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Louis VALTAT (1869 - 1952) – Nu assis vers 1905
Louis VALTAT (1869 - 1952) – Nu assis vers 1905 - Tableaux et dessins Style Art nouveau
Réf : 129157
1 500 €
Époque :
XXe siècle
Signature :
Louis VALTAT (1869 - 1952)
Provenance :
France
Materiaux :
Lavis d’encre sur papier
Dimensions :
l. 21.5 cm X H. 21.5 cm
Tableaux et dessins Dessin, Aquarelle & Pastel - Louis VALTAT (1869 - 1952) – Nu assis vers 1905
Poncelin de Raucourt Fine Arts
Poncelin de Raucourt Fine Arts

Tableaux et dessins du XVIe au XIXe siècle


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Louis VALTAT (1869 - 1952) – Nu assis vers 1905

Louis VALTAT (Dieppe, 1869 - 1952, Paris)
Nu assis, vers 1905

Lavis d’encre sur papier
Porte en bas à droite le cachet du monogramme « L.V. »

Dimensions à vue : 21,5 × 21,5 cm
Dimensions totales : 39 × 39 cm

Figure singulière de la modernité française, Louis Valtat occupe une place à part parmi les artistes qui, à la charnière des XIXe et XXe siècles, contribuèrent à libérer la peinture de la stricte imitation du réel. Formé à Paris, d’abord à l’École des Beaux-Arts puis à l’Académie Julian, il évolue dans un milieu particulièrement fécond où il côtoie notamment Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Albert André. Très tôt, son œuvre assimile les recherches des Nabis, du néo-impressionnisme et de Gauguin, tout en développant une personnalité indépendante. Dès les années 1890, Valtat emploie des couleurs franches et puissantes qui annoncent plusieurs années avant le Salon d’Automne de 1905 certaines des audaces du ...

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... fauvisme.

Cette petite feuille constitue une remarquable démonstration d’une autre facette de son art, celle du dessinateur. Privé ici du recours à la couleur auquel son nom demeure si naturellement associé, Valtat concentre toute son attention sur la ligne, le rythme et la construction de la forme. Le modèle féminin, assis et vu de trois quarts, occupe presque entièrement la feuille. Son corps s’inscrit avec une étonnante évidence dans le format carré, la courbe du dos répondant à celle des jambes tandis qu’une succession de lignes souples conduit le regard depuis la chevelure jusqu’au bas du corps.

Le dessin paraît avoir été exécuté avec une grande rapidité, mais cette spontanéité est trompeuse. Valtat procède par une remarquable économie de moyens. Quelques traits suffisent à définir le visage, dont les yeux, le nez et la bouche ne sont qu’indiqués. Le même principe gouverne l’ensemble de la figure : la poitrine est construite par une succession de courbes fermes, le ventre par un simple mouvement continu du pinceau, tandis que les bras et les jambes se fondent progressivement dans un réseau de lignes plus libres. Les repentirs visibles dans certains contours ne sont nullement dissimulés. Ils conservent au contraire la mémoire du geste et donnent au dessin une vibration particulièrement séduisante.

Cette simplification volontaire de la figure est caractéristique du langage de Valtat. Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux souligne précisément, parmi les traits distinctifs de son œuvre, la simplification du dessin, les contours fortement affirmés et le goût pour des cadrages audacieux, hérités notamment de l’estampe japonaise. Ici, le modèle est moins décrit anatomiquement qu’il n’est saisi comme une succession de masses et d’arabesques. Le corps féminin devient presque un paysage de courbes, organisé autour du mouvement ample des jambes et de la présence sculpturale du torse.

Le lavis apporte à cette construction linéaire une dimension supplémentaire. Plus soutenu autour de la chevelure, du cou et de certaines articulations, il permet à Valtat de modeler discrètement les volumes sans jamais sacrifier la légèreté de l’ensemble. Les variations de densité de l’encre donnent à la figure une présence matérielle tout en préservant l’aspect immédiat de l’étude. La chaude tonalité du papier contribue encore à cette impression d’intimité.

Le nu féminin traverse l’œuvre de Valtat sous des formes très diverses. Il apparaît dans sa peinture dès les années 1890 et demeure également présent dans ses dessins et ses recherches décoratives. Le Petit Palais conserve ainsi un Nu assis, réalisé vers 1908 en collaboration avec le céramiste André Metthey, dont la figure féminine nue est elle aussi réduite à quelques lignes essentielles. D’autres feuilles conservées dans les collections publiques témoignent de la permanence de cette recherche sur la figure. Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux possède notamment une œuvre de Valtat dont le verso porte une esquisse de nu, monogrammée « L.V. ».

Dans le présent dessin, cependant, le nu ne relève ni de l’académie ni d’une recherche idéalisée. Le modèle conserve quelque chose de profondément naturel. Sa pose semble saisie dans un moment de repos, presque à son insu. La tête légèrement tournée, les épaules relâchées et le corps ramassé sur lui-même créent une sensation de calme et d’abandon. Cette absence d’affectation rapproche la feuille de l’univers intime de Bonnard et de Vuillard, artistes que Valtat avait fréquentés dès ses années de formation, tout en conservant une vigueur de ligne qui lui est propre.

Le caractère particulièrement moderne de cette étude tient justement à cette combinaison entre observation et synthèse. L’artiste ne cherche pas à tout dire. Une grande partie du charme de la feuille vient de ce qu’elle laisse volontairement inachevé. Les mains disparaissent presque, certaines articulations ne sont que suggérées et aucun décor ne vient situer le modèle dans un espace précis. Toute anecdote est supprimée au profit de la seule présence du corps.

Cette conception du dessin rejoint plus largement l’évolution de l’art français au tournant du siècle. Chez Valtat, comme chez Matisse quelques années plus tard, la ligne n’est plus simplement le contour d’un volume : elle acquiert une autonomie expressive. Elle peut s’interrompre, se reprendre ou exagérer une courbe afin de mieux traduire la sensation ressentie devant le modèle. C’est précisément cette liberté qui confère au présent Nu assis, malgré ses dimensions modestes, une véritable monumentalité.

Par son économie de moyens, son format intime et la sûreté de son exécution, cette feuille constitue ainsi un témoignage particulièrement séduisant de l’art graphique de Louis Valtat. Elle révèle derrière le grand coloriste associé aux premières expériences fauves un dessinateur d’une grande sensibilité, capable de transformer une simple étude de modèle en une composition parfaitement équilibrée où quelques traits de pinceau suffisent à faire naître la présence d’un corps.

Poncelin de Raucourt Fine Arts

Dessin, Aquarelle & Pastel Art nouveau

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