Par Dei Bardi Art
Fragment d’architecture en mabre
Marbre blanc à grain fin.?Empire romain, Ier siècle apr. J.-C.
24 x 31 x 8 cm
Ce remarquable fragment architectural en marbre blanc, sculpté en ronde-bosse et travaillé de manière identique sur ses deux faces, il était destiné à être vu sous plusieurs angles, suggérant une implantation en position saillante — angle de pilastre, pile, édicule ou avant-corps architectural.
La composition se développe autour d’une corniche à moulurations sobres surmontée d’un fronton triangulaire ajouré, encadré de part et d’autre par deux volutes symétriques caractéristiques du vocabulaire ionique. L’exécution, d’une grande rigueur formelle, privilégie la netteté des profils et la pureté des masses.
La syntaxe classique est dans ce fragment respectée avec précision, mais traitée avec une économie plastique propre à la sensibilité romaine, où l’efficacité structurelle s’allie à une élégance ...
... mesurée.
L’élément le plus saisissant demeure le fronton ajouré, dont le vide triangulaire, découpé avec une précision presque abstraite, organise toute la composition. La tension entre la ligne horizontale de la corniche, la dynamique spiralée des volutes et la géométrie parfaite de l’espace négatif confère à ce fragment une présence sculpturale singulière. Vue aujourd’hui isolée de son contexte architectural, cette forme dialogue de manière étonnamment moderne avec certaines recherches de la sculpture géométrique du XXe siècle, tant elle semble abolir la frontière entre élément constructif et sculpture autonome.
Par son traitement identique sur ses deux faces, l’œuvre ne connaît ni revers ni hiérarchie visuelle : elle s’impose comme un volume complet, pensé dans toutes ses perspectives, où architecture et sculpture se rejoignent dans une forme d’abstraction intemporelle.