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Paire de vases en porcelaine du Japon, vers 1680
Paire de vases en porcelaine du Japon, vers 1680 - Céramiques, Porcelaines Style Louis XIV Paire de vases en porcelaine du Japon, vers 1680 - Franck Baptiste Paris Paire de vases en porcelaine du Japon, vers 1680 - Louis XIV Antiquités - Paire de vases en porcelaine du Japon, vers 1680
Réf : 109379
VENDU
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
Japon-Arita
Materiaux :
Porcelaine, bronze
Dimensions :
l. 11 cm X H. 20 cm
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Franck Baptiste Paris
Franck Baptiste Paris

Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


+33 (0)6 45 88 53 58
Paire de vases en porcelaine du Japon, vers 1680

Rare paire de caisses à fleurs de forme quadrangulaire en porcelaine du Japon.
Trés beau décor de type « Kakiemon », réalisé sur couverte avec des émaux translucides bleus, rouges, verts et roses délicatement rehaussés d’or.
Chaque faces présente soit un décor européen, avec un oiseau perché sur une branche fleurie, soit un décor asiatique, avec un panier d’ou émergent un abricotier du Japon et un pin parasol sur lequel est perché un phénix.
Une petite pousse de bambou devant le panier nous indique que le thème asiatique choisi est celui des trois amis de l’hiver.*

Les deux caisses arborent une monture en bronze doré constituée d’une cornière surmontée de quatre bobèches dans les angles en partie haute et d’une cornière en partie basse soutenue par quatre pieds toupies.

Très bel état de conservation.

Japon, fours d’Arita, préfecture de Saga vers 1680 pour la porcelaine.

Hollande, région de La Haye vers 1680-1700 pour le ...

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... décor Kakiemon** à l’iconographie européenne comprenant des émaux roses de type « Pourpre de Cassius ».*** et pour la monture en bronze.

L’ensemble probablement importé, décoré, monté et commercialisé par l’intermédiaire de la compagnie des Indes Hollandaises (VOC).


Dimensions : Hauteur : 20 cm ; Largeur par coté : 11 cm

* Les trois amis de l'hiver, également connus sous le terme les trois amis du froid, ou encore Suihan Sanyou, font référence aux trois plantes suivantes: le pin, le bambou et l'abricotier du Japon.
Chaque année, alors que l’hiver approche, la plupart des plantes commencent à dépérir mais ce n'est pas le cas de ces trois végétaux, ce qui leur vaut cette appellation « d’amis de l’hiver » en Asie.
Ils incarnent à eux trois les vertues de persévérance, d'intégrité et de modestie.
Souvent représentés ensemble, on retrouve ce groupe porte-bonheur "shôchikubai" sur les décorations traditionnelles du nouvel an ou les kimonos de mariage au Japon.
Ils sont très respectés en tant que tels dans le confucianisme, car ils représentent les qualités primordiales de l'homme lettré et symbolisent aussi la longévité et même l’immoralité, tout comme le Phénix présent sur nos vases.


** « Kakiémon » est tiré du nom du potier japonais qui a mis en avant l’art de l’émaillage, Sakaida Kakiémon. Les premières porcelaines à motif Kakiémon ont été fabriquées dans les ateliers d’Arita dans la préfecture de Saga au milieu du XVIIe siècle. Ces lieux sont actuellement classés comme des sites historiques nationaux au Japon. Aussi, cette technique artisanale est considérée comme un des patrimoines culturels japonais. Ce style décoratif est fait en général sur un arrière-plan blanc laiteux, nommé nigoshide en japonais. Ce fond accentue la délicatesse et le raffinement des porcelaines. Les dessins composants le motif sont structurés de manière asymétrique. Ils gardent cependant une certaine forme d’équilibre et d’harmonie. La plupart des images composées sont typiques de la culture nippone : chrysanthème, abricotier du Japon, bambou, cailles…

*** Les émaux roses sont inconnus au 17ème siècle en Asie et sont une des seules innovations européennes dans le domaine de la porcelaine.
Ils s’obtiennent par la cuisson au petit feu (800 degrés) d’un piment minéral pourpre obtenu par la réaction chimique du trichlorure d’or avec l’étain.
Le pigment était déja utilisé pour la coloration des verres en Allemagne, mais c’est le chimiste Andréa Cassius (1605-1673) qui donnera son nom « Pourpre de Cassius » au pigment.
A la suite de sa publication, des ateliers de faïencerie hollandais réaliseront les premiers décors avec émaux roses sur des porcelaines blanches importées d’Asie car la technique de fabrication de la porcelaine n’était pas encore connue en Europe.
Ce décor rose uniquement réalisé en Hollande sera un must rare et trés recherché avant qu’un jésuite ne livre le secret de fabrication en 1719 à la cour de l’empereur de Chine Yongzhen .
Cette date signera la naissance des porcelaines chinoises de la famille rose qui inonderont l’Europe tout au long du 18 ème siècle.


Notre avis :

La glaçure fondante, laiteuse et légèrement granuleuse de nos vases ne laisse aucun doute sur l’origine japonaise de nos porcelaines qui étaient à l’origine des bouteilles à saké quadrangulaires.
Ce type de récipient est caractéristique des fours d’Arita et fût importé en Europe par la compagnie des Indes Hollandaises à une époque où le commerce chinois était à l’arrêt en raison de troubles politiques consécutifs à la chute de la dynastie Ming.
Alors que la demande battait son plein, le Japon demeurait l’unique source capable de fournir la précieuse matière mais le pays refusait tout commerce avec les européens à l’exception des Hollandais.
Si la production japonaise était de qualité supérieure, elle était aussi beaucoup plus onéreuse et vendue au compte goutte.
De ce fait, la porcelaine était à cette époque collectionnée comme un objet d’art et détournée de son usage utilitaire.
C’est pourquoi nos deux bouteilles furent tronçonnées et transformées en vases avant de recevoir un décor issu des dernières avancées technologiques européennes.
La connaissance parfaite du décor Kakiemon japonais et la maitrise parfaite des artisans de Delft pour le décor ont permis de telles réalisations.
Il faut imaginer le coup de revient exorbitant de nos vases, qui ont nécessité l’achat de la porcelaine en Asie, puis son transport en bateau avant une deuxième cuisson à petit feu pour les émaux et l’application d’un décor final à l’or de type « Kirande » avant de recevoir la touche finale avec une monture en bronze qui soignait la présentation et permettait de dissimuler les coupes de la porcelaine.
Ces pièces sont trop souvent confondues avec des surdécorations tardives du 19 ème, à l’instar de la porcelaine blanche de Sévres qui fût massivement surdécorée au 19 ème siècle.
Le décor d’émaux roses sur une porcelaine japonaise annonce pourtant de facto une pièce de qualité princière produite à la fin du règne de Louis XIV, antérieurement à la création des premières pièces de la famille rose en Chine.
Elles sont aujourd’hui de la plus grande rareté.
Le musée Ashmolean d’Oxford conserve une bouteille proche, issue des fours d’Arita et décorée en Europe avec ces mêmes émaux roses.

Franck Baptiste Paris

Céramiques, Porcelaines