Par Galerie Philippe Guegan
D'après l'antique
Buste en hermès d’un athlète de type polyclétéen dite tête de jeune Hercule de la villa dei Papiri. (MANN, inv. 5610)
Bronze à patine noire, socle en marbre blanc
Naples, fin du XIXe siècle
L’original de cette tête en bronze, découvert en mai 1752 à Herculanum lors des fouilles de la Villa des Papyrus, est aujourd’hui conservé au Musée archéologique national de Naples (MANN, inv. 5610). Anciennement interprétée comme un portrait de Sylla, cette tête est aujourd'hui connue sous le nom de tête idéale, dite d'Hercule.
Enfouie sous plus de vingt mètres de dépôts volcaniques, la cité d’Herculanum commence à être redécouverte au début du XVIIIe siècle, en 1709 lorsque le prince d’Elbeuf entreprend des fouilles privées sur sa propriété de Granatello. En 1738, sous le règne de Charles VII de Bourbon, l’ingénieur militaire espagnol Roque Joaquín de Alcubierre (1702-1780) engage des fouilles systématiques pour le compte ...
... de la Couronne, et la découverte, la même année, d’une inscription identifiant le théâtre antique permet de reconnaître officiellement le site comme l’ancienne Herculanum.
À partir des années 1750, l’exploration de la Villa des Papyrus révèle un ensemble exceptionnel de bronzes et de marbres, formant l’une des plus importantes collections de sculptures antiques jamais découvertes dans une demeure romaine. Soucieuses avant tout d’extraire les œuvres destinées aux collections royales, les fouilles négligent souvent le contexte de leur découverte. Les têtes en bronze sont détachées de leurs supports de maçonnerie, tandis que les éventuelles inscriptions ou identifications peintes sur ces derniers sont abandonnées sur place. Cette perte d’informations explique que l’identité de nombreux portraits de la Villa des Papyrus reste aujourd’hui inconnue.
Ces bronzes sont envoyés à la Fonderie royale de Portici où ils sont restaurés sous la direction du sculpteur romain Giuseppe Canart (1713-1791). Les interventions comprennent le remontage des fragments, la restitution de certaines parties manquantes et la reprise des surfaces. Ainsi les bronzes provenant d’Herculanum reçoivent généralement une patine brun foncé à noire, tandis que ceux de Pompéi sont présentés avec une patine verte. Lors de leur remontage, plusieurs têtes sont légèrement inclinées vers l’avant, conformément au goût du XVIIIe siècle et à la présentation alors en usage pour les portraits modernes.
Cette fonte reproduit donc la tête dite d'Hercule de la Villa des Papyrus dans l'état où elle fut restaurée puis présentée au Museo Ercolanense, aménagé à partir de 1758 dans le palais royal de Portici, résidence d'été des Bourbons. Le montage sur piédouche, l'inclinaison du visage et la patine sombre correspondent aux choix de restauration de l’époque bourbonienne, et témoignent d'une lecture de l'Antiquité élaborée au XVIIIe siècle, qui se perpétue et se diffuse auprès des amateurs et collectionneurs du XIXe siècle.
Bibliographie : The Presentation of Bronzes from Herculaneum and Pompeii by Carol C. Mattusch, in The restauration of ancient bronzes, Naples and beyond. The J.Paul Getty Museum, Los Angeles, 2013.
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