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Importante tête de Luhoan chinois en grès émaillée trois couleurs
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Réf : 87290
Prix sur demande
Époque :
XXe siècle
Provenance :
Chine du Nord
Materiaux :
Grès avec glaçure
Dimensions :
H. 48 cm
Arts d XXe siècle - Importante tête de Luhoan chinois en grès émaillée trois couleurs  - Importante tête de Luhoan chinois en grès émaillée trois couleurs Antiquités - Importante tête de Luhoan chinois en grès émaillée trois couleurs
Victoria Hougron
Victoria Hougron

Antiquités chinoises et Japonaises


+33 (0)7 51 26 78 70
Importante tête de Luhoan chinois en grès émaillée trois couleurs

Importante tête de Luhoan chinois en grès à glaçure trois couleurs ("sancaï"), probablement de la fin de la dynastie Qing (1644-1912) ou de la période République (1912-1949)

Posant un regard souriant ou narquois suivant l'angle où on l'observe, cette tête impressionnante a sans doute fait partie d'une très grande statue assise de Luhoan dans un temple bouddhique.

La tradition de représenter les saints du bouddhisme en terre cuite ou en grès remonte à la dynastie Ming et on peut rapprocher cette tête d'une série de plusieurs grands Luhoans assis en grès émaillé trois couleurs répartie actuellement sur plusieurs musées dans le monde. Longtemps attribuées à la dynastie Liao (907-1125), sur la base d'une technique proche de la céramique Tang sancai, ces figures célèbres et longtemps énigmatiques sont aujourd'hui considérées comme plus tardives et on s'accorde pour penser qu'elles ont été réalisées au début de la dynastie Ming dans le Nord de la ...

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... Chine.Comme le reste de l'art des terres cuites émaillées qui se développa durant la dynastie Ming pour orner les faîtages des temples et des Palais, ces grandes figures en grès furent vraisemblablement commanditées par quelques notables importants d'une province. On peut supposer d'ailleurs qu'à l'instar des terres cuites Ming utilisées pour décorer les toits et les murs des pagodes, - on en trouve même de splendides sur les toits et les murs de la Cité Interdite à Pékin- , l'usage du grès avec une glaçure trois couleurs (la plus simple à fabriquer à partir de pigments courants) permettait de peupler à un moindre coût les temples locaux du culte bouddhique en plein essort pendant cette dynastie.

Il ne fait pas de doute aujourd'hui que le grès ou la terre cuite émaillés furent surtout pour les Ming une solution pratique et financière sans équivalent, notamment lorsque comparée au bronze, qui était aisément pillé pour faire des armes - ou à la pierre, très difficile à sculpter. Massives et lourdes, ces représentations vivantes et expressives des figures du panthon bouddhique ne risquaient en effet pas d'être volées et il était facile de les remplacer en cas de détérioration.

La présente tête relève probablement de cette tradition d'un art folklorique monumental qui s'est poursuivie au-delà même, en fait tout au long des Qing, car l'art des tuiles de faîtage auquel se rapporte la technique de cuisson d'un tel objet continue bien après les Ming et ne s'arrête à la vérité qu'avec la fin de l'Empire puisqu'il fallait sans cesse refaire des tuiles nouvelles pour remplacer sur les monuments celles détériorées par les éléments naturels.

Il ne faut donc pas exclure que le Luhoan monumental dont ne nous est parvenu que cette tête ait été exécuté à la fin de l'Empire ou dans les débuts de la République de Chine : il se serait alors agi à travers lui de combler un de ces vides laissés par la disparition ou la destruction de quelques grandes reliques suite aux pillages des temples bouddhiques à partir du Sac du Palais d'été.

Son faciès plat est très caractéristique des Chinois du Nord, ce qui correspond aussi à la tradition des Bouddhas géants abrités dans des cavernes naturelles comme dans les grottes de Yungang et Longmen et cette tête correspond bien par sa taille aux bouddhas souvent mutilés et décapités mais en pierre qu'on y a retrouvés.

Des recherches approfondies n'ont pas permis de trouver un équivalent à cette tête monumentale qui apparaît comme une oeuvre unique. Elle a été testée deux fois par le moyen de la thermoluminescence d'Oxford avec un résultat indiquant chaque fois une date de fabrication probable à la fin des Qing ou sous la période République. Toutefois la base brunie et les manques de glaçure pourraient provenir d'une exposition au feu, or on sait que l'exposition des terres cuites ou des grès à un incendie vide les cristaux de datation de la thermoluminescence en ramenant leur horloge à la date de cet incendie, on peut donc supposer que le test d'Oxford n'est pas totalement concluant ni satisfaisant pour cet objet, quoi qu'il soit contraignant en l'état actuel de nos connaissances.

Victoria Hougron

Arts d'Asie