Par Gregory Redding
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Horloges anciennes, antiquités de qualité et objets décoratifs.
Un très beau régulateur de table en bronze doré de la fin de l’époque Empire, par Comminges à Paris, d’une durée de marche de quatorze jours, signé sur le cercle horaire en émail blanc Comminges Palais Royal N.o 62. Le cercle présente des chiffres romains pour les heures et des indications des minutes, avec des aiguilles en acier bleui de style Breguet. Le centre du cadran en laiton guilloché est muni de deux cadrans auxiliaires de calendrier : celui du haut, gradué de 0 à 31 pour les jours du mois, et celui du bas indiquant les jours de la semaine en abrégé, tous deux avec aiguilles en acier bleui.
Le mouvement est doté d’un échappement à ancre, sonnant les heures et les demi-heures, avec roue de compte extérieure et un pendule compensé à grille (gridiron) à neuf tiges, à suspension libre, surmontant une large lentille en laiton.
Le boîtier en bronze doré, de forme architecturale, présente un sommet rectangulaire à degrés orné de motifs ...
... d’anthemion et d’acanthe ainsi que de frises d’oves et de dards, reposant sur une paire de colonnes circulaires cannelées à chapiteaux corinthiens. Le cadran, encadré d’une lunette à décor feuillagé, est suspendu entre les parties supérieures des colonnes. La base de chaque colonne est ornée d’une frise de feuilles de laurier à baies, reposant sur un socle carré, l’ensemble étant posé sur une base rectangulaire à degrés décorée de frises d’oves et de dards et d’une bordure feuillagée.
Paris, vers 1820.
Peu d’horloges de ce type par Comminges à Paris sont connues. Le boîtier architectural se compare à de nombreuses pendules à colonnes de cette époque, mais ici les colonnes se distinguent par de rares chapiteaux corinthiens richement ornés. À cet égard, on peut le rapprocher d’un autre régulateur conservé dans la collection royale espagnole, bien que ce dernier présente un mouvement moins complexe. Bien que le boîtier ne soit pas signé, sa qualité et sa forme peuvent être comparées à celles produites par des bronziers éminents tels que Pierre-Philippe Thomire ou Lucien-François Feuchère et son père Pierre-François Feuchère.
Bien que Comminges ait été manifestement un horloger parisien de grande qualité, peu d’informations subsistent sur cette maison, si ce n’est qu’elle figure dans les annuaires commerciaux de l’époque ainsi que dans Tardy. Le cadran indique son adresse au Palais Royal, n° 62, tandis que Tardy le situe plus précisément à la Galerie de Pierre du Palais Royal. Vers 1830, Comminges s’installe à la Galerie Montpensier, puis, à partir d’environ 1839 et jusqu’aux années 1850, il est mentionné dans les annuaires du commerce parisien au 47 rue Richelieu.
Au moment de la création de cette pendule, Comminges était établi au Palais Royal, un emplacement extrêmement prestigieux, situé dans une galerie d’arcades abritant de nombreux commerces de luxe. Le Palais Royal fut construit en 1633 pour le cardinal Cardinal Richelieu. Dix ans plus tard, il fut légué à Louis XIV puis passa à la famille d’Orléans. Peu après 1785, le duc d’Orléans, Philippe Égalité, ouvrit ses jardins au public et ses bâtiments au commerce. Joailliers, horlogers et marchands de pendules s’y installèrent en nombre. Parmi eux figuraient des horlogers renommés tels que Pierre Le Roy, établi au n° 60 de la Galerie de Pierre, à proximité immédiate de Comminges. D’autres horlogers, comme Charles Oudin, y étaient également présents, tandis que Kinable y avait auparavant exercé.
Ce ne sont pas seulement les commerces de luxe qui attiraient le public, mais aussi les salles de jeu ; après leur fermeture en 1836, la fréquentation du Palais Royal diminua fortement. En conséquence, de nombreuses galeries furent transférées vers les grands boulevards, ce qui explique le déménagement de Comminges rue Richelieu.
J. Ramon Colon De Carvajal, Catalogo De Relojes Del Patrimonio Nacional, 1987, p. 292, n° 278, illustrant un modèle similaire dans la collection royale espagnole, avec un mouvement plus simple.
Derek Roberts, Precision Pendulum Clocks, 2004, p. 100, pl. 31-16, illustrant un régulateur de table par Autray Fils à Paris, dans un boîtier en bronze doré comparable.
Traduction de la signature :
Signé sur le cercle horaire en émail blanc : « Comminges Palais Royal n° 62
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