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Bouclier de parade de la Renaissance italienne (rotella) au Rapt des Sabines
Bouclier de parade de la Renaissance italienne (rotella) au Rapt des Sabines - Collections Style Renaissance
Réf : 126595
38 500 €
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Italienne
Dimensions :
Ø 60.8 cm
Collections Armes & Souvenirs Historiques - Bouclier de parade de la Renaissance italienne (rotella) au Rapt des Sabines
Richard Redding Antiques
Richard Redding Antiques

Pendules et objets d'art d'exception XVIIe-XIXe siècle


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Bouclier de parade de la Renaissance italienne (rotella) au Rapt des Sabines

Grand bouclier de parade circulaire d'une ambition exceptionnelle, du type connu en italien sous le nom de rotella, produit dans l'un des principaux ateliers milanais à l'âge héroïque de l'armure italienne embossée. Le bouclier est travaillé dans une seule feuille de fer, repoussée et ciselée en haut relief avec une composition de bataille richement peuplée, entourée d'un large bandeau ornemental. Toute la surface était initialement dorée au feu ; de riches traces ocres subsistent sur l'ensemble du champ, dans les creux des draperies, entre les membres des chevaux, le long du cadre architectural et dans tout le bandeau feuillagé. Le bouclier est encadré par une moulure en cordelière (cordonné) à la division intérieure comme au bord extérieur, dispositif que l'on retrouve sur plusieurs rotelle milanaises bien documentées de la période.

La scène centrale : le Rapt des Sabines
Le champ principal d'environ 41 cm de diamètre est occupé par une scène tumultueuse ...

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... du Ratto delle Sabine, l'un des épisodes fondateurs de la Rome primitive chez Tite-Live (Ab Urbe Condita I, 9) et Plutarque (Romulus, 14). Romulus, récemment établi comme premier roi de Rome, organise des jeux en l'honneur du dieu Consus et invite le peuple voisin des Sabins. Sur un signal convenu, les jeunes Romains s'emparent des femmes sabines, acte compris dans l'Antiquité comme à la Renaissance comme la naissance politique de l'État romain par le mariage.

La narration est développée avec une clarté compositionnelle remarquable. Au centre supérieur, Romulus apparaît en pied sur une tribune architecturale à degrés inscrite ROMVLVS : couronné, barbu, drapé, le bras droit levé, tenant sceptre ou lituus dans la main gauche, donnant le signal de l'enlèvement. En dessous et autour de lui, l'action se déploie dans un esprit de pur maniérisme tardif du Cinquecento : des guerriers romains montés font cabrer leurs chevaux, s'emparent des femmes sabines en fuite et piétinent des combattants tombés. L'un des groupes les plus frappants montre un cavalier casqué emportant une femme en travers de l'encolure de son cheval qui se cabre, tandis qu'une seconde figure montée plonge son épée par-dessus l'épaule de la victime. Le cadre paysager n'est qu'à peine esquissé ; toute l'emphase est placée sur la figura serpentinata, les corps féminins tendus et tortueux, et l'anatomie nerveuse des chevaux.

La composition s'inscrit dans la tradition des frises monumentales de Polidoro da Caravaggio au Palazzo Milesi à Rome, diffusées par Cherubino Alberti à partir des années 1570, ainsi que de la gravure d'après Baccio Bandinelli par Caraglio. Le sujet était d'une actualité particulière après le dévoilement du marbre de Giambologna sous la Loggia dei Lanzi à Florence en 1583, œuvre qui fixa la composition dans l'imaginaire européen et engendra une vague d'estampes, de bronzes et de reliefs apparentés.

Le bandeau
Le champ central est clos par une mince cordelière, au-delà de laquelle s'étend un large bandeau concentrique d'environ 9 cm, rempli d'un répertoire virtuose d'ornements maniéristes : couples de nus enlacés ou luttant (vocabulaire grotesque dérivé de la Domus Aurea), combats d'animaux et créatures chimériques avec motifs de lion et de dragon, masques, dauphins et monstres marins parmi des acanthe enroulées, putti et figures allongées. Le bord extérieur est terminé par un rebord roulé et une nouvelle bande cordonné.
Technique

Le bouclier a été repoussé à partir d'une seule feuille de fer, puis travaillé des deux côtés à l'aide de poinçons et de ciselets. Les fonds du bandeau sont animés d'un très fin matage au poinçon en anneau, sur lequel le relief poli et doré se détachait de façon saisissante. Là où la dorure a été usée, le fer mis à nu a pris une patine brun chaud qui contraste harmonieusement avec le ton ocre de l'or subsistant. Le revers présente une patine intérieure sombre et intacte, avec un anneau dense de trous de rivet pour la doublure rembourrée d'origine et des trous plus grands pour les enarmes, les courroies de cuir. La disposition ergonomique de ces trous constitue un important indicateur d'authenticité, les reproductions historicistes ayant tendance à les reproduire de façon décorative plutôt que fonctionnelle.

Exemples comparables dans les collections publiques
Des boucliers étroitement apparentés sont conservés dans les principales collections européennes : Armeria Reale de Turin (dont quatre boucliers à la Conversion de saint Paul, inv. F.17, F.19, F.20, F.21) ; Museo Poldi Pezzoli, Milan ; Metropolitan Museum of Art, New York (inv. 25.163.1 et 25409) ; Musée de l'Armée, Paris (inv. I.65 et I.79) ; Wallace Collection, Londres ; Rüstkammer, Dresde.

Deux points de comparaison commodément illustrés, présentant tous deux la même distribution de dorure partiellement usée que le présent bouclier :
https://www.finestresullarte.info/de/reisenotizbucher/12732vn_tiere-und-fantastische-orte-in-italiens-museen-piemont.php
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/22895

Provenance
D'une collection privée suisse. Acquis dans les années 1980 auprès du marchand et forgeron bergamasque Urbano Quinto, auteur de Gli Antichi Segreti del Fabbro (1983), à un prix sensiblement supérieur à l'estimation actuelle. Le bouclier provient de la même collection privée qu'un bouclier de parade ducal vénitien (Prunk Wappenschild eines Dogen) illustré dans l'ouvrage de Quinto et vendu ultérieurement chez Schuler Auktionen, Zurich (lot 505, n° de catalogue 178).

État de conservation
Très bon état général, eu égard à l'âge et à la fonction d'origine. Patine riche et stable au revers. Sur l'avers, les points hauts du relief présentent l'usure attendue, avec d'importantes traces de dorure au feu d'origine sur toute la surface. Bord intact avec moulure en cordelière et rebord roulé. Aucune restauration ultérieure, aucune perte significative à signaler.

Dimensions
Diamètre total : 60,8 cm · Diamètre du champ central : 41 cm · Largeur du bandeau : 9 cm · Poids : 2 140 g

Rare témoignage du grand âge de l'armure de parade milanaise, associant une composition mythologique d'une qualité exemplaire à l'ensemble des caractéristiques techniques d'une authentique rotella de la fin du XVIe siècle, et conservant une quantité inhabituellement généreuse de sa dorure au feu originale. Une pièce de niveau muséal pour le collectionneur sérieux d'armes et armures de la Renaissance ou de sculpture décorative maniériste italienne.

Richard Redding Antiques

Armes & Souvenirs Historiques Renaissance

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