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Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle
Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle - Objet de décoration Style Renaissance Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle - Dei Bardi Art Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle - Renaissance
Réf : 126444
6 800 €
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Italie, Venise
Materiaux :
Marbre vert; bronze
Dimensions :
H. 26 cm | Ø 21.5 cm
Objet de décoration Cassolettes, coupe et vase - Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle XVIe siècle et avant - Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle
Dei Bardi Art
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Sculptures et objets d'art Haute Epoque et Renaissance


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Pot Renaissance à décor godronné - Venise, XVIe siècle

Pot à décor godronné

Marbre vert veiné; bronze
Venise, XVIe siècle

H 26 cm; D 21,5 cm


Élégant pot couvert sculpté dans un marbre vert veiné aux nuances profondes — vraisemblablement un verde antico ou une variété apparentée —, caractéristique des productions lapidaires vénitiennes de la Renaissance. Ce type de marbre, prisé depuis l'Antiquité pour ses qualités chromatiques et sa rareté relative, conférait à l'objet une valeur symbolique autant que matérielle : posséder une telle pierre, c'était afficher sa connaissance du monde antique et sa capacité à en mobiliser les ressources.
Le corps ovoïde repose sur un petit piédouche circulaire et se développe en puissants godrons verticaux, conférant à l'ensemble une remarquable vigueur plastique. Cette ornementation godronnée, héritée du répertoire de l'orfèvrerie antique et médiévale, connut un renouveau décisif à la Renaissance italienne, notamment dans le sillage des vasi dessinés ...

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... par Raphaël, Giulio Romano ou encore diffusés par les recueils de Serlio. Appliquée ici au marbre, elle témoigne d'une translation formelle entre l'art du métal et celui de la pierre dure, témoignant de la porosité des techniques dans les ateliers vénitiens du Cinquecento.
Deux anses latérales en enroulement équilibrent la composition et soulignent la symétrie architecturée de la forme. Leur profil en volute évoque autant l'anse des amphores grecques que celle des brocche en bronze contemporaines, inscrivant l'objet dans un dialogue constant entre sources antiques et production artisanale du temps.
Le couvercle reprend le rythme godronné dans une version rayonnante — interprétation en ombrelle inversée — et s'achève par une prise en bronze doré tournée en forme de balustre. Cet élément métallique, dont le galbe rappelle les montants des balustrades architecturales vénitiennes, introduit un contraste de matière et de couleur soigneusement calculé. Le dialogue entre le bronze et le marbre n'est pas fortuit : il renvoie à une pratique courante des pietrari vénitiens consistant à rehausser les pièces lapidaires de montures métalliques, à l'instar des productions de pierres dures montées en argent ou en or conservées dans les trésors princiers d'Europe.
L'alternance entre surfaces polies, godrons sculptés en relief et jeux naturels du veinage anime la matière d'effets picturaux particulièrement recherchés dans l'art du marbre vénitien. Cette sensibilité au pittoresco de la pierre — concept qui sera théorisé plus tard mais déjà pleinement opérant dans la pratique — traduit l'influence de la tradition picturale vénitienne elle-même, où la couleur et la matière comptent autant que le dessin.
Venise occupa, aux XV? et XVI? siècles, une place majeure dans le travail des pierres dures grâce à ses échanges privilégiés avec l'Orient et à l'abondance de marbres précieux transitant par son port. La ville constituait un nœud de redistribution essentiel pour les marbres en provenance de Grèce, d'Asie Mineure et d'Égypte, permettant à ses artisans — les tagiapiera, sculpteurs et tailleurs de pierre — d'accéder à une diversité de matériaux sans équivalent dans la péninsule.
Destinés à orner cabinets, studioli ou tables de parade, ces vases et pots couverts répondaient au goût humaniste pour les formes antiques réinterprétées dans un langage pleinement renaissant. Ils s'inscrivent dans la catégorie des oggetti di virtù, ces objets précieux qui, placés dans les espaces de représentation de la noblesse et de la grande bourgeoisie marchande, signalaient l'érudition de leur propriétaire, sa familiarité avec l'Antiquité et son statut social. Les collections d'Este, Gonzaga ou Médicis en conservaient des exemples comparables, souvent catalogués dans les inventaires sous la désignation générique de vaso di pietra.
Là où les Florentins développèrent l'incrustation polychrome (commesso), les pietrari vénitiens excellaient dans la sculpture monolithique — tirer d'un seul bloc de matière une forme complète, comme votre pot en témoigne. C'est une démarche plus proche de la sculpture au sens classique.
Le Museo Correr de Venise, qui conserve notamment une importante collection de petits bronzes vénitiens et padouans de la Renaissance, documente bien ce goût local pour les objets de petite sculpture destinés à une élite de collectionneurs cultivés, unis par le goût de l'Antiquité.
La présence de ce type d'objet dans un contexte vénitien invite également à s'interroger sur les commanditaires potentiels : patriciat marchand soucieux d'afficher une culture all'antica, ou collectionneurs liés aux cercles humanistes gravitant autour de l'Académie aldine ou des grandes familles Corner, Grimani et Barbaro, dont les goûts antiquaires sont bien documentés.
C'est l'une des leçons majeures de la grande exposition Art of the Royal Court organisée au Metropolitan Museum en 2008 : la tradition des pietre dure se nourrit constamment de circulations formelles entre l'orfèvrerie, la sculpture architecturale et le mobilier précieux, les mêmes motifs voyageant d'une discipline à l'autre selon les besoins du commanditaire. Destinés à orner cabinets, studioli ou tables de parade, ces vases et pots couverts s'inscrivent dans la catégorie des oggetti di virtù, objets précieux qui, placés dans les espaces de représentation de la noblesse et de la grande bourgeoisie marchande, signalaient l'érudition de leur propriétaire, sa familiarité avec l'Antiquité et son statut social. Les collections d'Este, Gonzaga ou Médicis en conservaient des exemples comparables, souvent catalogués dans les inventaires sous la désignation générique de vaso di pietra.
Ce pot vénitien, par la sobriété de sa forme, la noblesse de sa matière et la précision de sa monture, représente l'un des témoignages les plus éloquents de ce goût humaniste pour les formes antiques réinterprétées dans un langage pleinement renaissant — un dialogue silencieux entre la Rome des Césars et la Venise des Doges.

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Cassolettes, coupe et vase Renaissance

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