Par Gregory Redding
Horloges anciennes, antiquités de qualité et objets décoratifs.
Important miroir trumeau d'époque Napoléon III en bois et stuc dorés, à cariatides et putti, France, vers 1865 à 1875
Important miroir trumeau de format architectural, en bois et stuc moulé entièrement dorés à la feuille, alternant or bruni et or mat selon l'usage, dans le goût néo Louis XVI du Second Empire. La glace rectangulaire biseautée, conservant son tain au mercure d'origine, s'inscrit dans un cadre cintré au sommet, richement orné en partie haute d'un médaillon ovale perlé renfermant le profil idéalisé d'une figure féminine antique tournée à dextre, suspendu à un nœud de ruban flottant et flanqué de deux putti allongés tenant des palmes, le tout posé sur un entablement mouluré agrémenté de rinceaux, d'astragales perlés et de guirlandes pendantes de fleurs et de fruits. La corniche est encadrée de part et d'autre de pots à feu sur socles ornés de chutes de piastres.
Chaque montant porte au tiers supérieur une cariatide féminine nue finement ...
... modelée, les bras relevés, la chevelure ramenée, terminée en gaine d'acanthe enroulée. Sous chaque figure se développe un panneau à grecques, puis un long rubané guilloché bordé de moulures perlées. Les angles inférieurs sont ornés de grandes volutes enroulées centrées de rosaces d'acanthe stylisée, appliquées de bouquets de fleurs noués à la naissance, le tout reposant sur un soubassement architectural à cannelures.
Cadre 130 x 215 cm. Glace 92 x 165 cm.
Exemple caractéristique du mode néo Louis XVI du troisième quart du XIXe siècle, où le vocabulaire ornemental des années 1770 et 1780 (nœuds de ruban, médaillon perlé, putti, piastres, pots à feu, grecques) est réinterprété à une échelle théâtrale et avec une exubérance sculpturale propre aux grandes maisons parisiennes du Faubourg Saint Antoine. Des trumeaux comparables étaient fournis pour les hôtels particuliers et les châteaux provinciaux meublés sous Napoléon III et au début de la Troisième République.
Glace au mercure d'origine, présentant le piquage et l'oxydation propres à l'époque. Quelques manques et craquelures de stuc aux volutes inférieures et de très légers éclats ponctuels, en parfaite cohérence avec l'âge et tout à fait stables.
Bibliographie : Denise Ledoux Lebard, Le mobilier français du XIXe siècle, Paris, Editions de l'Amateur, 1989 ; Camille Mestdagh, L'ameublement d'art français 1850 1900, Paris, Editions de l'Amateur, 2010.