Par Galerie PhC
Tableaux anciens des XVIIè, XVIIIè et XIXè siècles.
Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite « la Grande Mademoiselle » portrait attribué aux Beaubrun vers 1660.
Huile sur toile rentoilée de 91 cm par 73.5 cm.
Cadre ancien de 108 cm par 91 cm.
Anne-Marie-Louise d’Orléans, dite « la Grande Mademoiselle »
Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier (1627-1693), dite « la Grande Mademoiselle »
Elle est la fille de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, et de Marie de Bourbon-Montpensier. Petite-fille d’Henri IV et cousine germaine de Louis XIV, elle appartient au plus haut rang de la maison de France et compte, grâce à l’immense héritage maternel qu’elle reçoit dès sa naissance, parmi les princesses les plus riches d’Europe.
Personnalité indépendante et consciente de son rang, elle joue un rôle particulièrement actif durant la Fronde. En 1652, elle prend le parti du prince de Condé contre les forces royales et intervient directement dans les événements parisiens. Son engagement lui vaut ...
... temporairement l’exil de la cour et contribue à forger durablement son image de princesse guerrière et frondeuse.
Revenue progressivement en faveur auprès de Louis XIV, elle mène une existence de grande princesse, protège artistes et hommes de lettres et laisse d’importants Mémoires, précieux témoignage sur la cour et la société aristocratique du Grand Siècle. Sa passion tardive pour Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun, et les difficultés entourant leur union constituent l’un des épisodes les plus célèbres de sa vie.
La Grande Mademoiselle fait l’objet de nombreux portraits, parfois sous une forme allégorique ou héroïque. Sa représentation sous les traits de Pallas-Minerve, armée d’un casque, d’une lance et d’un bouclier, prend une signification particulière au regard de sa personnalité et de son engagement pendant la Fronde : la déesse antique réunit les vertus de sagesse, d’autorité et de courage guerrier.
Le musée Carnavalet conserve notamment un portrait d’Anne-Marie-Louise d’Orléans la représentant casquée et munie d’un bouclier, témoignage de cette iconographie héroïque.
https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/portrait-d-anne-marie-louise-d-orleans-duchesse-de-montpensier-dite-la?utm
Elle meurt à Paris le 5 avril 1693, laissant l’image singulière d’une princesse du sang qui, par sa fortune, son caractère et ses ambitions, occupe une place à part parmi les grandes figures féminines du XVIIe siècle.
Henri et Charles Beaubrun
Henri Beaubrun (1603-1677) et Charles Beaubrun (1604-1692) sont deux cousins, nés à Amboise, qui comptent parmi les principaux portraitistes de la cour de France au milieu du XVIIe siècle. Leur carrière est étroitement liée à la famille royale et plus particulièrement aux femmes de la cour. Le musée du Louvre donne pour Henri les dates 1603-1677 et pour Charles 1604-1692.
Les deux artistes travaillent en collaboration si étroite qu’il est souvent difficile, voire impossible, de distinguer la main de l’un de celle de l’autre. Cette association constitue l’une des particularités de leur œuvre. Le château de Versailles rapporte qu’ils aiment se présenter comme capables d’échanger leurs pinceaux au cours de l’exécution d’un même portrait, ce qui explique que nombre de leurs tableaux soient aujourd’hui attribués conjointement à « Henri et Charles Beaubrun ».
Très tôt introduits dans les milieux de la cour, les Beaubrun bénéficient particulièrement de la faveur d’Anne d’Autriche. Ils représentent la reine dans des circonstances exceptionnelles, notamment pendant sa grossesse, puis peignent le futur Louis XIV quelques jours seulement après sa naissance. Leur proximité avec la famille royale leur permet ainsi de devenir des témoins privilégiés de l’enfance du jeune souverain et de l’entourage féminin de la monarchie.
Un exemple particulièrement significatif de cette activité est le Portrait d’Anne d’Autriche, régente de France, et de son fils Louis XIV, peint vers 1644-1645 et acquis par le château de Versailles en 2025. Cette œuvre associe le portrait familial à une véritable représentation politique de la monarchie au moment de la régence d’Anne d’Autriche.
Les Beaubrun se spécialisent progressivement dans le portrait féminin de cour. Princesses, reines et grandes dames constituent une part essentielle de leur clientèle. Ils développent un langage particulièrement adapté à cette société aristocratique : visages soigneusement modelés, carnations claires, coiffures élaborées, perles et bijoux, étoffes précieuses, broderies et costumes somptueux occupent une place considérable dans leurs compositions.
Leur manière répond ainsi autant à la nécessité de conserver les traits du modèle qu’à celle de manifester son rang, sa beauté et son appartenance à la société de cour. Le portrait devient une représentation sociale et dynastique autant qu’une effigie individuelle.
Sous le règne de Louis XIV, leur réputation atteint son apogée. Le roi leur commande lui-même des portraits de princesses de la famille royale et de grandes dames de la cour, destinés notamment à ses résidences. Ces œuvres participent à la mode des « galeries de beautés », ensembles de portraits féminins alors très appréciés dans les cours européennes. Versailles souligne que les portraits des Beaubrun connaissent un très grand succès jusqu’à la fin des années 1660.
Leur activité ne se limite pas à Anne d’Autriche et aux premières années du règne. Les deux cousins travaillent également pour Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV, et représentent le Grand Dauphin. Ils occupent ainsi une position privilégiée dans la représentation des différentes générations de la famille royale.
Charles Beaubrun appartient par ailleurs à l’Académie royale de peinture et de sculpture à partir du 2 septembre 1651. Les sources de l’INHA indiquent également qu’il reçoit de nombreuses commandes royales de portraits de dames de la cour.
L’art des Beaubrun se caractérise particulièrement par l’élégance et la préciosité de la représentation. Les modèles féminins apparaissent fréquemment dans de riches robes de cour, accompagnées de perles, de bijoux et de draperies. Mais le portrait peut également prendre une dimension allégorique ou mythologique : la grande dame abandonne alors, en partie, son identité quotidienne pour apparaître sous les traits d’une déesse ou d’une héroïne de l’Antiquité.
Ce type de portrait historié permet d’associer la ressemblance physique à des qualités symboliques : Diane évoque notamment la chasteté ou la chasse, tandis que Pallas-Minerve incarne la sagesse, l’intelligence, l’autorité et la vertu guerrière. Le costume antique, le casque, la lance ou le bouclier peuvent ainsi cohabiter avec les coiffures, les perles et les étoffes caractéristiques de la mode française contemporaine.
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