5 cm
Cadre Bolonais du 17è siècle de 118 cm par 99 cm.

Dans cette représentation à mi-corps de David victorieux de Goliath, le jeune héros apparaît presque entièrement dénudé devant un fond obscur. Le corps, vivement éclairé, se détache de la pénombre tandis que la tête coupée du géant, reléguée dans la partie inférieure de la composition, demeure en grande partie absorbée par l'ombre. David ne manifeste cependant ni exaltation ni violence : le regard détourné, l'expression méditative, il pose avec une étonnante douceur sa main sur la tête de son adversaire vaincu.
Le peintre substitue ainsi à l'image traditionnelle du héros triomphant celle d'un jeune homme silencieux et mélancolique. La sensualité du torse nu, la délicatesse des traits et l'élégance des longues mains contrastent délibérément avec le visage terreux et presque spectral de Goliath. L'opposition entre la carnation lumineuse de David et ...

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... la matière sombre de la tête coupée suggère moins l'instant dramatique du combat que la confrontation silencieuse de la jeunesse et de la mort.
L'élégance recherchée du costume contribue à cette transformation du sujet héroïque. David porte un ample couvre-chef de tonalité rose-brun, orné d'une spectaculaire plume blanche aux reflets gris-verdâtres. L'épée, dont le pommeau apparaît auprès de sa main droite, rappelle discrètement l'issue du combat. Une draperie d'un bleu profond, presque absorbée par l'obscurité, complète une palette volontairement restreinte, dominée par les bruns, les roses éteints, les gris, les verts sourds et les carnations ivoirines.
La facture associe souplesse du modelé et fermeté du dessin. Les chairs sont construites par de délicates transitions de demi-teintes, tandis que les paupières, la bouche, les narines et les intervalles entre les doigts sont soulignés avec davantage de précision. Le traitement plus libre des accessoires — plume, étoffes et garde de l'épée — contraste avec le modelé attentif du visage et du torse. Le clair-obscur n'atteint jamais la violence dramatique du caravagisme : il sert avant tout à isoler la figure, à accentuer son intériorité et à faire progressivement disparaître Goliath dans le fond.
Attribution
Par son raffinement, son clair-obscur tempéré, la douceur des carnations et surtout par la beauté presque androgyne et mélancolique donnée à David, le tableau appartient vraisemblablement au milieu florentin du deuxième quart du XVIIe siècle. Une datation autour de 1625-1635 paraît cohérente avec son langage pictural.
Ces caractères conduisent à proposer une attribution à Francesco Lupicini, peintre florentin dont l'œuvre, longtemps mal définie, a fait l'objet d'une reconstruction critique relativement récente. La période florentine de Lupicini se caractérise notamment par l'assimilation de la tradition de Matteo Rosselli et de Giovanni Bilivert, associée à un clair-obscur plus prononcé, à une palette assourdie et à une interprétation volontiers introspective des figures.
La proximité avec Francesco Furini mérite également d'être signalée. Le torse juvénile, l'ambiguïté presque féminine de la beauté de David et l'atmosphère sensuelle et méditative évoquent incontestablement certaines créations de Furini des années 1620-1630. Toutefois, la construction relativement ferme des traits du visage et des mains, ainsi que l'articulation plus nette du clair-obscur, paraissent orienter davantage vers Lupicini. Cette proximité avec Furini est d'ailleurs révélatrice du contexte florentin dans lequel l'œuvre semble avoir été conçue.

Francesco Lupicini
Florence, 1591 – Saragosse, vers 1656

Francesco Lupicini appartient à cette génération de peintres qui renouvelle la tradition florentine dans le deuxième quart du XVIIe siècle. Né à Florence en 1591, il se forme auprès de Cristofano Allori, dont il est le neveu et collaborateur, puis dans l'atelier de Matteo Rosselli. Sa peinture s'inscrit ainsi dans la continuité du dessin florentin tout en accordant une place croissante au clair-obscur, à la sensualité des carnations et à l'expression psychologique des figures.
Durant sa période florentine, particulièrement féconde entre 1625 et 1635, Lupicini développe un langage personnel, caractérisé par des figures élégantes et intériorisées, un modelé délicat mais fermement construit et des harmonies chromatiques volontiers assourdies. Son Triomphe de David, récemment réétudié par Francesca Baldassari, illustre particulièrement cette évolution : l'héroïsme du sujet s'y tempère d'une dimension méditative et mélancolique. Le peintre aborde également le thème dans un David et Goliath sur cuivre, publié par Baldassari en 2016.
En 1636, Lupicini quitte Florence pour l'Espagne et poursuit l'essentiel de sa carrière à Saragosse, où il s'intègre aux réseaux florentins et génois établis en Aragon. Il y développe une importante activité de peintre religieux, transposant dans le contexte espagnol la culture picturale acquise en Toscane. Il meurt à Saragosse vers 1656.
Longtemps restée imparfaitement définie et parfois confondue avec celle d'autres peintres, l'œuvre de Lupicini fait aujourd'hui l'objet d'une importante réévaluation. Les recherches de Francesca Baldassari, puis la monographie publiée par Álvaro Vicente Romeo, Francesco Lupicini, caballero noble florentín. Un pintor entre la Toscana y Aragón (1591-h. 1656), permettent d'élargir et de préciser son catalogue, tant pour sa période italienne que pour son activité aragonaise. Cette étude récente replace désormais Lupicini parmi les personnalités singulières de la peinture florentine du Seicento et souligne son rôle de trait d'union entre Florence et l'Espagne.

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