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Soleil couchant, de Théodore Rousseau (1812-1867)
Soleil couchant, de Théodore Rousseau (1812-1867) - Tableaux et dessins Style Soleil couchant, de Théodore Rousseau (1812-1867) - Stéphane Renard Fine Art
Réf : 111202
16 000 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Théodore Rousseau (1812-1867),
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur panneau d'acajour
Dimensions :
l. 24 cm X H. 19 cm
Tableaux et dessins Tableaux XIXe siècle - Soleil couchant, de Théodore Rousseau (1812-1867)
Stéphane Renard Fine Art
Stéphane Renard Fine Art

Tableaux et dessins du XVIIe au XX siècle


+33 (0) 61 46 31 534
Soleil couchant, de Théodore Rousseau (1812-1867)

L’attribution à Théodore Rousseau a été confirmée par Michel Schulman, expert de l’oeuvre de l’artiste.

Alors qu’une exposition célèbre l’œuvre de Théodore Rousseau en ce moment au Petit-Palais à Paris, nous sommes heureux de vous présenter cette œuvre tout à fait emblématique de son art : la représentation d’une forêt dense, dans son état primitif, devient en effet à partir de 1847 un des sujets de prédilection de l’artiste.

Le titre de « Soleil couchant » insiste sur le rôle de la lumière automnale qui illumine une clairière en cette fin d’après-midi. Pour cette vue inspirée vraisemblablement par la forêt aux environs de Barbizon, la palette de Rousseau nous offre une grande richesse chromatique, réhaussant la gamme des bruns mordorés par des noirs puissants soulignés de quelques touches claires. En s’inspirant de Rousseau de son regard nouveau sur la nature, et en poursuivant ses recherches sur la lumière, la génération ...

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... suivante d’artistes inventera l’Impressionnisme.

1. Théodore Rousseau, la voix de la forêt

Théodore Rousseau est né en 1812 à Paris, où son père originaire du Jura était tailleur. Envoyé à treize ans dans la province natale de son père, il apprend à connaître et à aimer les forêts du Jura. De retour à Paris, décidé à devenir paysagiste, il étudie brièvement avec Charles Rémond (1795-1875), qu'il quitte en 1828 pour un autre maître, non moins académique, le peintre d'histoire Guillon-Lethière (1760-1832). En 1829, il tente en vain de participer au concours académique du prix de Rome pour le paysage historique. L'année suivante, lors d'une tournée en Auvergne, il peint ses premières études de paysage, très personnelles, sur lesquelles il s'appuie en 1831 pour sa première participation au Salon.

Entre-temps, il s’était lié d’amitié avec un cercle de personnalités bohèmes réunies autour de Théophile Thoré, un socialiste de la première heure et futur critique d'art. L'association de Rousseau avec ces dissidents excentriques irrite les autorités du Salon, qui se vengent en rejetant ses propositions. Le Salon lui étant fermé, il se tourne vers des sujets commerciaux de taille modeste, traités dans un style naturaliste. À la recherche de motifs, il visite la forêt de Fontainebleau, séjourne à Chailly en 1834 et à Barbizon en 1836. Une de ses premières œuvres importantes L'avenue des châtaigniers (Musée du Louvre), peinte dans les années 1837-1840, présente une vue symétrique, animée par l'enroulement des branches entrelacées.

Avec Jules Dupré (1811-1889), il explore les vastes plaines du Berry et des Landes. En 1845 et 1846, il partage son atelier avec Dupré à L'Isle-Adam. Resté jusqu’alors célibataire, la romancière George Sand lui offre en 1847 la main d’Augustine Brault, sa petite cousine qu’elle avait adoptée en 1846 mais des ragots, que Rousseau impute à Dupré, font échouer le mariage. Profondément rancunier, il se retire dans le village de Barbizon, à l'orée de la forêt de Fontainebleau, accompagné d'une femme malade, Eliza Gros, avec laquelle il partagera le reste de sa vie. Même si Rousseau gardera toujours un atelier à Paris, il passe désormais de longs étés à Barbizon.

Jean-François Millet, qui s'est installé à Barbizon en 1849, prend désormais la place de Dupré dans la vie de Rousseau. Nommé au jury du Salon de 1850, Rousseau expose sept tableaux cette année-là. Il reçoit enfin la Légion d'honneur après le Salon de 1852. Les années qui suivent sont une parenthèse de prospérité dans sa vie. En 1866, il est élu président du jury artistique de l'Exposition universelle de 1867 et reçoit la Grande Médaille d'honneur à l'issue de celle-ci. Mais, contrairement aux autres membres du jury, il n'est pas fait officier de la Légion d'honneur. L'empereur lui-même finit par réparer cet affront, mais l'exaspération qu'il avait causée à Rousseau lui brise la santé. Soigné par Millet, il meurt dans sa chaumière de Barbizon en décembre 1867.

Le naturalisme de Rousseau est le fruit d'une étude méditative et non d'une transcription rapide : incapable de spontanéité, il retravaille obstinément ses tableaux en atelier. Le regard que porte Rousseau sur la nature est un regard profondément novateur : alors que celle-ci était jusqu’alors utilisée principalement en peinture comme un décor servant aux actions humaines, mythologiques ou bibliques, Rousseau s’intéresse à la nature pour elle-même. Solitaire, pieux sans religion, matérialiste romantiquement amoureux de la nature, il cherchait dans son œuvre à concilier une vision objective de la nature en y mêlant son âme et ses propres sentiments.

2. Description de l’œuvre

L’œuvre que nous présentons est typique des recherches de Rousseau sur la représentation de la forêt, et particulièrement celle de la forêt dense, dans laquelle l’homme n’a rien aménagé, qui devient à partir de 1847 un de ces sujets de prédilection.

Au-delà d’une clairière dans laquelle miroite au premier plan une mare, un chemin s’enfonce dans la forêt entre deux grands arbres brisés. Une promeneuse, occupée peut-être à ramasser des fagots de bois, est évoquée par une tache rouge et nous donne l’échelle de ces troncs imposants. En réduisant la taille de cette figure humaine et en monumentalisant la nature autour d’elle, Rousseau témoigne d’une compréhension nouvelle de la place de l’homme au sein du cosmos.

Sur la gauche, un important rocher accolé à un groupe de chênes aux branches noueuses nous indique que nous sommes en forêt de Fontainebleau ; c’est un des motifs favoris de l’artiste que nous retrouvons par exemple dans La forêt en hiver au coucher du soleil (Metropolitan Museum - New York). Ce tableau inspiré par la futaie du Bas-Bréau fut vraisemblablement commencé vers 1845-1847 mais demeura inachevé dans l’atelier de l’artiste à sa mort.

Notre tableau témoigne de la conception unitaire et panthéiste de Rousseau qui vit alors dans une communion mystique avec la forêt. Ce souci naturaliste se retrouve ici dans la description attentive des deux arbres brisés au centre de la composition, qui contrastent par leur dénuement tragique avec la majesté des deux chênes représentés sur la gauche, comme abrités derrière un gros rocher.

3. Provenance et encadrement

Exposé à la Galerie Charpentier en 1942, ce tableau provient de la collection personnelle de Paul Touzet (1898 – 1981). Celui-ci ouvre dans l’entre-deux guerre sa première galerie rue de l’Université. Il s’installe ensuite rue des Beaux-Arts où il présente surtout des tableaux hollandais et flamands. L’expertise en vente publique devient son activité principale dans les années 60 et il officie comme un des experts de tableaux les plus réputés dans les ventes parisiennes jusqu’à sa disparition en 1981.

Notre panneau est présenté dans un riche cadre de style néo-Louis XIII typique des productions de la fin du XIXème siècle et de l’encadrement donné alors aux tableaux des peintres de Barbizon, nom qui servira par la suite à désigner ce type d'encadrement

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Stéphane Renard Fine Art

Tableaux XIXe siècle