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Modèle botanique Equissetum limosum L. (prêle). Robert Brendel, Breslau vers 1880
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Réf : 125619
4 500 €
Époque :
XIXe siècle
Provenance :
Pologne/Allemagne
Materiaux :
Carton-pâte, plâtre et bois peints à la main
Dimensions :
l. 14.5 cm X H. 48.5 cm X P. 12.8 cm
Poids :
0.311 Kg
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Modèle botanique Equissetum limosum L. (prêle). Robert Brendel, Breslau vers 1880

Modèle botanique Equissetum limosum L.
Robert Brendel
Breslau, vers 1880
Étiquette : imprimée A. Dall’Eco - Firenze. Viale Principe Eugenio 14 e 30 ; manuscrite Equissetum limosum. Frutto Equiseta[cea]e. Sur celle-ci est appliquée une petite étiquette portant à l’encre N. 1.
Carton-pâte, plâtre et bois peints à la main
Dimensions : hauteur 48,5 cm ; 14,5 × 12,8 cm. Poids : 311 g
État de conservation : complet et en bon état général ; petites lacunes d’usage. Base et étiquette originales et d’époque.

Le modèle, réalisé à des fins pédagogiques, représente l’Equissetum limosum L. (prêle), appartenant à la famille des Equisetaceae. Le fruit apical peut être détaché de la tige.

Dans cette morphologie, à tige unique avec ramifications, le modèle correspond au numéro « 1 » du catalogue original de Brendel de 1893. Dans le catalogue de 1914, il apparaît sous une forme différente, dépourvue de ramifications et identifiée par le numéro ...

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... 2.

Le modèle présente des comparaisons avec les rares exemplaires conservés dans des collections muséales, notamment celle de l’université de Namur (P. Martin, La collection Brendel de l’université de Namur, Namur 2024, p. 15, fig. 8).
Un exemplaire comparable, associé à d’autres parties de la plante sur la même base, est conservé dans les collections universitaires de Bologne, où il fut acquis en 1880 (Université de Bologne, Herbier et Musée botanique, code d’identification 9906005c).

La redécouverte et l’étude des modèles Brendel, parallèlement aux recherches menées dans les collections muséales et universitaires, ont favorisé l’essor d’un collectionnisme érudit, conscient de leur valeur dans l’histoire des sciences et de leur indéniable importance historique et esthétique. Cette valeur est encore accrue par le caractère unique de chaque exemplaire, lié à la nature semi-artisanale de leur production.

Les modèles Brendel étaient réalisés à partir de moules et au moyen d’une grande variété de matériaux : carton-pâte, bois, plâtre, gélatine et autres substances. Les différentes parties étaient ensuite assemblées par des modélistes spécialisés.
Ces modèles se distinguaient notamment par leurs dimensions importantes et par la nouveauté que constituait la possibilité de les démonter et de les recomposer. La production, très diversifiée, atteignit environ deux cents modèles, diffusés grâce à un vaste réseau de revendeurs, parfois identifiables par leurs étiquettes apposées sur celles d’origine. Les catalogues de modèles, publiés en plusieurs éditions, variaient selon les niveaux scolaires auxquels ils étaient destinés et décrivaient les pièces avec précision, parfois accompagnées d’illustrations photographiques (A. Maurizzi, La collezione Brendel di modelli di fiori ed altri organi vegetali dell’Università di Bologna, dans Museologia Scientifica, nouvelle série, 4(1-2) : 105-110, 2010, p. 108).

Parmi les revendeurs mentionnés par les chercheurs figurent, pour l’Italie, Giorgio Santarelli et Alberto Dall’Eco (ce dernier étant un marchand d’instruments et de matériel scientifiques attesté entre la fin du XIX? et le début du XX? siècle) à Florence ; Václav Fri? à Prague (alors dans l’Empire austro-hongrois). Aux États-Unis, la diffusion était assurée par la société James W. Queen and Company de Philadelphie.

À l’époque des Lumières, le collectionnisme caractéristique des cabinets d’histoire naturelle avait laissé place à une nouvelle manière de présenter œuvres et spécimens, de plus en plus orientée par une vision taxonomique et scientifique. Cela conduisit à la création de musées qui, entre la fin du XIX? siècle et les premières décennies du XX? siècle, devinrent les lieux privilégiés pour exposer les découvertes issues d’une activité scientifique, technologique et culturelle en pleine expansion, favorisée également par le succès des grandes Expositions universelles.

L’invention de la photographie et de la photomicroscopie permit la diffusion d’images scientifiques inédites, suscitant une demande croissante de modèles didactiques. À la production traditionnelle en cire du XVIII? siècle succéda ainsi l’utilisation de nouveaux matériaux, plus variés et mieux adaptés aux exigences des « images agrandies ». Les modèles de nouvelle génération, destinés aux écoles et aux universités, étaient produits de manière semi-industrielle, scientifiquement précis, économiques et suffisamment robustes pour résister à l’usage de plusieurs générations d’étudiants.

Parmi les principales manufactures, établies principalement en France et en Allemagne, se distingue la société Brendel, fondée en 1866 par Robert Brendel à Breslau (aujourd’hui Wroc?aw, en Pologne). Pour la production, Brendel s’entoura des conseils scientifiques du pharmacien local Carl Leopold Lohmeyer et du botaniste Ferdinand Cohn, directeur de la Station agricole de Breslau. Ce dernier fut probablement à l’origine de l’extension de la production, initialement consacrée aux seules plantes médicinales, à l’ensemble des espèces botaniques (P. Martin, op. cit., p. 12).

À la mort du fondateur, en 1898, l’entreprise - déjà récompensée par des médailles d’or aux expositions de Moscou (1872), Cologne (1890) et à la World’s Fair de Chicago (1893) - proposait désormais une gamme de modèles couvrant la zoologie, l’anthropologie, la cristallographie et la minéralogie. Son fils Reinhold Brendel reprit l’activité et transféra la production à Grünewald, près de Berlin. La renommée et les capacités entrepreneuriales de la firme lui valurent de nouvelles distinctions lors des expositions universelles de Paris (1900), Santiago du Chili (1902), Saint-Louis (1904), Bruxelles et Buenos Aires (1910).
Après la mort de Reinhold en 1927, les témoignages relatifs à l’activité de l’entreprise deviennent plus rares, probablement en raison des événements liés aux conflits mondiaux. Toutefois, dans les années 1930, on signale encore une production de modèles Brendel à Göttingen, par la firme PhyWe.

Bibliographie
P. Martin, La collection Brendel de l’université de Namur, Namur 2024 ;
G. Fiorini, L. Maekawa & P. Stiberc, La “Collezione Brendel” di Modelli di Fiori ed Altri Organi Vegetali del Dipartimento di Biologia Vegetale dell’Università degli Studi di Firenze, dans « Museologia Scientifica », 22(2) : 249-273 (2005) ;
G. Fiorini, L. Maekawa & P. Stiberc, Save the Plants : Conservation of Brendel Anatomical Botany Models, The Book and Paper Group Annual 27 (2008) ;
A. Maurizzi, La “Collezione Brendel” di Modelli di Fiori ed Altri Organi Vegetali dell’Università di Bologna, dans « Museologia Scientifica », nouvelle série, 4(1-2) : 105-110 (2010).

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