Par Subert
Modèle botanique Populus nigra L.
R. Brendel
Berlin, fin du XIXe – début du XXe siècle
Étiquette : absente
Papier mâché, plâtre, bois et petits galets peints à la main
Dimensions : hauteur 54 cm ; 26 × 16,5 cm
Poids : 1,238 kg
État de conservation : bon état général ; bractée de la fleur femelle manquante. Socle non original.
Ce modèle, réalisé à des fins didactiques, représente le Populus L. (Salicaceae), le peuplier. Il s’agit des inflorescences femelle et mâle, exécutées ainsi avec précision. Dans le catalogue Brendel de 1914, ce modèle porte le numéro 51.
L’inflorescence femelle est amovible et peut être ouverte.
Des comparaisons sont possibles tant dans le catalogue de production de 1914 que dans les rares exemplaires conservés dans des collections muséales, notamment celle de Namur (P. Martin, La collection Brendel de l’université de Namur, Namur 2024, p. 109).
La redécouverte et l’étude des modèles Brendel, au-delà des ...
... collections bien connue dans les musées et les universités, ont favorisé un collectionnisme érudit, conscient de leur importance dans l’histoire des sciences ainsi que de leur indéniable valeur historique et esthétique. Cette valeur est accrue par l’unicité de chaque exemplaire, liée à la nature semi-artisanale de leur production.
Les œuvres Brendel étaient réalisées à partir de moules, en utilisant une grande variété de matériaux : papier mâché, bois, plâtre, gélatine, entre autres ; les différentes parties étaient ensuite assemblées par des modeleurs.
Les modèles se distinguaient notamment par leurs dimensions importantes et par l’innovation que constituait de les démonter et de les recomposer.
La production, très diversifiée, atteignit environ deux cents modèles, diffusés grâce à un réseau dense de revendeurs, parfois identifiables par leurs étiquettes apposées sur celles d’origine. Les catalogues, publiés en plusieurs éditions, variaient selon les niveaux d’enseignement auxquels ils étaient destinés et décrivaient minutieusement les œuvres, parfois accompagnées d’illustrations photographiques (A. Maurizzi, La collezione Brendel di modelli di fiori ed altri organi vegetali dell’Università di Bologna, in « Museologia Scientifica », nouvelle série, 4(1-2) : 105-110, 2010, p. 108).
Parmi les revendeurs mentionnés par les chercheurs figurent, pour l’Italie, Giorgio Santarelli et Alberto Dall’Eco (ce dernier étant un fournisseur d’instruments et de matériel scientifiques actif entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle) à Florence ; Václav Fri? à Prague (alors en Autriche-Hongrie). Aux États-Unis, la James W. Queen and Company de Philadelphie était également active.
À l’« âge des Lumières », le collectionnisme propre aux cabinets d’histoire naturelle céda la place à une nouvelle forme de présentation des œuvres et des spécimens, de plus en plus orientée par une vision taxonomique et scientifique. Cela conduisit à la création de musées qui, entre la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle, devinrent les lieux privilégiés pour la présentation des découvertes issues d’une activité scientifique, technologique et culturelle en rapide expansion, favorisée également par le succès des grandes Expositions universelles.
L’invention de la photographie et de la photomicroscopie permit la diffusion d’images scientifiques inédites, générant une demande croissante de modèles didactiques. À la production traditionnelle en cire du XVIIIe siècle succéda ainsi l’emploi de nouveaux matériaux, plus variés et mieux adaptés aux exigences des « images agrandies ». Les modèles de nouvelle génération, destinés aux écoles et aux universités, relevaient d’une production semi-industrielle : scientifiquement précis, économiques et suffisamment robustes pour résister à l’usage de plusieurs générations d’étudiants.
Parmi les principales manufactures, principalement établies en France et en Allemagne, se distingue la société Brendel, fondée en 1866 par Robert Brendel à Breslau (aujourd’hui en Pologne). Pour la production, Brendel bénéficia de la collaboration scientifique du pharmacien local, le docteur Carl Leopold Lohmeyer, ainsi que du botaniste Ferdinand Cohn, directeur de la Station agricole de Breslau. Ce dernier fut probablement à l’origine de l’élargissement de la production, initialement centrée sur les plantes médicinales, à l’ensemble des espèces botaniques (P. Martin, op. cit., p. 12).
À la mort du fondateur en 1898, l’entreprise — déjà récompensée par des médailles d’or aux expositions de Moscou (1872), Cologne (1890) et à la World’s Fair de Chicago (1893) — proposait une gamme de modèles couvrant la zoologie, l’anthropologie, la cristallographie et la minéralogie. Son fils, Reinhold Brendel, reprit l’entreprise et transféra la production à Grünewald, près de Berlin. La notoriété et les capacités entrepreneuriales de la firme lui valurent de nouvelles distinctions aux expositions universelles de Paris (1900), Santiago du Chili (1902), Saint-Louis (1904), Bruxelles et Buenos Aires (1910).
Après la mort de Reinhold en 1927, les témoignages relatifs à l’activité de l’entreprise deviennent plus rares, probablement en raison des événements liés aux conflits mondiaux. Toutefois, dans les années 1930, on trouve mention d’une production de modèles Brendel à Göttingen, par la société PhyWe.
Bibliographie :
P. Martin, La collection Brendel de l’université de Namur, Namur 2024 ;
G. Fiorini, L. Maekawa & P. Stiberc, La "Collezione Brendel" di Modelli di Fiori ed Altri Organi Vegetali del Dipartimento di Biologia Vegetale dell'Università degli Studi di Firenze. « Museologia Scientifica », 22(2): 249-273 (2005);
G. Fiorini, L. Maekawa & P. Stiberc, Save the Plants: Conservation of Brendel Anatomical Botany Models, The Book and Paper Group Annual 27 (2008);
A. Maurizzi, La collezione Brendel di modelli di fiori ed altri organi vegetali dell’Università di Bologna, in « Museologia Scientifica », nuova serie, 4(1-2): 105-110, 2010.
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