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Une portefeuille Louis XVI en cuir rouge marocain
Une portefeuille Louis XVI en cuir rouge marocain - Objets de Curiosité Style Louis XVI
Réf : 88015
4 200 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Cuir rouge marocain avec un outillage doré
Dimensions :
l. 29.5 cm X H. 22.5 cm
Richard Redding Antiques
Richard Redding Antiques

Pendules et objets d'art d'exception XVIIe-XIXe siècle


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Une portefeuille Louis XVI en cuir rouge marocain

Important portefeuille Louis XVI en cuir rouge marocain avec un outillage doré dans le style de Pierre-Joseph Bisiaux appartenant à l'origine à Joseph Duruey, embossé sur le devant inférieur en lettres dorées M. DURUEY ADMINISTRATEUR DU TRESOR ROYAL et estampé sur la plaque ovale de l'écusson avec les armoiries de la famille Duruey. De contour rectangulaire, le volet frontal est centré par un écusson ovale en argent gravé portant les armoiries de la famille Duruey dans une bordure décorative, le cuir rouge est orné sur le devant et le dos d'une bordure courante dorée et ouvragée composée d'une bande enlacée et sinueuse à motifs floraux et feuillagés, avec des écoinçons floraux et feuillagés à chaque coin, l'intérieur étant divisé en plusieurs sections doublées de cuir vert doré. Accompagné de sa clé d'origine

PROVENANCE
Anciennement dans la collection de Joseph Duruey, administrateur du Trésor royal (1741-1794).
De là, une collection privée ...

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... européenne.
Vendu par Christie's Paris, le 2 juin 2005, lot 180.
Jusqu'à récemment dans une collection privée, Suisse.

Paris, vers 1790
Hauteur 22,5 cm, largeur 29,5 cm.

Avec son cuir rouge marocain, finement travaillé avec des bandes dorées et portant à la fois l'écusson Duruey sur l'écusson en argent ainsi que le nom et le rôle de Joseph Duruey en tant qu'administrateur du Trésor royal sous le roi Louis XVI, ce portefeuille délicat revêt une importance historique significative. Malheureusement, comme le roi, Duruey a été l'une des nombreuses victimes de la Révolution française lorsqu'il a été guillotiné à Paris le 18 mars 1794. Reconnaissant son importance, sa famille aurait soigneusement conservé le portefeuille qui témoigne de son rôle dans le maintien des finances royales pendant la dernière partie du règne de Louis XVI.

Petit-fils d'Edmé Duruey, cocher du duc de Mecklembourg et fils de Pierre Duruey et de son épouse Anne d'Anne Nicole Loignon de Beaupré, Joseph Duruey est né à Paris le 20 décembre 1741 et y a été baptisé trois jours plus tard. En 1781, il est nommé secrétaire du Roi, puis en 1783 Général des Finances de la Généralité de Poitiers. Il est ensuite nommé en 1787 à la cour de Versailles comme trésorier des affaires étrangères et banquier de la cour. De 1787 à 1792, il est directeur de la Caisse d'Escompte et, en 1790, il est nommé administrateur du Trésor royal, comme le décrit le présent portefeuille.

En juillet 1767, Joseph Duruey épouse Jeanne Morin avec laquelle il aura deux filles. En 1790, l'année même où il est nommé trésorier royal, lui et sa femme achètent le château de Mortefontaine dans l'Oise, mais après son exécution en 1794, il est confisqué par l'État et est ensuite acquis quatre ans plus tard par Joseph Bonaparte, frère du premier consul.

Duruey aurait pu éviter l'exécution s'il n'avait pas été découvert qu'il avait aidé Louis XVI dans son projet d'exil. En 1791, le roi informe Duruey de ses projets et celui-ci lui prête la somme de 3 200 000 livres. Au départ, lorsque les tentatives du roi ont été avortées, la part de Duruey dans le plan n'a pas été révélée. Cependant, une cachette dans les appartements du roi au Palais des Tuileries a ensuite été découverte, dans laquelle se trouvait la correspondance entre le roi et Duruey, Mirabeau et bien d'autres qui ont tous été par la suite reconnus coupables par le gouvernement révolutionnaire.

La bordure décorative dorée est très proche de l'œuvre de Pierre-Joseph Bisiaux (c. 1750-1811) qui était l'un des principaux relieurs parisiens à la fin du XVIIIe siècle. Parmi les bordures presque identiques figurent deux livres reliés en peau de chèvre noire de Bisiaux au British Museum de Londres, l'un étant un exemplaire de "Hesiodi Ascraei quæcumque exstant, Græce et Latine, ex recensione J. Clerici, cum ejusdem animadversionibus" de Hesiod et l'autre "Della risurrettione de' morti, tradotto...da Girolamo Falet" d'Athenagoras Atheniense. Reçu comme maître en mai 1777, Bisiaux travaille pour la comtesse du Barry, Pierre Caron Beaumarchais ainsi que pour le libraire et éditeur Antoine-Augustin Renouard. Bisiaux et son rival Bradel l'aine (fl.1770-1795) ont été des leaders dans leur métier pendant la période de transition de la Monarchie au Directoire. Il est surtout connu pour ses bordures de style néo-classique qu'il appelait lui-même "anglais". Pour cela, il avait de nombreuses roues ornées (comme des dessins de feuillages stylisés ou des figures géométriques), de différentes largeurs, qu'il utilisait séparément ou en combinaison. Au cours de sa carrière, il s'établit place Maubert, à l'enseigne du Mont-Saint-Michel, 1777-87, puis vers 1787 au 32 rue du Foin, au 1 rue des Carmes 1799-1801 et enfin au 12 rue Contrescarpe, 1801-11.

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