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Fragments égyptiens antiques
Fragments égyptiens antiques - Archéologie Style Fragments égyptiens antiques - Desmet Galerie Fragments égyptiens antiques -
Réf : 125282
42 000 €
Époque :
Avant JC au Xe siècle
Provenance :
Egypte
Materiaux :
Bois (figuier sycomore ou acacia)
Dimensions :
l. 13.6 cm X H. 47.9 cm | Ø 5.4 cm
Archéologie  - Fragments égyptiens antiques Avant JC au Xe siècle - Fragments égyptiens antiques  - Fragments égyptiens antiques
Desmet Galerie
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Sculptures classiques


+32 (0)486 02 16 09
Fragments égyptiens antiques

Le relief se présente sous la forme d’un montant d’angle en bois, haut et étroit, appartenant à un cercueil anthropoïde rectangulaire de Horudja, prêtre Sameref actif durant la XXVIe dynastie. Sculpté dans un bois dur brun-rouge — probablement acacia ou sycomore — il porte un registre vertical unique d’inscription hiéroglyphique gravée en bas-relief, autrefois rehaussée de pigments et d’incrustations aujourd’hui largement perdues mais encore perceptibles dans les creux.
La face antérieure, soigneusement dressée, présente des hiéroglyphes élégants caractéristiques du classicisme archaïsant de la période saïte. Le revers, plus sommairement travaillé, comporte quatre mortaises correspondant aux chevilles qui fixaient l’élément à la structure du cercueil. Le montant est fendu verticalement dans le sens du fil du bois, tout en conservant son intégrité structurelle ; la surface montre un fin réseau de craquelures et de légères pertes aux ...

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... extrémités.
L’objet réunit aujourd’hui, pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, les segments supérieur et inférieur d’un même montant vertical. La jonction entre les deux parties a été volontairement laissée visible dans le montage. Les proportions et la courbure des arêtes confirment sa fonction d’élément d’angle encadrant la face du cercueil.

Inscription:
La colonne de hiéroglyphes, lisible de haut en bas, constitue une invocation funéraire pour le défunt Horudja, fils de Iahtefnakht et de Khaatirbint, dont la titulature complète figure sur d’autres fragments du cercueil.
Le texte conserve l’ouverture de la formule d’offrande traditionnelle (?tp d? nsw) :
« Une offrande que donne le roi (à) Osiris, le Premier des Occidentaux, le grand dieu, seigneur d’Abydos, afin qu’il accorde pain, bière, bœufs, oiseaux, albâtre, vêtements et toutes choses bonnes et pures… »
Cette formule exprime la croyance selon laquelle le défunt pouvait participer éternellement aux offrandes présentées aux dieux. L’invocation d’Osiris sous l’épithète « Premier des Occidentaux » (?nty ?mnt.t), maître de la nécropole et souverain des morts bienheureux, inscrit clairement le cercueil de Horudja dans le culte osirien de la résurrection. La mention royale initiale reflète la conception ancienne selon laquelle toute offrande faite aux dieux l’était sous l’autorité du souverain, même dans un monument privé. L’invocation garantissait ainsi la participation perpétuelle du défunt au cycle divin du renouveau et sa subsistance dans l’au-delà.
Cette formule s’inscrit dans l’ensemble traditionnel d’énoncés protecteurs associés aux Quatre Fils d’Horus, fréquemment placés sur les cercueils et les équipements canopes. Elle trouve des parallèles dans le catalogue Drouot de 1977 et sur des planches du cercueil publiées par Hans Wolfgang Müller (Münchner Ägyptologische Studien 5, 1969, p. 128-129, n° A 186). Les incrustations originales de pâte de verre, aujourd’hui disparues, devaient produire un contraste lumineux avec le bois sombre, évoquant symboliquement la renaissance et l’illumination divine.

Contexte:
Le montant appartient à un cercueil anthropoïde en bois de la Basse Époque, plus précisément de la dynastie saïte (XXVIe dynastie). Sur le plan stylistique, l’usage d’incrustations de verre coloré pour les hiéroglyphes sur bois sombre se rapproche de celui observé sur le cercueil de Djedthutiefankh provenant de Tuna el-Gebel (Museo Egizio, Turin) et sur le célèbre naos en bois incrusté de Petosiris à Hermopolis (Musée du Caire).
Hans Wolfgang Müller décrit un élément comparable dans la collection Kofler-Truniger (Lucerne), également décoré de hiéroglyphes en pâte de verre bleue, verte, noire et blanche, appartenant à un ensemble funéraire analogue. Ces parallèles illustrent la renaissance saïte des incrustations polychromes, caractéristique de l’artisanat tardif égyptien imitant l’éclat des pierres précieuses.
Le présent montant s’inscrit pleinement dans ce groupe, tant par sa technique que par son iconographie. L’emploi d’incrustations de verre était particulièrement prisé dans le Delta et en Moyenne-Égypte, où ces productions étaient liées à des ateliers sacerdotaux de haut niveau, notamment autour d’Héracléopolis Magna et du Fayoum.

Le prêtre Sameref : fonction et statut
Le titre Sameref (sm3-r.f), littéralement « celui qui l’aime », est une charge sacerdotale attestée dès l’Ancien Empire et réactivée à la Basse Époque. Le prêtre Sameref remplissait une double fonction : figure filiale assurant le culte funéraire du père défunt, et officiant liturgique chargé de la cérémonie de « l’Ouverture de la bouche ». À l’époque saïte, ce titre pouvait également servir d’épithète honorifique pour des prêtres attachés à des temples spécifiques, probablement ici celui d’Hérishef, dieu créateur à tête de bélier d’Héracléopolis.

L’inscription mentionne que la mère de Horudja, Khaatirbint, était « musicienne du dieu Hérishef », confirmant l’appartenance de la famille à un lignage sacerdotal héréditaire — élément central de la continuité sociale des élites religieuses durant la renaissance saïte.

Des cercueils comparables de prêtres Sameref sont connus, notamment ceux de Pa-di-Usir, Petosiris et Djedthutiefankh, qui présentent des inscriptions liturgiques analogues invoquant Osiris et les Fils d’Horus pour la protection et la résurrection.

Importance historique et artistique:
Ce montant d’angle constitue un rare témoin des cercueils en bois de la Basse Époque. Sa conservation en deux fragments complémentaires — aujourd’hui réunis pour la première fois depuis plus de cinquante ans — revêt une importance exceptionnelle. Les deux sections, dont l’une appartenait autrefois à la collection Chakib Slatine, ont pu être associées grâce à la concordance du fil du bois, des dimensions et de l’alignement des hiéroglyphes.

Cette réunion restitue l’intégrité de l’un des quatre montants d’angle qui encadraient le cercueil de Horudja et permet de mieux comprendre l’architecture originelle ainsi que le programme décoratif et liturgique de l’ensemble. D’autres éléments du cercueil, notamment des planches portant de longs textes funéraires, demeurent en collections privées.

Ces fragments témoignent de la qualité raffinée de l’art religieux de la renaissance saïte, où l’association de l’incrustation lumineuse, de la sculpture fine et de l’inscription sacrée transformait le cercueil en véritable microcosme de protection divine. Les titres et les textes de Horudja reflètent la profonde réflexion théologique de la période sur la renaissance, la protection et la continuité entre sacerdoce et divinité.

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