Par Antichità di Alina
Livio Mehus (Oudenaarde 1627 c. - Firenze 1691)
Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste et saint Jean l'Évangéliste (modello)
Monogrammé en bas à gauche des initiales « M » [« S » ?], discrètement intégré au feuillage du premier plan.
Vers 1670
Huile sur toile
47,2 x 28,5 cm
Réentoilé
Livio Mehus (Oudenaarde 1627 – Florence 1691), peintre flamand accueilli à la cour des Médicis et l’une des personnalités les plus singulières du baroque florentin, réalisa cette esquisse vers 1670 pour le retable destiné à l’église de la Madonna del Giglio à Prato.
La grande toile d'autel demeura dans son église d'origine jusqu'en 1783, date des suppressions léopoldines, avant d'être transférée à l'église San Bartolomeo de Prato.
Grâce aux recherches de Federico Berti, il est aujourd’hui possible de reconstituer avec précision les différentes étapes de l’élaboration de la composition, depuis le dessin préparatoire conservé à la National ...
... Gallery of Scotland d’Édimbourg jusqu’au grand retable encore conservé dans l’église San Bartolomeo de Prato.
Cette peinture occupe une position intermédiaire au sein du processus créatif de l’artiste. Par rapport à la feuille écossaise apparaissent déjà saint Jean l’Évangéliste ainsi qu’une première définition du cadre architectural, tandis que plusieurs éléments de la version définitive sont encore absents ou en cours d’élaboration. L’aigle, attribut traditionnel de l’Évangéliste, n’est pas encore représenté, tout comme la monumentale scénographie de colonnes qui caractérisera le retable achevé.
La composition appartient à l’une des périodes les plus accomplies de la maturité de Mehus. La figure de la Vierge, recueillie dans un geste de tendre intimité avec l’Enfant, trouve des parallèles dans d’autres œuvres de l’artiste consacrées au thème de la Sainte Famille. L’atmosphère suspendue, les nuées peuplées de chérubins et les tonalités crépusculaires rappellent également le célèbre Repos pendant la fuite en Égypte conservé au Nelson-Atkins Museum of Art de Kansas City, l’une des œuvres les plus proches de cette esquisse par son climat poétique et son langage pictural.
Né en Flandre mais formé entre Rome et Florence, Mehus développa un style personnel où se rencontrent culture nordique, tradition romaine et souvenirs de la peinture vénitienne du XVIe siècle. Protégé de Mattias de’ Medici et proche de Salvator Rosa, il occupe une place originale dans la peinture italienne du XVIIe siècle. L’historienne de l’art Mina Gregori le décrivait comme un « visionnaire tourmenté et obscur », soulignant cette dimension méditative et profondément poétique qui caractérise ses compositions religieuses.
Rare esquisse autographe directement liée à un retable documenté et daté, cette œuvre permet d’entrer dans l’atelier même de l’artiste et de suivre la naissance progressive d’une composition destinée à l’autel, offrant un témoignage particulièrement précieux sur la méthode de travail de l’un des peintres les plus fascinants du Seicento florentin.
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