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Siège à dossier de lyre ajouré
Siège à dossier de lyre ajouré - Sièges Style
Réf : 126130
18 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
Italie
Materiaux :
Bois sculpté et doré
Dimensions :
l. 56.5 cm X H. 85 cm X P. 61.5 cm
Sièges Fauteuil & Bergère - Siège à dossier de lyre ajouré
Galerie Léage
Galerie Léage

Mobilier et objets d'art du XVIIIe siècle


+33 (0)1 45 63 43 46
Siège à dossier de lyre ajouré

Probablement Italie, dernier quart du XVIIIe siècle
Bois sculpté et doré

Exemples comparables :
- Fauteuil italien, fin du XVIIIe siècle, site de vente aux enchères 1st DIBS
- Fauteuil italien (Gênes), fin du XVIIIe siècle, Gênes, Palais Royal
- Giuseppe Sartorio, Tabouret, 1791, Palerme, Oratorio del Santissimo, Rosario in Santa Cita
- Giuseppe Sartorio, Fauteuil, 1791, Palerme, Oratorio del Santissimo, Rosario in Santa Cita
- Fauteuil italien (Toscane), vers 1825, collection particulière
- Georges Jacob, Paire de voyeuses réalisée pour Monsieur de Septeuil, premier valet de chambre du Roi, époque Louis XVI, collection particulière
- Georges Jacob, Bergère à décor de tête d’aigle, époque Louis XVI, collection particulière
- Fauteuil italien, fin du XVIIIe siècle, collection particulière
- Fauteuil italien, fin du XVIIIe siècle, collection particulière


Ce fauteuil, travaillé en bois doré, présente un dossier bas ajouré composé d’une ...

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... lyre dont chaque anse prend la forme d’un aigle, dont l’extrémité supérieure est la tête. La partie inférieure, quant à elle, se termine en volute, le tout reposant sur un mince socle rectangulaire orné d’une frise de canaux. Le dossier est relié aux montants postérieurs par des chaînes sortant des becs des aigles et décorées de perles de bois doré. Ces montants, en forme de colonnes cannelées, sont surmontés de cubes ornés de rosaces et sommés d’une pomme de pin.
Les accotoirs, droits et cannelés, sont reliés aux montants du dossier au niveau des cubes. Une feuille d’acanthe vient orner la liaison entre les deux. Un second dé de raccordement est présent sur la partie antérieure des accotoirs, reprenant le même répertoire décoratif. Les consoles d’accotoirs, également cannelées, sont cubiques et légèrement incurvées vers l’avant.
La ceinture est décorée d’une large frise de postes, ponctuée à chaque angle d’un dé de raccordement, ornée d’une rosace de fleur de marguerite sur chaque face. Ces dés surmontent une bague rectangulaire, agrémentée sur les pans frontaux d’une guirlande de laurier. L’ensemble repose sur quatre pieds en carquois cannelés, qui se terminent par une bague rectangulaire en cartouche posés sur des sabots cubiques.


Un siège néoclassique italien
Ce fauteuil, associant un répertoire d’ornements issu de l’antiquité à une forme générale simplifiée, s’inscrit pleinement dans l’esthétique néoclassique en vogue dans les dernières années du XVIIIe siècle. L’Italie, avec ses vestiges étrusques, grecs et romains, représenta naturellement l’un des terrains les plus fertiles au développement du néoclassicisme. Les fouilles archéologiques menées à Pompéi et Herculanum à partir de 1738, et les recensions qu’en font les artistes et les théoriciens dès le milieu du XVIIIe siècle entraînent le regard des ornemanistes et des hommes de goût vers l’Antiquité. Dès 1750, le pape Benoit XIV (1675- 1758) donne une grande impulsion à l’étude et la conservation des monuments antiques en créant le musée égyptien. À cette époque, artistes, hauts dignitaires, hommes de culture, tous se rendent en Italie pour mieux connaître l’Antiquité. Accablés par leur société qu’ils jugeaient corrompue et décadente, les philosophes des Lumières se mettent à la recherche d’une civilisation idéale et se tournent également vers Rome et la Grèce. Le néoclassicisme apparaît alors comme l’expression de ces aspirations. Les structures sont épurées, les courbes remplacées au profit des lignes droites, et les formes géométriques dominent dans la structure des meubles.
En France, après avoir connu plusieurs évolutions depuis les années 1760, marquées par un style « triomphant » de 1770 à 1778 puis une esthétique plus légère au début des années 1780, il aboutit à un goût plus sévère dans les dernières années de l’Ancien Régime. Les formes épurées sont alors associées à des ornements suivant le modèle antique de manière plus servile. L’Italie, à proximité des vestiges antiques, est naturellement sensible à cet esprit. Les provinces limitrophes de la France, telles les régions de Turin, Parme et Gênes, comptent alors parmi les centres les plus ouverts aux formes néoclassiques développées dans le mobilier français. À partir de 1748, le duché de Parme passant à Philippe de Bourbon (1720-1765), futur Philippe Ier et époux de Louise-Elisabeth de France (1727-1759), fille aînée de Louis XV, connaît une importance de premier ordre dans les échanges entre les deux pays. Afin de réaménager le palais, le duc fit venir de Paris de très nombreuses pièces de mobilier et appela l’architecteEdmond-Alexandre Petitot (1727-1801), le sculpteur Marc Vibert et les ébénistes Michel Poncet, Jean-François Drugman ou Nicolas Yon. Sous leur impulsion, se forma un important groupe d’artisans locaux, d’un très haut niveau technique, qui diffusa le style Louis XV puis le néoclassicisme prôné par Petitot, et réaffirmé à l’École de dessin et d’architecture fondée en 1765. D’autres villes comme Florence ou Palerme furent également sensibles à l’influence du modèle français.
Bien que ce siège présente des pieds cannelés surmontés d’un cube orné d’une rosace, caractéristiques des sièges Louis XVI français, son esthétique le rattache vraisemblablement aux créations italiennes réalisées à la même époque. Ses lignes puissantes et simplifiées, à l’assise large reposant sur des pieds à section carrée, ses accotoirs cannelés et cubiques, et son vocabulaire néoclassique peuvent en effet être comparés à plusieurs sièges créés à Gênes, Palerme ou Florence dans les dernières années du XVIIIe siècle. Le motif très particulier de frise de poste ornant les traverses de l’assise, au mouvement ample se terminant en volute, peut en particulier être rapproché de celui d’un ensemble de quatre fauteuils en bois argenté conservés en collection particulière.

Le motif de lyre
La lyre est un instrument de musique à cordes dont jouaient les Grecs de l’Antiquité. Inventé par Hermès qui l’offrit ensuite à Apollon, ce dernier devint alors le joueur de lyre par excellence. Cet instrument devient naturellement l’un des attributs de ce dieu associé à l’art et à la musique. Trouvant sa source dans le répertoire antique, le motif de lyre connaît un certain succès en France dans le mobilier des dernières années de l’Ancien Régime. Le menuisier Georges Jacob livre alors pour la maison royale plusieurs sièges associant ce motif. En 1788, il livre ainsi une suite de voyeuses à dos de lyre au comte d’Artois, pour le salon de musique de Bagatelle, une paire de voyeuses apparentées à Jean-Baptiste Tourteau de Septeuil, premier valet de chambre du Roi de 1779 à 1792, et un ensemble de trois canapés à dos de lyre pour le Comte de Provence à Versailles.
Le traitement ajouré de ce motif sur le fauteuil étudié ici peut être comparé à celui d’un ensemble de fauteuils et bergères présentant les mêmes éléments, qui était autrefois rapproché des commandes de la reine Marie-Antoinette à Saint-Cloud en raison du motif des têtes d’épagneuls.

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