Par Franck Baptiste Paris
Rare vase de forme balustre à couverte céladon pâle avec un très beau décor d’oiseau perché sur un arbuste fleuri, réalisé en bleu de cobalt et rouge de fer sous glaçure et rehaussé d’émaux blancs pour les pétales de chrysanthèmes.
Il est monté en pot-pourri à l’aide d’une monture en bronze finement ciselé et doré au mercure comprenant un socle circulaire à frise de feuilles d’eau, un col à frise godronnée encadré de deux anses latérales et un couvercle à décor rayonnant ajouré surmonté d’une prise en forme de pomme de pin.
Très bel état de conservation, dorure d’origine.
La porcelaine, Chine, début du règne de l’empereur Qianlong (1735-1796)
La monture en bronze, travail d’un marchand mercier , Paris, époque Louis XVI vers 1780.
Dimensions:
Hauteur : 32 cm ; Largeur : 15 cm
Une paire de vases similaires par la forme , le décor et la grandeur, avec une monture transition Louis XV-Louis XVI est conservée au musée ...
... des beaux arts de Dijon.
Notre avis :
Les porcelaines céladon, imitant la prestigieuse pierre de jade, comptaient parmi les productions orientales les plus recherchées et les plus onéreuses au XVIII? siècle. Leur teinte douce et profonde, évoquant les jades anciens chinois prisés par les lettrés et la cour impériale, fascinait tout particulièrement les amateurs européens ainsi que les marchands-merciers parisiens.qui est issu des fours impériaux de Jingdezhen, se distingue par un caractère tout à fait exceptionnel. Son décor sous glaçure associant le bleu de cobalt à un remarquable rouge de fer, rehaussé d’émaux blancs en léger relief, demeure d’une très grande rareté sur une couverte céladon. Il témoigne de la maîtrise technique extraordinaire des potiers chinois, tant l’équilibre entre la translucidité de la couverte, l’intensité des oxydes et la précision des rehauts émaillés exigeait une parfaite connaissance de la cuisson.
Importé en France, ce vase fut ensuite monté à Paris sous l’impulsion d’un marchand-mercier, probablement pour une clientèle aristocratique de tout premier rang. La qualité particulièrement raffinée de la monture en bronze ciselé et doré, notamment la finesse de la frise de feuilles d’eau, la précision du décor ajouré et l’élégance de la prise en pomme de pin, suggère l’intervention d’un grand bronzier parisien habitué aux commandes les plus luxueuses de la seconde moitié du XVIII? siècle.
L’iconographie de quelques montures sur des vases identiques connus, notamment les anses prenant parfois la forme de sirènes, de tritons ou de dauphins, ainsi que l’usage récurrent de la frise de feuilles d’eau (Vase céladon du Musée du Louvre N°inv OA5497), invitent à rapprocher cette production de l’œuvre de Pierre Gouthière (1732-1813), maître incontesté du bronze doré sous Louis XVI.