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Jarre à quatre anses hispano mauresque,  Manises XVe siècle
Jarre à quatre anses hispano mauresque,  Manises XVe siècle - Céramiques, Porcelaines Style Moyen Âge Jarre à quatre anses hispano mauresque,  Manises XVe siècle - Galerie Alexandre Piatti Jarre à quatre anses hispano mauresque,  Manises XVe siècle - Moyen Âge
Réf : 126525
25 000 €
Époque :
XIe au XVe siècle
Provenance :
Espagne, Manises
Materiaux :
Faïence lustrée
Dimensions :
H. 19.5 cm | Ø 11 cm
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Galerie Alexandre Piatti
Galerie Alexandre Piatti

Objets d'art, sculptures et mobilier Haute Epoque


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Jarre à quatre anses hispano mauresque, Manises XVe siècle

Faïence lustrée hispano-mauresque dans des tons avec intenses reflets métalliques sur glaçure blanche crémeuse. Jarre tournée, de profil globulaire, quatre anses à section cylindrique reliant le col à la panse, sans dépasser l’ouverture, large col et piédouche cintré.
La conquête musulmane de l’Espagne commence en 711, après la défaite du roi Goth Rodericus par les troupes de Tàriq ibn Ziyad, lors de la bataille de Guadalete, qui mit fin au royaume Wisigoth dans la presqu’île ibérique. C’est sous la dynastie nasride, fondée par Muhammad ben Nasr, que l’émirat de Grenade – dernier État musulman d’Al-Andalus – fut crée, à la suite de sa conquête en 1238. Commanditaire de la construction de l’Alhambra, c’est sous le règne de Muhammad Ier de Grenade que les arts de la céramique reçurent une impulsion importante avec l’introduction du bleu de cobalt venu d’Orient, probablement lors de l’immigration des potiers persans de l’époque ...

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... Selyuki, qui ont fui l’Iran devant l’invasion des Gengis Khan, au début du XIIIe siècle.
Riche en terres argileuses grâce à ses marécages, la région de Valence produisait, avant la conquête de 1238, une faïence à glaçure blanche à l’étain, technique répandue dans le monde musulman mais absente ailleurs en Europe. Les seuls pigments utilisés pour décorer ces pièces étaient le bleu, le brun et le vert.
En 1309, Pere Boil d’Aragon (mort en 1323), « Mestre Racional », premier seigneur de Manises et diplomate au service de Jaime II d’Aragon (vers 1267- 1327), se rend en mission à Grenade. Il semblerait que lors de cette ambassade, Pere Boil ait rencontré l’ancien gouverneur de Malaga, Abu Said, fils d’Ismail et neveu de Muhammad Ier. À la suite de cette entrevue, il paraît que des accords ont été passés entre les deux personnages pour introduire l’ « obra de Maliqa » (oeuvre de Malaga) dans les ateliers de Manises. Il semble également probable que des potiers nasrides se soient alors installés à Manises en apportant le secret du bleu de cobalt verni. Il parait vraisemblable aussi que les contacts entre la couronne d’Aragon et le Moyen-Orient, grâce aux missions diplomatiques établies en Alexandrie et à Beyrouth sous le règne de Jaime I d’Aragon, eurent une influence directe sur la production de Paterna et Manises.
Le décor de lustre métallique fut inventé par les potiers musulmans au IXe siècle. Cette technique consistait à peindre sur la surface d’une pièce déjà cuite avec sa glaçure un décor composé d’éléments métalliques oxydés, de cuivre et d’argent, qui était ensuite cuit à température plus basse dans des fours appauvris en oxygène. Cette cuisson réductrice favorisait la pénétration des oxydes dans le verre de la glaçure tout en les transformant en microparticules de métal. À partir d’Al-Andalus, la production des faïences lustrées va se répandre en Europe avec l’exportation massive des centres comme Malaga et Valence.
L’un des documents les plus anciens conservés concernant probablement l’ « obra de Maliqa », c’est-à-dire la céramique de Malaga – dont la mention en arabe se trouve au revers d’une assiette conservée à Berlin – est un inventaire du port anglais de Portsmouth daté de 1289 dans lequel on signale l’arrivée d’une cargaison de céramiques d’ « étranges reflets » destinée à Éléonore de Castille (1241-1290), première épouse d’Edward Ier d’Angleterre. Un autre document, daté de 1297 à Collioure, signale aussi l’importation de céramique provenant de Malaga.
Lorsque les arabes perdent le contrôle du port d’Algésiras, alors reconquis par le roi Alfonso XI en 1344, l’exportation de la céramique dorée de Malaga rencontre des difficultés, ce qui va favoriser le grand essor des fours de Manises en pleine activité depuis le début du XIVe siècle jusqu’au troisième quart du XVe siècle. Alors, la production dorée des ateliers de Manises, Paterna et Valence en général sera appelée dans des documents de l’époque « obra de Maliqa », « Melica » ou « Maliqua », supplantant le terme correspondant au début à la céramique dorée nasride de Malaga. Ce n’est que dans des documents datant du milieu du XVe siècle qu’apparaissent les expressions « obra de Manizes » et « operam terre de Manizes ».
La datation la plus ancienne connue pour la vaisselle dorée de Manises remonte à l’année 1325. Celle de la vaisselle dorée et bleue issue des mêmes fours est documentée à partir de l’année 1333, date du premier contrat connu où apparaît l’expression « opus terre daurati cum zafra » (oeuvre en terre dorée avec bleu de cobalt). D’après des documents notariés du second quart du XIVe siècle, on peut retenir le nom de quelques potiers mudéjars : Albocayrén, Alfalem, Almoxoní, Almurci, Bençuleymen, Bonçor, Hiça, Marmola et Zuleymen, ainsi qu’un chrétien Bonanat Martíneç. Parmi les dynasties qui se sont distinguées, on trouve les Almurci (ou Almorci), actifs à Manises du XIIIe à la fin du XVe siècles et les Alcudo, à partir de 1404.
Les documents notariés ont permis de recenser dans la région de Valence 46 potiers exerçant entre 1350 et 1429, dont 27 musulmans, 17 chrétiens et 2 convertis. On constate alors que la plupart des potiers sont des musulmans, cependant la commercialisation est majoritairement entre les mains de marchands chrétiens. Lors des guerres entre Pedro I de Castille et Pedro IV d’Aragon en 1363-1364 Manises fut presque entièrement détruite, ce qui obligea tous ses habitants à se réfugier à Valence. La ville fut reconstruite entre 1369 et 1372 sous l’égide de Felipe Boil, seigneur de Manises, qui donna un nouvel élan à l’industrie de la céramique locale. Un document daté de 1407 évoque le nom du potier Hamet Jáfer de Manises, dont le fils, Jáfer Almaguef, résidant dans le quartier maure de Valence, exerce le commerce avec une activité d’achat et vente de céramiques.
De nombreuses commandes princières de vaisselles dorées et de carreaux de faïence à Manises et Paterna sont documentées dès la seconde moitié du XIVe siècle, et prouvent le rayonnement de ces manufactures : le cardinal Audoin Aubert (1364), le roi Pedro IV d’Aragon et la reine Leonor de Sicile pour leurs résidences de Tortosa (1370), de Barcelone (1376, 1382) et de Valence (1382), le duc de Berry (1382) et le duc de Bourgogne (1391). L’héraldique présente sur de nombreuses pièces à reflets métalliques témoigne de l’importance de l’exportation à travers l’Europe.
L’art mauresque correspond en fait à la production artistique développée par des musulmans convertis de force au christianisme, par les édits de conversion promulgués par les rois catholiques en 1502, suite à la chute de Boabdil, dernier roi maure de Grenade, en 1492. Dans l’histoire de la céramique produite sur le sol espagnol, il faut donc distinguer clairement les trois types de vaisselles dorées existants : nasrides, mudéjars et mauresques.
Les avis des historiens de la céramique divergent quant à la datation de l’ensemble de ces pièces, donnant des fluctuations chronologiques allant de la seconde moitié du XIVe au début du XVe siècle.

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Galerie Alexandre Piatti

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Buste en marbre – XVIIe siècle
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