Par Artimo
Avec “Pax Libertas Mundi”, Luca Madrassi donne forme à une allégorie universelle, caractéristique de la fin du XIXe siècle, où l’idéalisme politique, le pacifisme humaniste et la foi dans le progrès se rejoignent dans une image synthétique et immédiatement lisible. La sculpture représente une figure féminine, drapée à l’antique, debout sur un globe terrestre partiellement enveloppé de nuées. Les bras largement ouverts, elle adopte une posture d’élévation et d’accueil, suggérant l’universalité de son message.
À ses pieds, un putto agenouillé soutient un phylactère portant la devise PAX LIBERTAS MUNDI. L’inscription, en latin, confère à l’œuvre une portée intemporelle et solennelle. Elle articule trois notions fondamentales — la paix, la liberté et le monde — dans une formule qui dépasse le cadre national pour s’inscrire dans une ambition universelle. Le choix du latin, langue de l’autorité morale et de la tradition humaniste, ...
... renforce cette dimension programmatique. Le traitement du marbre est d’une grande finesse : les draperies, animées de plis souples et profonds, créent un mouvement ascendant qui accompagne l’élan du corps et accentue l’impression d’élévation
morale. Les transitions entre les surfaces polies et les zones plus animées témoignent de la maîtrise technique de Madrassi et de son ancrage dans une tradition académique tardive, ouverte toutefois à une sensibilité plus symboliste.
Connue principalement par ses éditions en bronze, “Pax Libertas Mundi” trouve dans cette version en marbre une expression particulièrement aboutie. Le choix du marbre, matériau de prestige et de pérennité, transforme l’allégorie en véritable manifeste sculpté.
Par cette œuvre, Madrassi s’inscrit pleinement dans le climat intellectuel de la Belle Époque, marqué par l’essor des mouvements pacifistes, la croyance dans le progrès moral de l’humanité et l’affirmation d’idéaux universalistes. “Pax Libertas Mundi” ne raconte pas un mythe antique précis : elle propose une
vision, celle d’un monde régi par la paix et la liberté, élevée au rang de valeur absolue.
LUCA MADRASSI (Tricesimo, 1848-1919, Paris)
Luca Madrassi était un sculpteur français d’origine italienne. Il commença ses études artistiques à Rome avant de poursuivre sa formation à l’École des Beaux-Arts de Paris, où il fut l’élève de Pierre-Jules Cavelier. Il intégra ensuite l’atelier d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse. Entre 1876 et 1880, Madrassi fut praticien pour Gustave Doré, une collaboration qui pourrait expliquer les similitudes entre les œuvres de Carrier-Belleuse et celles de Doré.
Luca Madrassi exposa au Salon de la Société des Artistes Français à Paris à partir de 1879. Il y reçut fréquemment des mentions honorables pour ses sujets souvent allégoriques (en 1881, 1882, 1883 et 1885), ainsi qu’une médaille de troisième classe en 1896. Il acquit la nationalité française et devint membre de la Société des Artistes Français en 1890. Il exposa également au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1896.
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