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La troupe de la Commedia dell’ arte vers 1710
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Réf : 108006
25 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France-Paris
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 93 cm X H. 76 cm
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Franck Baptiste Paris
Franck Baptiste Paris

Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


+33 (0)6 45 88 53 58
La troupe de la Commedia dell’ arte vers 1710

Belle huile sur toile représentant la troupe de théâtre de la commedia dell’arte.
La scène galante se déroule dans le parc d’un chateau, au pied d’un imposant socle en pierre qui supporte un vase Médicis en marbre.
Les cinq comédiens sont richement vêtus, à droite Léandre est paisiblement assis et observe Arlequin qui tente de charmer sa Colombine, alors que son à amoureuse à lui, Isabelle, est tournée vers Pierrot, qui semble l’inviter à danser d’une gestuelle de la main.
Au centre, perché sur un rebord du socle, un trés beau perroquet Ara rouge contemple la scène; tandis qu’en arrière plan, un couple d’amoureux se promène près du jet d’eau d’une fontaine.

Huile sur toile.

Cadre en bois doré à décor de rinceaux sur un fond quadrillé finement gravé dans les apprêts.

Trés bel état de conservation.

Notre toile est probablement une oeuvre de jeunesse de Jean Baptiste Oudry lorsqu’il était encore élève dans l’atelier de ...

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... Nicolas de Largillière vers 1710.


Dimensions :

Toile : Hauteur : 65 cm ; Largeur : 82 cm

Cadre : Hauteur : 76 cm ; Largeur : 93 cm




Oeuvres en rapport :

-Musée des beaux arts de Bordeaux, N° Inv BX 2007.11
-Boston Museum of Fine arts , N°Inv 19.1369
-Vente Artcurial Paris, 18 Novembre 2020, lot 83 (143 000 euros)

Bibliographie :

Hal Opperman et Pierre Rosenberg , catalogue de l'exposition J.-B. Oudry, 1686-1755, Paris, Grand Palais

Notre avis :

La composition de notre toile est connue par une gravure inversée probablement éditée par Pierre Quentin Chedel au milieu du 18ème siècle.
La scène et le format correspondent parfaitement à un tableau de la liste proposée par Jean Baptiste Oudry au roi de Suède en 1735 : « Un tableau de plusieurs figures dans un jardin habillées dans le goût du théâtre italien de 2 pieds et demi de large sur 2 pieds de haut », ce qui nous indique que notre peintre conservait encore à cette époque une version pour laquelle il demandait le tarif important de 600 livres.
La toile que nous présentons fût anciennement considérée comme une toile autographe de Jean Baptiste Oudry, tout comme celle conservée au musée Bordeaux qui fût authentifiée par Hal Opperman avant d’être déclassée au profit de la version passée en vente chez Artcurial, qui est la seule signée et datée. (1719)
Les trois versions sont extrêmement proches et de dimensions identiques, nous devons admettre que la version signée est la plus aboutie au niveau des visages mais cela ne permet pas pour autant de rejeter les deux autres toiles.
En effet il ne s’agit pas ici d’une commande pour une chasse royale destinée à Versailles, qui aurait été repris en choeur par un important atelier, mais d’une oeuvre de jeunesse atypique, d’un peintre qui n’a pas encore rencontré le succès et qui n’a probablement pas encore de suiveur.
Cette oeuvre reste d’ailleurs unique dans le corpus de Jean Baptiste Oudry et nous y voyons plutôt un exercice datant de sa période ou il étudie la peinture chez Nicolas de Largillière, soit entre 1705 et 1712.
Quel meilleur exercice que celui ci, qui allie l’art du portrait, la complexité des drapés avec des textures différentes et une palette de coloris immense, avec cinq personnages dont deux en mouvement , avec deux animaux dont un à plumes et l’autre a poils, avec une vue d’architecture, un arrière plan et un ciel ensoleillé …
Il faut saluer la composition qui est merveilleusement équilibrée, alors même que la majorité des personnages sont positionnés du même coté.
Cette oeuvre a probablement été le fruit d’une importante recherche pour Oudry et c’est probablement pour cette raison qu’il a conservé une version durant toute sa vie.
Au vu de la qualité des drapés et surtout de la représentation des animaux, nous pensons que les deux autres toiles au format sont aussi des oeuvres de jeunesse autographes.
Nous savons que dès les premiers jours, Nicolas de Largillière fût bluffé par la qualité des animaux réalisés par son jeune apprenti au point de lui conseiller de se spécialiser dans ce type de sujet, ou il excellait.
La qualité de notre perroquet reflète parfaitement sa technique et ne peut pas être le fruit d’un peintre secondaire.
Généralement sur les oeuvres d’atelier les fonds sont simplifiés, or nous pouvons observer sur notre toile des détails qui n’apparaissent pas sur la version de 1719, comme les crénelures sur les plumes de la queue du perroquet ou certaines fissures du socle ou encore une cassure qui est bien visible sur notre exemplaire et à peine esquissée sur les autres versions ; tout comme la scène présente sur les vases ou le décor du piédouche qui sont largement accentués.
Un atelier fait l’exact contraire et n’enrichie pas les oeuvres d’un maitre, d’ailleurs quel suiveur pourrait avoir la prétention d’améliorer un oiseau peint par Oudry ?
Nous y voyons plutôt le travail d’un jeune peintre qui donne beaucoup d’importance aux détails dans sa première version puis qui essaye de perfectionner la finesse de ses personnages au fil de ses versions.
La toile de 1719 arbore le plus pur style Largillière, avec des visages charnus aux pommettes rosées et à la peau nacrée, elle est surement le fruit d’une progression constante de l’artiste mais aussi le résultat de l’avènement de la Régence.
Notre version que nous jugeons antérieure, date probablement des années 1710-1715 et semble plus inspirée pour l’expression des visages des productions du peintre Antoine Watteau qui est à l’origine de ce type de composition.
Conformément aux oeuvres de ce maitre, on retrouve sur notre version les même airs légèrement mélancoliques des comédiens et une palette de couleurs encore légèrement inspirée des productions hollandaises du 17 ème siècle.
La progression de l’artiste, le changement de régime et une source d’inspiration nouvelle peuvent facilement expliquer ces écarts qui ne doivent pas être juger uniquement d’un point de vue technique.
Nous pensons sincèrement que Jean Baptiste Oudry a réalisé et commercialisé plusieurs versions de cette composition durant sa jeunesse, comme le faisaient tout les peintres pour subvenir à leurs besoins.

Franck Baptiste Paris

Tableaux XVIIIe siècle Louis XIV

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