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Cerbère - Italie XVIIe siècle
Cerbère - Italie XVIIe siècle - Sculpture Style
Réf : 127592
9 500 €
Époque :
XVIIe siècle
Provenance :
Italie
Materiaux :
Pierre calcaire
Dimensions :
L. 69 cm X H. 80 cm X P. 36 cm
Sculpture Sculpture en pierre - Cerbère - Italie XVIIe siècle
Dei Bardi Art
Dei Bardi Art

Sculptures et objets d'art Haute Epoque et Renaissance


+32 (0)4 76 74 05 57
Cerbère - Italie XVIIe siècle

Cerbère
Pierre calcaire peinte en noir
Italie, XVIIe siècle
Hauteur : 80 cm — Largeur : 69 cm — Profondeur : 36 cm?

Représentant le redoutable chien tricéphale gardien des Enfers, cette imposante sculpture en pierre calcaire peinte en noir figure Cerbère assis sur un socle rocheux au naturalisme affirmé, les pattes antérieures dressées en avant dans une posture de menace vigilante. La musculature tendue, la peau saillante laissant deviner les côtes, et les membres longs et nerveux confèrent à la créature une vitalité physique saisissante. Des trois têtes — dont l'une est aujourd'hui perdue — deux s'élevaient selon l'axe vertical de la composition, lui prêtant une verticalité remarquable qui renforce la présence monumentale de l'ensemble. Le modelé des volumes, traité avec une vigueur expressive caractéristique de la sensibilité baroque italienne, révèle la main d'un sculpteur parfaitement familier des prototypes antiques et de leur ...

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... réinterprétation dans la culture décorative des villas aristocratiques italiennes. Le traitement de surface — un enduit pigmenté de noir évoquant tout à la fois la patine du bronze et les ténèbres du royaume infernal — participe pleinement du programme iconographique de l'œuvre.
Dans la mythologie grecque, Cerbère est le chien tricéphale d'Hadès, né d'Échidna — le monstre mi-femme mi-serpent — et de Typhon, force primordiale de destruction et de tempête. Sa fonction est d'empêcher les morts de s'échapper des Enfers et les vivants d'y pénétrer. Dante le place à l'entrée du troisième cercle de l'Enfer, où les gloutons sont châtiés sous une éternelle tourmente de grêle et de neige. Terreur même pour les morts, Cerbère ne fut jamais dompté que par les plus grands héros : Hercule, par la force brute, et Orphée, par l'harmonie de sa lyre.
La rareté de cette sculpture tient à la nature même de sa conception : Cerbère y est traité comme figure autonome et monumentale, en ronde-bosse indépendante. Si le chien tricéphale apparaît fréquemment comme figure secondaire dans les grands groupes sculptés de l'époque — aux pieds de Pluton dans L'Enlèvement de Proserpine de Bernin (1621–1622, Galleria Borghese, Rome), ou encore dans les bronzes attribués à Tiziano Aspetti (Metropolitan Museum of Art, New York) et dans les fontes dérivées de la composition de Rosso Fiorentino —, son traitement comme sujet sculpté pleinement autonome, à cette échelle, demeure exceptionnel dans la production italienne du Seicento. Aucun parallèle direct en pierre de dimensions comparables n'est à ce jour répertorié pour cette période.
La destination originelle de l'œuvre était vraisemblablement à la fois décorative et programmatique : portale de grotte, fontaine à thème chthonien, seuil de nymphée ou entrée de jardin dans la tradition du giardino all'italiana, autant de contextes où les divinités infernales et les gardiens mythologiques servaient de marqueurs symboliques du passage entre les mondes. La tradition du jardin baroque italien — illustrée notamment par la Villa Borghese, la Villa Farnèse à Caprarola ou la Villa Cetinale en Toscane — accordait une place d'élection aux figures mythologiques évoquant le passage, la métamorphose et la meraviglia. Cette sculpture s'inscrit pleinement dans ce corpus, tout en s'en distinguant par la singulière audace de sa conception autonome.

Dei Bardi Art

Sculpture en pierre