Par Desmet Galerie
La statue représente une figure féminine élégamment posée, inspirée de l’iconographie de Flora, déesse des fleurs et du printemps. La figure se tient dans un léger contrapposto, le poids reposant sur la jambe gauche tandis que la jambe droite s’avance, conférant à la composition une subtile impression de mouvement. Le traitement du drapé se distingue par une grande finesse : de minces plis fluides se déploient sur le corps, révélant les formes sous-jacentes selon un effet classique de « draperie mouillée ». Un nœud soigneusement modelé resserre l’étoffe à la taille, témoignant de la précision technique du sculpteur.
La tête est légèrement tournée de côté et présente une expression sereine et idéalisée, caractéristique du classicisme de la fin du XVIIIe siècle. La chevelure, disposée en ondulations souples et rythmiques, encadre le visage. Dans la main droite, la figure tient une couronne de fleurs, attribut traditionnellement associé à ...
... Flora, tandis que la main gauche soulève un pan du vêtement, geste qui renforce l’élégance de l’attitude.
Un tronc d’arbre servant d’appui, typique de la statuaire en marbre, stabilise la composition tout en s’intégrant discrètement au dessin général. Le traitement de surface alterne entre des zones de chair doucement polies et un rendu plus mat du drapé, accentuant le contraste entre peau et textile.
Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Rome, Florence et Naples devinrent des centres majeurs de production de sculptures en marbre destinées aux voyageurs du Grand Tour — riches amateurs européens, notamment britanniques, français et originaires d’Europe du Nord, désireux d’acquérir des œuvres d’inspiration antique ou des interprétations modernes fondées sur des prototypes classiques.
Toutes les sculptures de cette période ne constituaient pas des copies strictes: nombre d’entre elles étaient des réinterprétations libres de statues antiques célèbres. Les ateliers italiens avaient accès aux antiquités conservées dans les grandes collections ainsi qu’à des modèles dessinés ou en plâtre, mais les sculpteurs adaptaient souvent poses, proportions, draperies et attributs afin de répondre au goût néoclassique contemporain. Ces œuvres étaient particulièrement recherchées par les collectionneurs, car elles associaient l’autorité de l’Antique à la sensibilité esthétique raffinée du temps.
Une sculpture de cette échelle — 115 cm — correspond parfaitement aux pièces destinées à des collections privées de haut niveau, à des studioli et à des galeries domestiques, où un thème antique interprété dans un langage classicisant moderne trouvait naturellement sa place.
La Flora Farnèse, statue romaine monumentale en marbre (IIe siècle apr. J.-C.), mise au jour en 1540 et longtemps conservée dans la célèbre collection Farnèse, devint l’une des figures féminines canoniques de la réception de l’Antiquité à l’époque moderne et néoclassique. Aujourd’hui conservée au Musée archéologique national de Naples, elle se caractérise par un drapé abondant, un visage calme et idéalisé, ainsi que par la présence d’attributs floraux.
Au XVIIIe siècle, la sculpture connut une renommée renouvelée, Naples devenant une étape essentielle du Grand Tour. De nombreux sculpteurs produisirent des répliques, des réductions et, plus fréquemment encore, des interprétations adaptées. Celles-ci étaient rarement des reproductions exactes : les artistes affinaient souvent les proportions, modifiaient la pose, raffinaient la physionomie ou retravaillaient le drapé afin de l’accorder à l’esthétique élégante et linéaire du néoclassicisme tardif.
La sculpture ici présentée s’inscrit pleinement dans cette tradition. La couronne florale identifie clairement la figure comme Flora et renvoie au prototype antique, tandis que les proportions du corps, l’attitude plus mobile et le traitement subtil du drapé relèvent d’un vocabulaire artistique propre à la fin du XVIIIe siècle plutôt que d’une reproduction littérale de l’original Farnèse. Il s’agit ainsi d’une réinterprétation néoclassique créative d’un modèle antique célèbre — précisément le type d’œuvre prisé par les collectionneurs du Grand Tour.
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