Par Franck Baptiste Paris
Rare paire de pots-pourris en porcelaine blanc de Chine et bronze finement ciselé et doré au mercure.
Les corps tripodes s’inspirent des brûle-parfums archaïques en bronze de type Ding. Ils reposent sur trois pieds ornés de masques et sont agrémentés d’un décor moulé et appliqué de frises de ruyi stylisées, d’anneaux, ainsi que de deux dragons chi formant les anses latérales. L’ensemble est enrichi d’un subtil décor incisé sous couverte de lignes et de frises de grecques (leiwen).
Les bouchons sont surmontés de chiens de Fô, ils sont porcelaine réticulée à décor ajouré de fleurs de lotus finement incisées.
Les brûle-parfums ont été adaptés à la fin du XVIII? siècle par une monture en bronze finement ciselé et doré au mercure, composée d’une galerie ajourée à motif de losanges, encadrée d’un cerclage délicatement guilloché.
Les porcelaines, province du Fujian, fours de Dehua, règne de l’empereur Kangxi (1661–1722).?La monture ...
... en bronze, à double patine et deux ors, a été réalisée à Paris vers 1780.
Parfait état de conservation, sans accident.
Dimensions:
Hauteur : 20 cm ; Largeur : 16 cm ; Profondeur : 12 cm
Un exemplaire similaire, mais dépourvu de son bouchon d’origine, est conservé au musée de la porcelaine de Dehua (Chine).
Bibliographie:
« Blanc d’étoiles. Porcelaines de Dehua, des Ming aux Qing », sous la direction de Zheng Yongsong, éditions Lienart.
Notre avis:
Un brûle-parfum très proche est présenté dans l’ouvrage cité ci-dessus, où il fait l’objet d’une analyse détaillée, accompagnée d’une étude approfondie de l’iconographie du dragon chi. Celle-ci confirme sans ambiguïté l’attribution de ce type de production aux fours de Dehua. Les caractéristiques formelles du motif, corps modelé d’un seul tenant, traitement en ronde-bosse ou en léger relief etélégance du modelé, correspondent parfaitement aux productions identifiées de ce centre.
La présente paire doit en outre son extrême rareté à la conservation de ses bouchons réticulés d’origine, éléments particulièrement fragiles et le plus souvent disparus. L’ensemble est complété par un montage en bronze ciselé et doré d’une grande finesse, réalisé à Paris sous le règne de Louis XVI, témoignant du goût raffiné et du savoir-faire des bronziers parisiens de la fin du XVIII? siècle.
La réunion de ces œuvres en paire, conservées avec leurs bouchons ajourés d’origine et dotées d’un montage ancien de grande qualité, constitue un ensemble d’une rareté tout à fait exceptionnelle.