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Pendule de cheminée Empire en ormolu, France vers 1810
Pendule de cheminée Empire en ormolu, France vers 1810 - Horlogerie Style Empire
Réf : 126081
7 500 €
Époque :
XIXe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Bronze
Dimensions :
l. 41 cm X H. 50.5 cm X P. 16 cm
Horlogerie Pendule - Pendule de cheminée Empire en ormolu, France vers 1810
Gregory Redding
Gregory Redding


+41795742752
Pendule de cheminée Empire en ormolu, France vers 1810

Une très belle pendule de cheminée Empire en bronze doré et partiellement patiné, à mouvement de huit jours, dans un boîtier attribué à François-Louis Savart d'après un modèle du même bronzier. Le cadran en émail blanc avec chiffres romains et arabes et aiguilles en acier bleui en forme de croissant de lune pour les heures et les minutes. Le mouvement à suspension par fil de soie, échappement à ancre, sonnerie des heures et des demi-heures sur une cloche unique, avec compte-roues extérieur. Le beau boîtier représente une jeune femme en costume classique assise sur le tambour du cadran, tenant de la main gauche un médaillon-portrait de son amant, le regard dirigé vers un pigeon voyageur posé sur son genou et portant dans le bec le message qu'elle vient de lui écrire. Elle pose les pieds sur un tabouret en X de style gréco-romain antique placé à gauche du piédestal du cadran, tandis qu'à droite se trouve une table tripode à trois supports en monopode ailé, ...

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... chacun orné d'un buste féminin et de pieds de lion ; sur la table repose une boîte à écriture avec plume d'oie et une chandelle allumée dans son bougeoir. Sous le cadran, dans la frise du piédestal, un jeune berger tenant une flûte de Pan, allongé sous des arbres, reçoit le message de la jeune femme apporté par le même pigeon voyageur. La base rectangulaire aux extrémités arrondies est ornée en son centre d'un vase de fleurs naissant d'un anthémion, flanqué de part et d'autre d'une paire de moutons, avec des montures décoratives aux deux extrémités. L'ensemble repose sur des pieds en botte.

Paris, vers 1810.
Hauteur 50,5 cm, largeur 41 cm, profondeur 16 cm.

Elke Niehüser a choisi une pendule identique à celle-ci pour la couverture de son ouvrage « French Bronze Clocks », 1999 (traduction anglaise de l'édition allemande). Le modèle du boîtier est d'après un dessin du bronzier parisien François-Louis Savart (1780–1828), inscrit M. Savart fabrique de bronze rue Philippaux no 11, conservé à la Bibliothèque nationale de France. Le dessin original de Savart reprend la même composition générale, bien que la jeune femme y soit assise sur un fauteuil antique à cheval sur le cadran ; celui-ci n'est pas surélevé sur un piédestal, de sorte que si la table tripode se trouve également à droite, il n'y a pas de tabouret à gauche, et la figure du berger comme la paire de moutons apparaissent ensemble sur la frise de la base. Une pendule d'après ce dessin original se trouve aujourd'hui au Museo de Relojes de Jerez de la Frontera.

Outre un exemplaire identique conservé au Badisches Landesmuseum de Karlsruhe, il en existe un autre à l'Ambassade de Grande-Bretagne à Paris. Celui-ci appartenait à l'origine à la princesse Pauline Borghèse (1780–1825), sœur de Napoléon Bonaparte, et se trouvait dans sa résidence parisienne à l'Hôtel Borghèse. Cette résidence, avec l'ensemble de la collection d'art de la princesse, fut acquise en 1814 par le duc de Wellington pour le gouvernement britannique. L'inventaire dressé en 1814 mentionne la pendule dans le Salon Jaune, où elle se trouve encore aujourd'hui sur la cheminée, encadrée d'une paire de candélabres attribués à Pierre-Philippe Thomire. Parmi les autres exemples similaires ou variantes, on note un exemplaire signé sur le cadran Le Roy Horloger de S.A.I. Madame Mère de l'Empereur, qui faisait partie de la collection D. Brunet. Un second fut vendu à Paris par M. Rieuner & Bailly-Pommery le 6 juin 1990, lot 93 ; un troisième fut proposé par Sotheby's New York le 6 novembre 1982, lot 12, tandis que deux autres furent vendus par Koller, Suisse, l'un en novembre 1995, lot 4032, et l'autre par la même maison de ventes le 22 juin 2006 (lot 1315), un exemplaire d'après le dessin original de Savart équipé d'un mouvement de Dieudonné Kinable. Un autre exemplaire quasi identique au présent montre la jeune femme tenant une tablette (au lieu d'un médaillon-portrait), sur laquelle sont inscrits les mots : Ce Messager D'Amour Fait Couler D'Heureux Jours. Cette pendule, signée sur le cadran Lacroix à Paris, fut vendue par Chiswick Auctions, dans l'ouest de Londres, le 24 mai 2017, lot 111.

Comme beaucoup de pendules de l'époque, le sujet de son boîtier s'articule autour du thème de l'amour, tandis que la composition complexe intègre des éléments décoratifs puisant dans l'Antiquité. Le modèle du boîtier est souvent désigné sous le nom de « La Lettre d'Amour ». Il représente une jeune femme en costume antique qui vient de rédiger une lettre d'amour qu'elle a confiée à un pigeon voyageur. L'objet de ses désirs est un jeune berger dont elle tient le portrait en main et qui apparaît à nouveau sous le cadran où, allongé dans un cadre arcadien, il reçoit son message par l'intermédiaire de l'oiseau. Le thème pastoral est repris sur la base où l'on voit une paire de moutons encadrant un vase de fleurs. La référence à la lettre est soulignée par la boîte à écriture et la plume sur la table tripode, tandis que la chandelle allumée dans le bougeoir fait allusion à l'ardeur de la passion des deux amants.

La table tripode et le tabouret en X présentent un intérêt particulier, car ils s'inspirent de prototypes gréco-romains antiques et comptent parmi les nombreux objets de l'Antiquité qui ont façonné les arts décoratifs de l'époque. Il est fort probable que les modèles de Savart pour ces deux meubles s'appuyaient sur des dessins des architectes en chef de Napoléon et ornemanistes Charles Percier (1764–1838) et Pierre-François Léonard Fontaine (1762–1853), dont les études détaillées pour intérieurs et mobilier furent largement diffusées dans leur Recueil des Décorations Intérieures, publié en fascicules à partir de 1801. Les créations de Percier et Fontaine jouèrent un rôle déterminant dans la formation du style Directoire et Empire et donnèrent naissance à de nouveaux modèles de mobilier. Parmi eux figurait toute une gamme de tabourets en X similaires, notamment un exemplaire de Jacob Frères daté de 1800, aux mêmes pieds en griffe de lion et à la même ornementation au croisement du X, faisant partie d'une série de meubles livrés pour le Château de Malmaison vers 1800. Dans le même ouvrage, Samoyault illustre également plusieurs autres meubles présentant des supports en monopode ailé semblables à ceux de la table tripode, notamment un bureau exécuté pour Napoléon Bonaparte par Jacob Frères d'après un dessin de Percier et Fontaine pour le Palais des Tuileries.
Le bronzier François-Louis Savart (1780–1828), qui produisit une grande variété de bronzes de luxe, des candélabres aux pendules, était certainement au fait des dessins de Percier et Fontaine ainsi que du mobilier contemporain qui en découlait. Savart naquit le 6 juin 1780 et travailla l'essentiel de sa carrière à Paris, où, lors de la conception du modèle original de cette pendule, il était établi au no 11 de la rue Philippaux. L'inventaire dressé après son décès le 6 décembre 1828 mentionne son adresse rue de Limoges, no 8

Gregory Redding

Pendule Empire

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