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Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums
Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums - Arts d Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums - Alexandre Hougron Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums - Antiquités - Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums
Réf : 87074
VENDU
Époque :
XIXe siècle
Provenance :
Chine
Materiaux :
Émaux cloisonnés
Dimensions :
L. 23 cm
Arts d XIXe siècle - Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums  - Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums Antiquités - Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums
Alexandre Hougron
Alexandre Hougron

Art d'Asie


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Paire d'oies en émaux cloisonnés chinois formant brûle-parfums

Paire de brûle-parfums en émaux cloisonnés représentant un couple d'oies, les ailes composant le couvercle du brûle-parfum, le bec et les pattes réservés en bronze doré, la crête rouge. Chine, 19ème siècle.

L'oie était dans l'ancienne Chine un symbole de fidélité conjugale - les Chinois ayant remarqué que les oies une fois en couple ne se séparent plus - aussi les représentait-on le plus souvent par deux dans une posture différente comme la présente paire pour symboliser le dimorphisme sexuel, le jars la tête dressée et l'oie la tête inclinée en position de soumission (leçon indirecte adressée à la femme chinoise commençant sa vie d'épouse puisque les représentations de couples d'oies étaient offertes lors des mariages).

Leur plumage est ici traité de manière non réaliste puisque figurant des motifs inspirés des bronzes archaïques chinois. La représentation d'oiseaux tels que les canards ou les oies, chaque fois associés au souhait du mariage ...

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... heureux, apparaît d'abord à travers des bronzes brûle-parfums sous la dynastie Han (de -206 à + 220), période de stabilité politique et de mise en place du système des fonctionnaires, les fameux "mandarins", support de la structure impériale, puis c'est sous la dynastie Ming (1368-1644) qu'ils sont figurés en émaux cloisonnés comme cadeaux de mariage fastueux - les cloisonnés ont toujours été coûteux et difficiles à fabriquer - aux jeunes mariés de la nouvelle caste montante des marchands. Enfin sous la dynastie des Qing (1644-1912), ils connaissent un grand succès au 18ème siècle sous la forme de cloisonnés avec marque impériale pour décorer les appartements des femmes dans les palais de l'empereur Qianlong (1736-1795), dans une parfaite équivalence des volières factices ou réelles de l'aristocratie européenne. Leur fonction de brûle-parfums semble alors secondaire par rapport à leur fonction décorative et c'est pourquoi ils revêtent des émaux cloisonnés toujours plus somptueux rehaussés de riches dorures.

La présente paire s'inscrit dans cette tradition et fut sans doute destinée à être un présent de mariage en Chine. Le traitement des émaux sur fond turquoise et les motifs archaïsants de dragons stylisés sont caractéristiques de la fin de la dynastie Qing et plus précisément des cloisonnés fabriqués sous le règne de l'empereur Guangxu (1875-1908). Un chiffre (24) a été estampé en creux au moyen d'un poinçon sous les pattes de l'oie : il s'agit probablement d'une marque apposée par un commerçant européen, et ce, peut-être peu de temps après la fabrication de l'objet, puisque parmi les articles chinois qui arrivaient en grand nombre depuis le port de Canton vers les ports européens, il y avait déjà des émaux cloisonnés chinois. Invention chinoise qui nécessitait un travail laborieux dans des fours qui étaient souvent les mêmes que ceux utilisés pour la cuisson de la porcelaine, les cloisonnés restèrent toujours un produit que les Chinois se réservaient et qu'ils ne destinèrent pour ainsi dire pas, à la différence de la porcelaine, à l'exportation.

Cela changea toutefois à partir de l'intrusion forcée des Européens au 19ème siècle et de leur prise de contrôle croissante du territoire chinois à partir de 1860 (Seconde Guerre de l'Opium et Sac du Palais d'été) car dès ce moment de plus en plus d'articles d'abord non destinés à l'exportation se rencontrèrent dans les navires de la Compagnie des Indes à destination de l'Europe : c'est ainsi que les Occidentaux découvrirent les jades, les laques et les cloisonnés chinois, dont sans doute la présente et charmante paire d'oies brûle-parfums.

Alexandre Hougron

Arts d'Asie