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La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle
La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle - Tableaux et dessins Style Louis XIII La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle - Galerie Thierry Matranga La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle - Louis XIII
Réf : 125356
9 800 €
Époque :
XVIIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur panneau
Dimensions :
l. 60 cm X H. 78 cm
Tableaux et dessins Tableaux XVIIe siècle - La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle XVIIe siècle - La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle Louis XIII - La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle
Galerie Thierry Matranga
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Tableaux anciens, dessins, sculptures, objets religieux


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La Crucifixion ou « le Coup de lance », école lorraine du 17e siècle

Huile sur panneau préparé. Ecole lorraine, premier tiers du XVII? siècle, attribuable à Jean Le Clerc (Nancy 1586/88 – Id. 1633) d’après le grand panneau peint en 1620 par Antoon Van Dyck aujourd’hui conservé au KMSKA d’Anvers.

Notre composition au cadrage resserré sur la Crucifixion du Christ et des deux larrons présente un schéma hérité de la tradition anversoise?: les trois croix s’inscrivant dans une diagonale ascendante pour amplifier la dramatisation de la scène. Le soldat en côte de maille sur l’échelle brandit un gourdin métallique, action qui renvoie explicitement au récit johannique du bris des jambes, ce choix permettant de recentrer la scène sur l’instant du supplice plutôt que sur la Déploration. Au pied de la croix centrale, les saints personnages, Marie, Madeleine, Jean et d’autres disciples manifestent leur déchirement, tandis qu’à gauche, les soldats romains à cheval introduisent un contrepoint narratif, avec Longinus qui ...

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... enfonce sa lance dans le flanc du Christ. Le ciel bleu, traversé par un voile nuageux, ouvre la composition et renforce la lisibilité d’ensemble.
Si la structure générale et plusieurs motifs secondaires dérivent clairement du prototype de van Dyck conservé au Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, la facture picturale s’en distingue : la matière est mince, les transitions douces, les carnations claires et rosées?; les visages, simplifiés et peu typés, témoignent d’une volonté d’unification plutôt que de dramatisation. La palette, dominée par des bruns adoucis et des bleus lumineux, ainsi que la lumière, distribuée de manière homogène, évoquent la production religieuse des ateliers provinciaux du Nord-Est de la France, et plus précisément de la Lorraine, région en contact direct avec les Pays-Bas espagnols. Le choix du support, un panneau préparé, courant dans les ateliers lorrains, renforce cette hypothèse.
Le traitement du Christ - silhouette allongée, musculature adoucie, tension anatomique atténuée - s’écarte de la vigueur « rubénienne » comme de la robustesse « vandycienne ». Cette modération expressive, associée à une clarté narrative très marquée, correspond à la sensibilité de Jean Le Clerc qui assimila les modèles flamands en les adoucissant. Il est à noter que Le Clerc rencontre van Dyck à Rome peu après que ce dernier ait achevé son « Coup de lance » (1620). C’est là que le génie anversois portraiture son collègue Lorrain en 1622 peu avant le retour de Le Clerc à Nancy. Notre peinture, destinée à la dévotion privée, serait-elle un hommage de Le Clerc à son ami peintre ?

Notre crucifixion est soulignée par son cadre français en bois sculpté et doré d’époque Louis XIV.
Dimensions : 62 x 45 le panneau - 78 x 60 cm avec le cadre

Biographie :
Jean Le Clerc (Nancy 1586/1588, Id. 1633) est l’un des peintres lorrains les plus marquants du début du XVII? siècle . Robert Parisot dans son Histoire de Lorraine parue en 1919 écrit à son sujet qu’il est « le plus grand des peintres lorrains de cette époque ». Très jeune, Le Clerc part pour l’Italie où il se forme d’abord à Rome puis à Venise, devenant le disciple et collaborateur de Carlo Saraceni. À la mort de ce dernier en 1620, il achève plusieurs œuvres laissées inachevées, notamment la grande composition du Doge Dandolo au palais des Doges de Venise .
De retour à Nancy en 1622, il devient le peintre officiel du Duc François de Lorraine et contribue à introduire dans la région une esthétique nouvelle, mêlant caravagisme et héritage vénitien. Son œuvre, parfois difficile à distinguer de celle de Saraceni, occupe une place essentielle dans la circulation des styles entre l’Italie et la Lorraine au début du XVIIe siècle.

Bibliographie :
- Vlieghe Hans, Corpus Rubenianum Ludwig Burchard, Phaidon Press, 1972–.
- Balis Arnout, Rubens: Copies and Adaptations from Renaissance and Later Artists, Harvey Miller Publishers, 2006.
- Thuillier Jacques, La peinture française au XVII? siècle, Flammarion, 1982.
- Mérot Alain, La peinture française au XVII? siècle, Citadelles & Mazenod, 1994.
- Foucart Jacques, Peintres provinciaux en France au XVII? siècle, Réunion des Musées Nationaux, 1985.
- Fagnart Laure, Artistes et commanditaires entre Lorraine et Pays-Bas espagnols, Presses Universitaires de Nancy, 2012.
- Choné Paulette, L’art en Lorraine au XVII? siècle, Éditions Serpenoise, 1991.
- Jacquot Dominique (dir.), Peindre en Lorraine au XVII? siècle, Musée des Beaux-Arts de Nancy, 1998.
- Fagnart Laure, Jacquot Dominique, La Peinture religieuse en Lorraine, Presses Universitaires de Nancy, 2005.

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