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Benedetto Caliari (1538–1598), Portrait de femme
Réf : 126467
10 800 €
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Italie
Materiaux :
Plume et encre brune, lavis d’encres brunes et rehauts de gouache blanche, sur papier préparé brun
Dimensions :
l. 24.2 cm X H. 30 cm
Poncelin de Raucourt Fine Arts
Poncelin de Raucourt Fine Arts

Tableaux et dessins du XVIe au XIXe siècle


+ 33 (0)6 84 43 91 81
Benedetto Caliari (1538–1598), Portrait de femme

Benedetto Caliari
(Vérone 1538 – 1598 Venise)
Portrait de femme

Plume et encre brune, lavis d’encres brunes et rehauts de gouache blanche, sur papier préparé brun
22,4 × 30 cm

Provenance :
Collection particulière, France

Les feuilles en chiaroscuro occupent une place prépondérante dans l’œuvre dessiné de Benedetto Caliari, frère cadet de Paolo Veronese.

Ce délicat portrait de femme en chiaroscuro, inédit jusqu’à présent, se distingue par un traitement particulièrement précis et soigné. Benedetto reprend ici la manière développée par son frère : l’image est construite à partir de valeurs claires — le plus souvent des rehauts de blanc — se détachant sur un fond préparé dans une tonalité sombre.

Si Véronèse n’est pas l’inventeur de cette technique — déjà explorée par des artistes italiens et nordiques — les quelque trente feuilles exécutées de sa main selon ce procédé ont suscité, de tout temps, l’admiration ...

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... des amateurs pour leur aspect à la fois délicat et achevé. Elles sont d’ailleurs les seules mentionnées par son premier biographe, Carlo Ridolfi, en 1648.

L’enthousiasme de Ridolfi s’explique aisément : ces feuilles semblent conçues comme des œuvres autonomes. Véronèse y renouvelle la tradition du dessin vénitien en proposant, avec un sens aigu de l’invention, des variations originales sur des sujets religieux ou allégoriques.

Fonction et datation : un débat historiographique
Plusieurs questions demeurent quant à la fonction de ces feuilles.
Selon David Rosand, il s’agirait le plus souvent de modelli, étape ultime préparatoire à une œuvre peinte, pouvant également servir de dessins de présentation ou de ricordi.

À l’inverse, Richard Cocke, dans son catalogue raisonné, rejette cette hypothèse et considère ces feuilles comme des œuvres indépendantes.

La question de leur datation reste également débattue :

William R. Rearick propose une production s’étendant du milieu des années 1540 jusqu’à la fin de la carrière de Véronèse ;
Cocke, en revanche, privilégie une période plus resserrée entre 1550 et 1560.
Benedetto et la tradition du chiaroscuro
Au-delà de ces débats, Benedetto s’approprie pleinement cette technique.

Parmi la série d’allégories féminines dessinées par Véronèse en chiaroscuro, six feuilles sont aujourd’hui conservées à Francfort (Städel), Vienne (Albertina), Paris (Louvre), Norfolk (Holkham Hall) et Zurich. Une septième feuille du Louvre doit probablement être considérée comme une copie d’un original perdu.

Benedetto lui-même réalisa trois copies sur papier bleu de la Fortuna de son frère, conservées au Louvre (Allégorie de la Richesse, Fortune Maritime, Fortune Terrestre). Ces feuilles, annotées « da Paolo », témoignent explicitement de leur dépendance au modèle véronésien.

Le traitement graphique — figures construites par des rehauts de blanc sur un fond coloré, avec un contraste marqué entre les figures et les éléments architecturaux — renvoie directement à la technique observée dans notre feuille.

Attribution et analyse stylistique
La qualité d’exécution et la technique, strictement inscrites dans la tradition véronésienne, indiquent clairement la main d’un artiste proche de Véronèse : son frère et collaborateur Benedetto Caliari.

L’œuvre se distingue par :

une grande fluidité dans les rehauts de blanc,
un sens affirmé du volume,
certaines particularités physiques — notamment une légère disproportion des mains par rapport au visage — caractéristiques de Benedetto.
Les rehauts de gouache blanche sont utilisés avec une grande précision pour décrire les soieries et les perles, tout en suggérant avec subtilité la lumière qui éclaire le visage.

Le modèle appartient à cette typologie de figures courtoises, vêtues de riches habits contemporains, si caractéristiques de l’univers de Véronèse.

Comparaisons
La feuille peut être rapprochée de deux dessins conservés au Musée de Grenoble (Tête de femme et Tête de jeune fille, legs Léonce Mesnard), dont les coiffures, les traits et le traitement technique présentent de fortes similitudes.

Un parallèle peut également être établi avec la peinture de Benedetto La Découverte de Moïse (vente Christie's, Londres, 7 juillet 2017 ; puis Sotheby's, Londres, 28 avril 2021), qui témoigne d’un style comparable dans le traitement des figures.

Contexte artistique
Benedetto Caliari, frère cadet de Véronèse, est documenté dès 1556 comme travaillant dans l’atelier de son aîné. Il y demeure toute sa carrière et en reprend la direction à la mort de celui-ci en 1588, aux côtés de ses neveux Carlo et Gabriele.

Ces derniers signent fréquemment leurs œuvres communes sous le nom de Haeredes Pauli (« les héritiers de Paolo »), perpétuant ainsi l’héritage artistique de Véronèse.

Poncelin de Raucourt Fine Arts

Dessin, Aquarelle & Pastel Renaissance

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