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Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625)
Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625) - Tableaux et dessins Style Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625) - Galerie Thierry Matranga Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625) -
Réf : 127514
7 300 €
Époque :
XVIIe siècle
Materiaux :
Huile sur cuivre
Dimensions :
l. 38 cm X H. 45 cm
Tableaux et dessins Tableaux XVIIe siècle - Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625) XVIIe siècle - Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625)
Galerie Thierry Matranga
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Tableaux anciens, dessins, sculptures, objets religieux


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Moïse sauvé des eaux, attribué à Hans Rottenhammer (1564 – 1625)

Huile sur cuivre. École germano-vénitienne vers 1600, attribué à Hans Rottenhammer.
La scène qui se déploie sous nos yeux, tout en étant absolument originale, n’est pas sans rappeler l’architecture narrative développée par Véronèse dans la grande composition conservée à la National Gallery of Art de Washington (voir photos). Le sujet, tiré de l’Exode, est traité délicatesse : pour échapper au décret de Pharaon, la mère de Moïse cache son enfant dans un panier qu’elle dépose sur le Nil. La fille de Pharaon le découvre échoué parmi les roseaux et décide de l’adopter. Cet épisode évoque la survie providentielle du futur libérateur d’Israël. Rottenhammer ou un proche collaborateur en retient le moment de révélation et de compassion, qu’il traduit par un jeu subtil de gestes et de regards.
Comme sur l’œuvre de Véronèse, l’ensemble des figures s’organise autour de la fille de Pharaon, placée au sommet d’un groupe pyramidal dont ...

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... les suivantes dessinent les flancs, tandis que l’enfant Moïse, présenté dans un linge blanc par une servante agenouillée, en constitue la base. Cette construction triangulaire, héritée de la Renaissance italienne, confère à la scène une stabilité majestueuse que notre peintre transpose avec une élégance plus intime, propre aux formats réduits.
À gauche, un pont en arc et une ville lointaine ouvrent la composition vers le lointain, reprenant un autre motif essentiel de la toile de Washington. Chez Véronèse, ces éléments structurent l’espace et ancrent la scène dans un paysage urbain idéalisé. Dans notre peinture, ils sont réinterprétés dans un vocabulaire plus nordique, avec des arbres massifs, une lumière plus froide et un ciel menaçant. Cette transposition d’un schéma vénitien traité “à la germano-flamande” constitue l’un des indices les plus parlants d’une culture visuelle hybride. C’est précisément dans cette hybridation que se reconnaît la main, ou celle d’un proche collaborateur, de Hans Rottenhammer. Formé à Venise, familier des compositions de Véronèse, mais profondément marqué par la sensibilité nordique, Rottenhammer excelle à condenser les grands modèles italiens dans des petits cuivres. Virtuosité du pinceau, gestes gracieux, riches drapés lumineux et détails miniaturistes renvoient directement à son idiome dont l’esthétique maniériste est plus septentrionale.

Provenance : ancienne collection Raoul Malard (1928-2015), industriel lainier du Nord de la France.

Notre précieuse composition est logée dans un riche cadre français en bois sculpté et doré d’époque Louis XIII.
Dimensions : 33,5 x 24 cm - 45 x 38 cm avec le cadre

Biographie :
Hans Rottenhammer (Munich 1564 – Augsbourg 1625) est l’une des figures les plus singulières du maniérisme tardif germano?italien. Né à Munich et formé dans l’atelier de Hans Donauer, il quitte très tôt la Bavière pour s’installer à Venise, où il demeure près de quinze ans. Là, il assimile avec une rare finesse la leçon des grands maîtres vénitiens — Véronèse, Tintoret, Palma il Giovane — tout en conservant la précision minutieuse et la lumière froide propres à la tradition nordique. Maître du petit format sur cuivre, il développe un langage hybride d’une grande modernité, combinant compositions italiennes et exécution flamande. Ses collaborations avec Jan Brueghel l’Ancien et Joos de Momper, pour lesquels il peint les figures, comptent parmi les plus belles réussites du dialogue entre Nord et Sud. De retour à Augsbourg puis à Munich, il devient peintre de cour, mais son style reste marqué par l’élégance vénitienne et la virtuosité narrative acquise en Italie. Son œuvre, très recherchée sur le marché international, incarne l’un des sommets de la peinture maniériste sur cuivre autour de 1600.

Bibliographie :
- Klessmann Rüdiger, Hans Rottenhammer (1564–1625). Mit einem kritischen Verzeichnis der Gemälde und Ölstudien, Berlin, 1979
- Klessmann Rüdiger, Hans Rottenhammer: Gemälde, Ölstudien, Zeichnungen. Munich, 2008
- Bayerische Staatsgemäldesammlungen. Hans Rottenhammer: Ein Maler zwischen Venedig und München, Munich, 2008
- Ouvrage collectif, catalogue de l’exposition au Weserrenaissance-Museum Schloss Brake de Lemgo et à la Nationalgalerie de Prague, Hans Rottenhammer, begehrt – vergessen - neu entdeckt, Hirmer Verlag, 2008

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Tableaux XVIIe siècle