Par Poncelin de Raucourt Fine Arts
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École française, XVIIIe siècle (vers 1760)
Études de figures d’après « Le Repas chez Simon le Pharisien » de Jouvenet, d’après l’estampe de Duchange
Sanguine sur papier,
29 × 23 cm
Provenance :
Collection particulière
Cette feuille d’étude s’inscrit dans la tradition académique du XVIIIe siècle, où la copie d’après les maîtres, souvent médiatisée par l’estampe, constitue un exercice fondamental de formation. Inspirée du Repas chez Simon le Pharisien de Jean Jouvenet, œuvre majeure de la peinture religieuse française du début du XVIIIe siècle, elle témoigne de la diffusion des modèles par le biais de la gravure, ici celle de Gaspard Duchange. Cette dernière, publiée dès 1705, joue un rôle essentiel dans la transmission des compositions, notamment en raison de son inversion qui modifie subtilement la lecture des figures.
L’artiste anonyme rassemble sur une même feuille plusieurs fragments significatifs de la scène : un ...
... serviteur en mouvement portant un récipient, une figure assise enveloppée de draperies, un vieillard barbu à l’allure orientale, et une figure agenouillée vue de dos. Ce procédé de sélection et d’isolement traduit une approche analytique, visant à étudier séparément les attitudes, les proportions et surtout le rendu des étoffes.
La technique de la sanguine est exploitée avec finesse, privilégiant un réseau serré de hachures parallèles qui structurent les volumes et accentuent les effets d’ombre. Cette écriture graphique, proche du langage de la gravure, confirme l’hypothèse d’un travail d’après une estampe plutôt que d’après la peinture originale. Le dessin ne cherche pas ici à recréer l’atmosphère colorée du tableau, mais à en comprendre la construction formelle.
Dans le contexte artistique du XVIIIe siècle, de telles feuilles participent à une culture visuelle partagée, où les œuvres circulent, se transforment et s’approprient. Elles évoquent également la pratique des copistes actifs à Rome et à Paris, tels que Jean-Robert Ango, mais aussi celle d’artistes plus célèbres comme Fragonard ou Hubert Robert, dont les attributions ont souvent été mêlées dans ce type de production.
Par son caractère d’étude, cette œuvre possède une valeur documentaire précieuse : elle révèle les mécanismes de transmission des modèles et l’importance de la gravure comme outil pédagogique. Elle séduit également par la qualité de son exécution, où la vivacité du trait et la sensibilité du modelé confèrent aux figures une présence expressive, malgré leur statut fragmentaire.
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