Par Galerie PhC
Tableaux anciens des XVIIè, XVIIIè et XIXè siècles.
Atelier de Pierre Mignard vers 1685
François-Louis de Bourbon, prince de Conti, dit le Grand Conti (1664–1709)
Le jeune prince est représenté vers 1685, il a la vingtaine.
Œuvre en rapport, château de Versailles, une autre représentation en empereur romain réalisée manifestement quelques années avant notre œuvre :
https://pop.culture.gouv.fr/notice/joconde/000PE007143?utm_source=chatgpt.com
Huile sur toile d’origine de 91 cm par 75 cm.
Cadre ancien de 109 cm par 91 cm.
Le tableau représente François-Louis de Bourbon encore jeune, figuré à mi-corps sur un fond brun sombre. Le visage clair, encadré d'une abondante chevelure brune, se détache avec douceur de l'arrière-plan.
Le prince porte un riche costume de fantaisie à l'antique. Une ample draperie rouge orangé, brodée d'or et bordée de franges, recouvre une tunique bleue et une étoffe verte nouée autour du cou. Elle est retenue à l'épaule par une importante agrafe ovale ornée d'une pierre ...
... bleue. Un étroit galon doré à l'encolure semble porter plusieurs caractères dont la lecture reste incertaine.
La main droite tient une épée à garde dorée, attribut de son rang et de sa vocation militaire, tandis que l'autre bras repose naturellement devant le corps. L'ensemble compose l'image héroïque d'un jeune prince du sang destiné aux armes.
La facture se caractérise par le contraste entre le modelé doux et fondu des carnations et une touche beaucoup plus libre dans les étoffes. Les broderies et franges d'or sont suggérées par de petits traits nerveux et lumineux, presque calligraphiques, tandis que les cheveux se fondent progressivement dans le fond brun.
François-Louis de Bourbon, prince de Conti
François-Louis de Bourbon, prince de Conti, plus connu sous le nom de Grand Conti, naît à Paris le 30 avril 1664 et meurt dans la même ville le 22 février 1709. Prince du sang de la maison de Bourbon-Condé, militaire brillant et personnage particulièrement séduisant de la cour de Louis XIV, il demeure l'une des figures les plus singulières de la haute aristocratie française de la fin du XVIIe siècle. La Bibliothèque nationale de France confirme ses dates ainsi que ses premiers titres de prince de La Roche-sur-Yon et de comte de La Marche.
Origines et jeunesse
François-Louis est le fils d'Armand de Bourbon, prince de Conti (1629–1666), et d'Anne-Marie Martinozzi (1637–1672), nièce du cardinal Mazarin. Par son père, il appartient à la branche cadette des Bourbon-Condé et descend directement du Grand Condé, Louis II de Bourbon, dont son père était le frère cadet.
Il perd son père alors qu'il n'a que deux ans, puis sa mère à huit ans. Son frère aîné, Louis-Armand Ier de Bourbon, prince de Conti, est alors le chef de la branche familiale.
François-Louis porte durant sa jeunesse le titre de prince de La Roche-sur-Yon.
Le jeune prince reçoit l'éducation réservée à un prince du sang. Les témoignages contemporains et postérieurs lui prêtent une intelligence vive, beaucoup d'esprit, une grande aisance dans le monde et un courage physique remarquable. Sa personnalité contraste avec celle de certains membres plus austères de la maison de Condé.
Le jeune prince à la cour de Louis XIV
François-Louis grandit au moment où Versailles devient le centre permanent de la monarchie : Louis XIV y installe principalement la cour et le gouvernement à partir de 1682.
Le jeune François-Louis appartient donc à cette première génération de princes qui vivent pleinement dans la société versaillaise construite par Louis XIV.
Il est également très proche de son cousin Louis III de Bourbon-Condé, futur prince de Condé, né en 1668. Celui-ci épouse en 1685 Louise-Françoise de Bourbon, dite Mademoiselle de Nantes, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan.
François-Louis se trouve ainsi au cœur du réseau dynastique des Condé, des Conti et de la famille royale.
Un prince fait pour la guerre
C'est surtout dans la carrière militaire que François-Louis acquiert très jeune une réputation exceptionnelle.
Il participe aux guerres de Louis XIV et se distingue par une bravoure personnelle qui contribue fortement à sa légende. Cette réputation de prince guerrier est essentielle pour comprendre son iconographie : l'épée, les draperies héroïques et les costumes inspirés de l'Antiquité ne constituent pas nécessairement de simples ornements de portraitiste. Ils participent à la construction de l'image d'un jeune prince du sang destiné aux armes.
Son tempérament indépendant lui attire cependant des difficultés. Dans sa jeunesse, il est compromis avec son frère dans l'affaire liée aux campagnes de Hongrie contre les Ottomans. Son goût pour l'action militaire ne s'accommode pas toujours de la discipline politique imposée aux princes par Louis XIV.
Il devient prince de Conti
L'année 1685 constitue un tournant.
Son frère aîné Louis-Armand meurt sans descendance. François-Louis hérite alors du titre et devient prince de Conti.
Cette date constitue un repère particulièrement utile pour dater ses portraits : avant 1685, il est normalement prince de La Roche-sur-Yon ; après la mort de son frère, il devient prince de Conti.
Mariage et rapprochement avec le Grand Condé
En 1688, François-Louis épouse Marie-Thérèse de Bourbon-Condé (1666–1732).
Elle est la fille de son cousin Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé, et la petite-fille du célèbre Grand Condé. Cette union resserre encore les liens entre les deux branches de la maison de Bourbon-Condé.
Le mariage donne naissance à plusieurs enfants, dont Louis-Armand II de Bourbon-Conti (1695–1727), qui succédera à son père comme prince de Conti. La BnF confirme pour celui-ci les dates du 10 novembre 1695 au 4 mai 1727.
Un des meilleurs généraux de son temps
Dans les années 1690, le prince de Conti participe activement à la guerre de la Ligue d'Augsbourg.
Il se distingue notamment dans les campagnes des Pays-Bas et prend part aux grandes opérations militaires françaises de la période. Sa réputation de courage et d'intelligence militaire devient considérable.
Cette réussite pose néanmoins un problème typique de la monarchie louis-quatorzienne : un prince du sang extrêmement populaire, brillant et ambitieux peut également devenir politiquement encombrant.
Louis XIV apprécie ses qualités mais se méfie de son indépendance.
Le Grand Conti acquiert ainsi une position paradoxale : proche du trône par sa naissance, indispensable par son talent militaire, admiré à la cour, mais jamais complètement dans la faveur du roi.
L'extraordinaire aventure polonaise
L'épisode le plus spectaculaire de sa carrière survient en 1697.
À la mort de Jean III Sobieski, le trône de la république des Deux Nations — Pologne et Lituanie — devient vacant. La monarchie polonaise étant élective, plusieurs princes européens se portent candidats.
François-Louis de Bourbon est présenté comme candidat au trône avec le soutien de Louis XIV.
Une partie importante de la noblesse polonaise l'élit roi. Mais son principal adversaire, Frédéric-Auguste de Saxe, futur Auguste II
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