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Etude de Paysage - Christen DALSGAARD (1824-1907)
Etude de Paysage - Christen DALSGAARD (1824-1907) - Tableaux et dessins Style
Réf : 62233
22 000 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Christen DALSGAARD (Krabbesholm [Danemark], 1824
Provenance :
Allemagne, collection privée jusqu'en 2013
Materiaux :
Huile sur papier marouflé sur toile
Dimensions :
L. 50 cm X H. 36 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins anciens et modernes


+33 (0)4 78 37 34 54
Etude de Paysage - Christen DALSGAARD (1824-1907)

Fils d’un propriétaire terrien de la province du Jutland, Christen Dalsagaard, ayant démontré de bonne heure des dispositions pour le dessin, se rend à Copenhague en 1841 pour suivre l’enseignement de l’Académie royale des Beaux-Arts. C’est sous la direction de Martinus Rørbye, lui-même fidèle élève d’Eckersberg, père de la peinture danoise, qu’il acquiert la pratique de son art. Prolongeant sa formation durant les mois d’été en étudiant d’après nature son Jutland natal, il s’intéresse à tous les caractères du pays – paysages, costumes, folklore, vie quotidienne de ses habitants – et constitue ainsi le répertoire de formes et de sujets qu’il va exploiter durant toute sa carrière.

Sur le plan théorique, l’élève est par ailleurs très marqué par les idées de l’historien de l’art Niels Lauritz Høyen, l’une des personnalités de l’époque ayant le plus profondément marqué l’évolution des beaux-arts dans son pays. Au travers de ses divers écrits, Høyen exhorte les artistes danois à rejeter toute influence étrangère dans leur art, au premier rang desquelles celle de la France. C’est notamment lors de l’une de ses conférences à la Société scandinave que Christen Dalsgaard a l’occasion, en 18441, d’entendre les théories d’Høyen pour retrouver « l’âme du peuple danois » dans les représentations de la terre et des scènes populaires.

Datée de 1853, notre Étude de paysage montre que l’artiste poursuit l’étude sur le motif au-delà de sa formation, achevée en 1847. Sa capacité à rendre la lumière du plein air et à transcrire la nature dans ses moindres détails n’est pas sans rappeler le travail d’Eckersberg, auquel il est régulièrement rattaché, et permet de comprendre dans quelle mesure Dalsgaard a pu être perçu comme un précurseur du réalisme au Danemark au même titre que son illustre aîné. Toutefois le cadrage paradoxal révèle ses qualités poétiques propres. Les deux-tiers inférieurs de l’image sont occupés par une pente herbeuse qui masque l’horizon, mais les frondaisons qui émergent à l’arrière invitent le spectateur à suppléer mentalement à ce qu’il ne voit pas, la présence féminine qui chemine dans ce lieu isolé stimulant d’autant plus l’imagination.

Cette figure invite également à voir dans cette Étude de paysage une tentative du peintre d’accorder deux sujets lui tenant particulièrement à cœur : la représentation du peuple danois et celle du Jutland, presqu’île principale du Danemark où Dalsgaard, encouragé par les préceptes de N. L. Høyen, a puisé la plus grande partie de son inspiration. Le personnage féminin lui-même, baigné dans une lumière caractéristique de la peinture de Dalsgaard, est loin de n’être qu’anecdotique dans la tonalité générale de son œuvre. Par l’intermédiaire de son discret mais néanmoins bien visible mouchoir, la femme de l’Étude de paysage marque le début d’une longue série de figures féminines sentimentales. Associée à la neutralité du paysage, ce supplément de sentiment pour les figures humaines n’est pas surprenant de la part d’un artiste s’étant toujours tenu éloigné de l’étranger et ayant dédié sa vie à la représentation du Danemark et de ses habitants. Ce sont bien en tout cas ces deux éléments qui se retrouvent dans la plupart de ses œuvres, à l’image de son célèbre tableau intitulé Mon han dog ikke skulle komme ? (Ne va-t-il pas finir par rentrer ?). Sur le pas de la porte, une jeune Danoise, nerveuse, guette une énième fois le retour de l’homme qu’elle aime sur fond de campagne jutlandaise au coucher du soleil. Au-delà de l’histoire de la toile et du procédé, courant dans les scènes de genre, qui consiste à présenter un titre « romancé » au spectateur, c’est bien encore ce paysage danois, cette terre du Jutland tant aimée de l’historien de l’art danois et du poète, qui, comme dans l’Étude de paysage, se retrouve une nouvelle fois mise en avant par le pinceau du peintre.

Galerie Michel Descours

Tableaux XIXe siècle