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Portrait du Dauphin par Marie Guillemine Benoist vers 1784
Portrait du Dauphin par Marie Guillemine Benoist vers 1784 - Tableaux et dessins Style Louis XVI Portrait du Dauphin par Marie Guillemine Benoist vers 1784 - Baptiste & Lenté Portrait du Dauphin par Marie Guillemine Benoist vers 1784 - Louis XVI Antiquités - Portrait du Dauphin par Marie Guillemine Benoist vers 1784
Réf : 88240
Prix sur demande   -   RÉSERVÉ
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
Leroulx Laville
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 55.5 cm X H. 63 cm
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Baptiste & Lenté
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Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


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Portrait du Dauphin par Marie Guillemine Benoist vers 1784

Trés beau portrait du dauphin Louis-Joseph Xavier François*.
Avec ses cheveux blond paille, sa bouche en coeur et ses yeux bleus, le fils ainé de Louis XVI et de Marie Antoinette est représenté en buste, vêtu de son habit « à la matelote » ou « à la marinière » en satin de soie blanche.
Il arbore la croix et le cordon bleu céleste du Saint-Esprit, distinction que tout fils de France reçoit le jour de son baptême.

Huile sur toile de forme ovale, cadre en bois et stuc doré d’époque restauration.

Signé en bas à droite « Melle Leroulx Laville » pour Marie Guillemine Benoist née Leroulx Laville .*

Parfait état de conservation, toile d’origine, sans accident ni repeint.

Comme indiqué sur le cartouche qui accompagne le cadre, notre tableau a été offert par sa majesté le roi Charles X à Mme Veillet de Veaux, qui fut l’épouse du maire de Meaux, Augustin Veillet de Veaux (1775-1848).

Dimensions :

Cadre : Hauteur : 63 cm ; Largeur : ...

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... 55,5 cm

Notre avis :

L’oeuvre que nous présentons est une trés belle découverte qui constitue à ce jour le premier tableau connu d’une des plus grandes femmes peintres du 18 ème siècle en France, Marie Guillemine Benoist .
Le dauphin est représenté seulement âgé de trois ou quatre ans, ce qui correspond aux années 1784/1785 ou la jeune Leroulx Laville fait son apprentissage dans l’atelier d’Elisabeth Vigée Le Brun (1781 à 1785) .
On reconnait bien la même iconographie que sur le double portraits peint en 1784 par Mme Lebrun et conservé à Versailles.
La jeune Marie Guillemine qui fut une des seules élèves du grand maitre, a probablement peint ce portrait d’après nature, lors des longues séances de poses à Trianon organisées par la reine Marie Antoinette pendant l’été 1784.
A peine âgée de 16 ans elle nous livre une oeuvre de jeunesse déja pleine de maturité et particulièrement prometteuse.
En raison de sa mise en retrait volontaire pour ne pas gêner l’ascension politique de son mari, le corpus des oeuvres signées de sa main est extrêmement réduit, pour des tableaux en grande majorité conservés dans des musées.
Il est fort probable que ce soit Mme Benoist en personne qui offrit cette toile de jeunesse au roi Charles X avant de mourrir en 1826.
Portrait de prince, oeuvre de jeunesse d’une des plus grandes peintres femmes du 18ème et cadeau royal sont les glorieuses étapes de cet émouvant tableau qui constitue à nos yeux une pièce muséable de grande importance.

*Le dauphin Louis Joseph Xavier François (1781-1789) nait à Versailles le 22 octobre 1781, il est le second enfant et premier fils du roi Louis XVI et de la reine Marie Antoinette. C'est un enfant dit intelligent par ses contemporains, mais il est très malade depuis qu'il est tout petit (en 1784, il est prit de fortes fièvres, il est alors transporté à la Muette où il guérit vite). Il est variolisé en 1785 à la Muette, les suites de l'inoculation sont sans gravité mais sa santé en reste alternée.
Vers 1786, il commence à avoir les premiers symptômes de tuberculose (il est prit de mouvements fébriles, les fortes fièvres recommencent, il a du mal à marcher et son dos commence à se courber légèrement) mais sa mère ne voit pas la dégradation de la santé de son fils, elle imagine déjà le donner en mariage avec sa nièce Marie-Amélie . Il est emmené au Château de Meudon fin 1788, où l'on espèrerait que l'air qu'il respirerait lui serait profitable, mais son état de santé ne fait qu'empirer. Entre 1786-1788-89, il doit porter un corset de fer, pour redresser son épine dorsale. Le dauphin va mourir à Meudon, quelques jours avant la révolution, le 4 juin 1789.
C'était un enfant bon et gentil, qui aimait regarder son frère dans son berceau, et chérissait sa sœur, même si éduqué pour régner, il montrait un certain gout pour le pouvoir et l'autorité.


*Marie-Guillemine Benoist, née Marie-Guillemine de Laville-Leroux (1768-1826 )


Née à Paris le 18 décembre 1768, Marie Guillemine Le Roulx de la Ville est la fille d'un fonctionnaire royal. A partir de 1781 elle étudie avec Élisabeth Vigée-Lebrun. En 1786, elle suit, en même temps que sa sœur Marie-Élisabeth, les cours de Jacques-Louis David.
Dès 1784 elle expose des tableaux de genre et des portraits à l'Exposition de la Jeunesse. Mais elle veut aller plus loin et ne pas se limiter aux genres « mineurs » que l'on permet traditionnellement aux femmes de peindre. Plus tard elle expose également des tableaux historiques aux Salons parisiens, de 1791 à 1812. En 1791, elle expose pour la première fois au salon un tableau inspiré de la mythologie : Psyché faisant ses adieux à sa famille.
À la même époque elle réalise un tableau intitulé L’Innocence entre la vertu et le vice, où de façon inhabituelle le vice est représenté par un homme au lieu d'une femme : une jeune femme, vêtue à l'antique, résiste aux avances d'un beau jeune homme, représentant le Vice, et fuit vers la sévère figure féminine de la Vertu, qui désigne le chemin menant au temple de la gloire ou de l'immortalité.
Elle épouse en 1793 l’avocat Pierre-Vincent Benoist, ils auront deux fils (nés en 1794 et 1796) et une fille (née en 1801). Son mari est royaliste, et pendant la révolution c'est elle qui doit subvenir aux besoins de la famille.
Marie-Guillemine Benoist doit une partie de sa réputation de peintre au Portrait d'une négresse, exposée au Salon de 1800, et inspirée par l'abolition de l'esclavage six ans plus tôt. Ce tableau a permis à Benoist d'obtenir une bourse qu'elle a utilisée pour ouvrir une école d'art réservée aux femmes. Marie-Guillemine Benoist reçoit un traitement du gouvernement français et est appelée en 1803 à la cour pour exécuter un portrait de Napoléon et sa famille. En 1818 le Portrait d'une négresse est acheté par Louis XVIII.
Au sommet de sa notoriété, elle doit cependant abandonner définitivement sa carrière de peintre professionnel. En 1814 on propose à son mari la fonction conseiller d'État au sein du gouvernement de la restauration et une épouse peintre le mettrait en sérieuse difficulté face au sens moral dominant. Dans les réflexions qu'elle a laissées sur ce chapitre très douloureux de sa vie, Marie-Guillemine Benoist dit toute la déception et toute l'amertume que lui a causée une décision prise en fonction de ce qu'elle appelle un préjugé social qui voit dans l'art le signe d'une vie sans règles et pour cette raison peu respectable pour une femme.
En 1821, elle réalise encore une Vierge à l'Enfant pour la cathédrale d'Angers. Elle meurt à Paris le 8 octobre 1826.

Œuvres dans les collections publiques :

En Belgique :

• Gand, tribunal : Portrait de Napoléon, 1804.

En France :

• Bayeux, musée Baron Gérard : Portrait de Raphaël de Casabianca, 1807.
• Beaune, musée des beaux-arts : Madame Grassini, huile sur toile.
• Fontainebleau, château de Fontainebleau : Portrait de l’impératrice Marie-Louise.
• Louviers, musée municipal 
• Paris, musée du Louvre : portrait de négresse

Baptiste & Lenté

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