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Santi di Tito (1536 – 1603) - Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini
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Réf : 128122
47 000 €
Époque :
<= XVIe siècle
Signature :
Santi di Tito (Firenze, 5 dicembre 1536 – 25 lugli
Provenance :
Italie
Materiaux :
Huile sur panneau
Dimensions :
l. 82.5 cm X H. 115 cm
Tableaux et dessins Tableaux XVIe siècle - Santi di Tito (1536 – 1603) - Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini XVIe siècle et avant - Santi di Tito (1536 – 1603) - Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini  - Santi di Tito (1536 – 1603) - Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini Antiquités - Santi di Tito (1536 – 1603) - Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini
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Santi di Tito (1536 – 1603) - Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini

« Il fut poussé par le génie non moins que par le désir du gain à faire des portraits, étant de ceux qui, possédant une extraordinaire maîtrise du dessin, li exécutaient avec une grande facilité, et d'une ressemblance frappante d'après nature ». C'est par ces mots que Filippo Baldinucci, dans ses Notizie de' professori del disegno da Cimabue in qua (1681), consacrait la réputation de Santi di Tito comme portraitiste au talent exceptionnel. Le Portrait de Domenico di Lorenzo Passerini avec son fils Lorenzo s'inscrit pleinement dans cette production, offrant un exemple éloquent de sa capacité à restituer à la fois le rang social et la psychologie des modèles. L'œuvre présente en demi-figure un homme élégamment vêtu d'un lourd manteau noir à manches courtes et boutonnage doublé de fourrure de zibeline, à côté duquel apparaît un enfant vêtu d'une ungherine (tunique à la hongroise) en soie jaune d'or qui tient une pomme à la main. L'attribution du tableau à ...

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... Santi di Tito a été confirmée par Carlo Falciani à l'occasion de son passage en vente aux enchères en 2013, tandis que Nadia Bastogi en a proposé une datation dans les années 1590. Cette chronologie correspond au moment de la pleine maturité de l'artiste qui, en 1593 précisément, réalisait la Vision de saint Thomas d'Aquin dans l'église San Marco à Florence, considérée comme le sommet de sa production.

Né à Florence en 1536, Santi di Tito est souvent désigné sous le nom de « dal Borgo » en raison des origines de son père, Tito di Santi di Bartolomeo, originaire de Borgo Sansepolcro. Santi di Tito entra à la Compagnia di San Luca en 1554 et séjourna à Rome entre 1561 et 1564, travaillant dans l'atelier de Taddeo Zuccari, où s'activaient également les jeunes Federico Zuccari et Federico Barocci. Bien qu'ayant été formé dans ce contexte maniériste, il développa un langage autonome, plus proche de la mesure d'Agnolo Bronzino et d'Andrea del Sarto, mais actualisé par la clarté observée dans les œuvres tardives de Raphaël et orienté vers une adhésion renouvelée au réel.

Le tableau se distingue également par l'importance de sa commande : au dos du panneau est marqué au fer le blason de la famille Passerini, accompagné de lettres d'identification (« Co Ao Pi / Do Pi ») qui attestent de l'appartenance de l'œuvre à la galerie de peintures familiale au XVIIe siècle. L'épigraphe, déchiffrée comme « Capitano Alessandro Passerini / Domenico Passerini », renvoie aux fils de Lorenzo, l'enfant portraituré, qui furent responsables de l'apposition de cette marque pour célébrer la mémoire du lignage. Alessandro fut commandant de l'armée médicéenne et homme de lettres, tandis que Domenico devint abbé et écrivain satirique ; leur objectif était de célébrer les glorieux fastes de leur maison à travers l'exposition d'une série de portraits de leurs ancêtres. Le protagoniste du portrait est en effet identifié comme Domenico di Lorenzo Passerini, podestà de Dicomano, une charge institutionnelle qui impliquait le contrôle politico-administratif d'un territoire comprenant également San Godenzo, dans le cadre du Vicariato del Mugello institué en 1415. La lettre qu'il serre dans sa main droite constitue un attribut iconographique significatif, faisant allusion à la fonction publique reçue, selon une coutume répandue dans l'art du portrait au XVIe siècle. À ses côtés apparaît son fils Lorenzo, né en 1591, représenté ici à un âge compris entre trois et py cinq ans, un élément qui permet de proposer une datation vers 1594.

Santi di Tito s'affirma dans le dernier quart du XVIe siècle comme l'un des portraitistes les plus appréciés de la noblesse, de la haute bourgeoisie et du clergé florentins, se distinguant par une vaste production qui trouve un écho dans des œuvres telles que le Portrait de Carlo Pitti, aujourd'hui au Philadelphia Museum of Art, le Portrait du cardinal Ferdinand de Médicis au Museo Civico de Prato et le Portrait de Piero de Médicis conservé aux Offices. Dans ce tableau, on perçoit donc pleinement la capacité de l'artiste à dépasser les rigidités maniéristes pour proposer une vision plus naturaliste des personnages, dans laquelle la vraisemblance n'est pas seulement formelle mais aussi émotionnelle. Le portrait des Passerini se configure ainsi comme un témoignage significatif non seulement du talent individuel du peintre, mais aussi des stratégies d'autoreprésentation de l'aristocratie florentine de la fin du XVIe siècle qui, à travers des images comme celle-ci, construisait et transmettait son identité familiale.

Marque de la famille Passerini au dos

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