Par ClassicArtworks Stockholm
Tableaux anciens et arts scandinaves des XIXe et XXe siècles
OSKAR BERGMAN (1879–1963) Suède
BAGGENSFJÄRDEN, STOCKHOLM, 1922
signé et daté en bas à droite
crayon sur papier
non encadré 18 × 26.5 cm (7.1 × 10.4 in)
encadré 23.5 × 32 cm (9.3 × 12.6 in)
Provenance :
La fille de l’artiste, Ingrid Bergman ;
Britt et Björn Gustavsson, Stockholm ;
acquis par nous en 2025.
Rapport de condition
Le dessin est en très bel état. La feuille semble bien conservée, sans déchirures, manques ni décoloration notable. La surface présente une tonalité fraîche et homogène, et le graphite demeure net et stable. L’œuvre a récemment été équipée d’un nouveau verre de musée offrant une protection de 92 % contre les ultraviolets ainsi qu’une surface antireflet. Le cadre est le cadre d’origine et ne présente que de légères traces d’usure conformes à son âge.
Essai
Ce dessin au crayon raffiné, réalisé en 1922, représente Baggensfjärden en hiver et témoigne de l’autorité tranquille caractéristique de ...
... la pratique paysagère mature d’Oskar Bergman. La composition se déploie en bandes horizontales mesurées, guidant le regard depuis le premier plan enneigé à travers une surface de glace mince vers des hauteurs boisées au loin. L’échelle tonale restreinte et les modulations subtiles de la lumière créent une atmosphère de calme suspendu, à la fois observée et soigneusement construite.
Le premier plan et les îlots bas semblent recouverts de neige. Bergman rend cet effet par de délicats passages de graphite qui préservent la clarté du papier tout en introduisant de légères ombres suggérant les irrégularités du sol sous la surface gelée. Les contours sont adoucis plutôt que nettement définis, permettant à la neige d’apparaître comme une masse continue modelée par le vent et le froid. Des arbres émergent de ce terrain blanchi, leurs silhouettes sombres formant des accents verticaux mesurés contre l’étendue pâle.
L’eau semble recouverte d’une fine couche de glace. Dans plusieurs passages, notamment vers le centre et l’arrière-plan, les reflets des rives boisées et des affleurements rocheux demeurent visibles sous ou à la surface de la glace.
Baggensfjärden, situé entre Saltsjöbaden et l’archipel intérieur de Stockholm, a longtemps offert aux artistes un motif où se rencontrent ouverture et retrait. En hiver, ce fjärd acquiert une clarté particulière. Le ciel reste vaste et retenu. Plutôt que de remplir la partie supérieure de la composition de nuages expressifs, Bergman laisse l’atmosphère demeurer pâle et presque immatérielle. Une légère gradation vers le bord supérieur suggère à la fois la profondeur spatiale et la densité froide de l’air hivernal. Cette retenue renforce la qualité contemplative du dessin : rien dans la scène ne vient troubler l’équilibre.
Dans l’œuvre de Bergman, des paysages comme celui-ci témoignent de son attachement à la cohérence structurelle et à l’harmonie tonale. Formé dans la tradition académique suédoise tout en restant attentif aux évolutions européennes plus larges, il développa un langage fondé sur un dessin discipliné. Même au graphite, son sens de l’architecture picturale est évident. La scène est soigneusement organisée par des divisions horizontales de neige, de glace et de forêt, sans que cette construction ne paraisse rigide. L’image respire au contraire d’un rythme naturel issu de l’observation.
L’année 1922 situe l’œuvre à une période où Bergman avait pleinement consolidé son identité artistique. Il était alors reconnu pour ses intérieurs et ses paysages marqués par la sobriété et l’équilibre. Dans Baggensfjärden, cette retenue se révèle particulièrement efficace. Le paysage hivernal réduit les distractions visuelles et dirige l’attention vers les nuances : les transitions fines qui définissent la neige, l’eau gelée et les reflets sombres des arbres et des rochers.
Conditions générales de livraison :
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