Par Richard Redding Antiques
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Pendules et objets d'art d'exception XVIIe-XIXe siècle
Importante pendule de cheminée Empire en bronze doré et patiné 'aux Victoires' d'une durée de marche de quatorze jours, signée sur le cadran en émail blanc à Paris et présentée dans un magnifique boîtier attribué à Claude Galle. Le cadran avec chiffres romains et arabes et fines aiguilles en laiton doré ajouré pour les heures et les minutes. Le mouvement avec échappement à ancre, suspension à fil de soie, sonnant les heures et les demi-heures sur une cloche unique, avec compte-roue extérieur. Le superbe boîtier surmonté d'un aigle ailé personnifiant Jupiter avec un serpent symbolisant l'éternité à ses pieds, posé sur un vase couvert en forme de dôme, le couvercle orné d'une branche de vigne fructifiée au-dessus d'un masque de style égyptien et d'une paire de serpents, le cadran monté sur la face avant du vase, décoré en haut d'une couronne et aux coins supérieurs de putti ailés, et en bas de griffons et d'un masque central d'Apollon, les anses du vase ...
... formées de Victoires monopodes ailées tournées vers l'extérieur, tenant chacune une coupe à flamme, la partie inférieure du vase avec des montures en anthémion, sur un pied circulaire évasé reposant sur un socle rectangulaire à gradins aux extrémités arrondies, orné sur la frise d'hippocampes s'abreuvant à une fontaine centrale et sur les côtés de rinceaux feuillagés, sur des pieds en forme de pattes de lion.
Paris, vers 1805-1810
Hauteur : 63 cm.
Le boîtier de cette magnifique pendule peut être attribué avec certitude à l'éminent bronzier Claude Galle (1751-1815) en raison de sa grande similitude avec d'autres modèles connus de sa main. Outre les exemples conservés au Württembergischen Landesmuseum de Stuttgart, au Conservatoire des Arts et Métiers et au Musée François-Duesberg, une pendule très similaire fut offerte à l'Empereur Napoléon par la ville de Lyon en 1805.
À l'instar de son rival Pierre-Philippe Thomire, Claude Galle fut l'un des plus éminents bronziers et fondeurs-ciseleurs de la fin de la période Louis XVI et de l'Empire. Né à Villepreux près de Versailles, il se rendit à Paris pour entreprendre un apprentissage auprès du fondeur Pierre Foy. En 1784, Galle épousa la fille de Foy et, à la mort de son beau-père en 1788, reprit l'entreprise qu'il développa pour en faire l'une des plus renommées de sa spécialité. Galle transféra aussitôt son activité au Quai de la Monnaie (rebaptisé Quai de l'Unité) et, à partir de 1805, exerça au 60 rue Vivienne. Inscrit pour la première fois dans les registres du commerce en 1784, il fut reçu maître-fondeur en 1786 et obtint rapidement la première d'une longue série de commandes du Garde-Meuble de la Couronne sous Jean Hauré, de 1786 à 1788. On sait qu'il collabora notamment avec Pierre-Philippe Thomire et fut responsable de la majorité des bronzes d'ameublement fournis sous l'Empire au Château de Fontainebleau. Parmi ses autres commandes impériales figuraient la fourniture de nombreux appareils d'éclairage, de boîtiers de pendules à figures, de vases et d'autres fins bronzes d'ameublement pour les palais de Saint-Cloud, des Trianons, des Tuileries, de Compiègne, de Rambouillet, ainsi que pour plusieurs palais italiens, notamment Monte Cavallo à Rome et Stupinigi près de Turin. Pourtant, malgré de nombreuses commandes importantes, Galle, à l'instar de Thomire, se trouva souvent en difficultés financières ; dans son cas, cela était dû en partie à son train de vie fastueux, mais aussi au fait que nombre de ses clients, tel le prince Joseph Napoléon, négligèrent de le régler. Après sa mort, la maison Galle fut reprise et prospéra sous la direction de son fils, Gérard-Jean Galle (1788-1846). Ses œuvres figurent dans les plus grandes collections mondiales, notamment celles mentionnées ci-dessus, ainsi qu'au Musée National du Château de Malmaison, au Musée Marmottan à Paris, au Museo de Relojes de Jerez de la Frontera, à la Résidence de Munich et au Victoria and Albert Museum de Londres.
Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, « Vergoldete Bronzen », 1986, p. 364, pl. 5.12.6, illustrant une pendule presque identique avec boîtier de Claude Galle et cadran signé Thomissen à Paris, formant une garniture avec une paire de vases à figures.
Tardy, « Les Plus Belles Pendules Françaises », 1994, p. 280, illustrant une pendule de conception identique mais avec des pieds tournés, conservée au Conservatoire des Arts et Métiers, Paris.
Elke Niehüser, « Die Französische Bronzeuhr », 1997, p. 266, pl. 1344, illustrant une pendule presque identique.
Pierre Kjellberg, « La Pendule Française du Moyen Age au XXe Siècle », 1997, p. 326, pl. B, illustrant une pendule de conception presque identique mais avec deux anneaux de cadran tournants et un médaillon représentant des putti à la place du cadran circulaire, également avec des Victoires tenant des flambeaux et sur des pieds tournés, conservée au Musée François-Duesberg à Mons, en Belgique.
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