Par Artimo
Dans un équilibre subtil entre grâce et tension, cette sculpture de Laurent-Honoré Marqueste représente Galathée, l’héroïne du célèbre mythe de Pygmalion tel que relaté par Ovide dans Les Métamorphoses (Livre X, vers 243-297). Pygmalion, sculpteur chypriote désabusé par les femmes de son temps, donne forme à une statue d’une beauté idéale et en tombe amoureux. Touchée par la sincérité de son amour, Vénus exauce sa prière : la statue prend vie sous ses mains. C’est cet instant de métamorphose que Marqueste choisit d’immortaliser.
Le corps délicatement torsadé, les bras levés dans un geste protecteur ou de surprise, la jeune femme semble émerger lentement de son bloc originel. Le traitement du marbre, d’une finesse remarquable, capture la douceur de la chair naissante, tandis que le visage rêveur, à demi voilé par les bras, traduit la pudeur d’une être nouvellement éveillé au monde sensible.
Au pied de la figure, l’outil du sculpteur ...
... ainsi qu’une rose soigneusement posée rappellent subtilement la main de Pygmalion et l’amour qui l’a façonnée. Ce choix narratif — ne représenter que Galathée — renforce l’intensité symbolique du sujet et invite à contempler la frontière floue entre art et vie, matière et sentiment.
Un modèle en marbre grandeur nature de Galathée d’1m70 existe, dont le plâtre original, présenté Hors concours par Marqueste au Salon de 1884 (n°3731), est conservé au musée des Augustins de Toulouse sous le titre Le Réveil (Galatée). La version en marbre — réalisée vers 1885, fut acquise par l’État français. Après plusieurs affectations, dont au Louvre, elle a été officiellement rattachée au musée d’Orsay en 1986. Depuis 2019, elle est exposée (ou en réserve) au musée départemental Dobrée de Nante.
Né à Toulouse en 1848, Laurent-Honoré Marqueste est l’une des grandes figures de la sculpture française. Élève de Jean-Alexandre Falguière et François Jouffroy à l’École des Beaux-Arts de Paris, il remporte le Prix de Rome en 1871, ce qui lui permet de séjourner à la Villa Médicis dès 1872. Il y approfondit sa connaissance de la sculpture antique et de la Renaissance.
De retour à Paris, Marqueste ouvre son atelier et expose régulièrement au Salon de Paris dès 1874, ainsi qu’aux expositions universelles. Il enseigne à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de 1893 à 1900, dont il devient vice-président en 1902 et président en 1903.
Son œuvre monumentale, souvent empreinte de thèmes mythologiques ou allégoriques, orne aujourd’hui plusieurs lieux emblématiques de Paris : les jardins des Tuileries, le Jardin du Luxembourg, ou encore l’Hôtel de Ville. Il est l’auteur de figures majeures comme Persée et la Gorgone.
Marqueste décède à Paris en 1920. Aujourd’hui, ses œuvres sont conservées dans les grandes institutions françaises telles que le Musée d’Orsay, le Petit Palais, et plusieurs musées de région.
Il reçut plusieurs distinctions, parmi lesquelles :
Médaille de 2e classe à l’Exposition Universelle de 1878
Médaille de 1er classe en 1876
Chevalier de la Légion d’honneur en 1884
Grand Prix et médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900
Provenance : Collection Aso O. Tavitian
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