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Gaspare Diziani (1689 –1767) - Allégorie
Gaspare Diziani (1689 –1767) - Allégorie - Tableaux et dessins Style
Réf : 128154
35 000 €
Époque :
XVIIe siècle
Signature :
Gaspare Diziani (1689 –1767)
Provenance :
Italie
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
L. 73 cm X H. 47 cm
Ars Antiqua
Ars Antiqua

Maîtres anciens, sculptures, mobilier et art moderne


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Gaspare Diziani (1689 –1767) - Allégorie

Gaspare Diziani — dont il italianisa le patronyme d'origine, De Cian, au cours de sa vie — naquit à Belluno il le 24 janvier 1689 de Giuseppe et Giustina Lina. Sa formation débuta dans sa ville natale sous la direction d'Antonio Lazzarini, dernier représentant provincial du ténébrisme baroque, un peintre de modeste envergure mais capable de transmettre à son jeune élève les fondements du métier. Le véritable tournant artistique s'opéra toutefois lors de son installation à Venise, survenue vers 1709-1711, lorsque Diziani entra d'abord dans l'atelier de Gregorio Lazzarini puis, de manière bien plus profitable, dans celui de son compatriote Sebastiano Ricci. C'est ce dernier qui marqua de façon déterminante sa vision picturale : Diziani connaissait déjà les œuvres réalisées en 1704 par Ricci à Belluno, au palais Fulcis, dans la chapelle du même nom à San Pietro et à la chartreuse de Vedana ; de plus, vers 1718, Ricci était de nouveau actif à Belluno pour ...

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... décorer à fresque la villa du Belvedere.

Une renommée rapide, soutenue par une virtuosité d'exécution peu commune, conduisit Diziani dès 1717 à Munich, où il réalisa pour le palais de la Residenz une série de décors représentant Les Quatre Parties du monde, malheureusement détruits pendant la Seconde Guerre mondiale. La même année, il se trouvait déjà à Dresde, à la cour de Saxe, accompagnant le scénographe Alessandro Mauro. En 1720, il retourna à Venise, où il fut inscrit à la guilde des peintres (fraglia), avant de repartir pour Rome au service du cardinal vénitien Pietro Ottoboni. À partir de ce moment, Diziani demeura définitivement sur les terres de la Sérénissime, établissant son atelier dans la Merceria à Venise, d’où il expédiait des œuvres dans toute l'Europe.

Le Triomphe d'Alexandre le Grand présenté ici illustre son entrée dans Babylone en 329 av. J.-C., suivi par son prisonnier Bessos, satrape de Bactriane et de Sogdiane (l'actuel nord de l'Afghanistan), représenté ici vêtu de vert et les poignets liés. Durant sa campagne en Asie, Alexandre le Grand prit en chasse Bessos, qui avait usurpé le trône de Perse en se proclamant « Grand Roi » après avoir assassiné Darius III. Alexandre, se présentant comme le vengeur et le successeur légitime de Darius, captura et condamna à mort Bessos au printemps de cette même année. D'autres versions de ce thème sont conservées à l'Alte Pinakothek de Munich, au Nationalmuseum de Stockholm et dans diverses collections privées. Dans le tableau examiné, le général macédonien est représenté debout sur un char de triomphe richement orné, dont la roue décorée de volutes dorées occupe une place formelle majeure dans la composition. Par rapport aux versions conservées dans les grandes pinacothèques européennes, cette peinture présente la même structure compositionnelle axée sur le char, mais propose une concentration plus dense de détails narratifs au premier plan, signe d’une destination probablement privée. La palette est caractéristique du peintre bellunois : des rouges profonds, des bleus métalliques, des jaunes chauds et des blancs lumineux qui animent les vêtements des soldats et les crinières des chevaux. La touche rapide confère à l'ensemble de la scène un frémissement presque théâtral, en parfaite cohérence avec la formation de scénographe de l'artiste.

L'Enlèvement des Sabines constitue le second jalon thématique de cette paire de tableaux. Ces œuvres partagent un choix de sujets empruntés à l'histoire antique, relus à travers le prisme de la grande tradition picturale vénitienne et de la culture baroque européenne. Le mythe des Sabines — par lequel Romulus résolut le manque de femmes dans la Rome naissante en organisant un enlèvement lors des jeux en l'honneur de Neptune — était un sujet abondamment traité dans la peinture des XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier dans l'aire vénitienne, pour les possibilités qu’il offrait d'orchestrer des figures en mouvement agité. La comparaison avec une autre version du même sujet par Diziani, conservée en collection privée, permet de mesurer la cohérence du peintre face à ce thème. Dans les deux versions, la structure compositionnelle privilégie la répartition des groupes le long d'une diagonale implicite traversant la toile de gauche à droite, où des figures enchevêtrées dessinent un rythme syncopé de corps en tension. Dans les deux cas, cependant, la signature stylistique de Diziani est immédiatement reconnaissable à son traitement de la couleur et à sa touche fluide, qui construit les corps par masses de peinture plutôt que par des contours définis, s’inscrivant dans cette tradition lagunaire qui, de l’héritage de Titien, se transmit à Ricci, puis de Ricci à son élève de Belluno.

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