Par Dei Bardi Art
Fragment d’inscription gothique
France, XVe siècle
pierre calcaire
15 x 28 x 10 cm
Ce fragment rectangulaire en calcaire calcitique présente deux registres épigraphiques séparés par une moulure horizontale incisée.
L'inscription est gravée en gothique textura sur deux registres séparés par une moulure horizontale.
En tenant compte des conventions paléographiques gothiques françaises du XVe siècle, la lecture la plus probable est :
Ligne 1 : […] m e s · u o z (ou […] m e s b o z)
Ligne 2 : i o u s e m i e s (ou i o u s e n i e s)
En tenant compte des formules épitaphiques standard du moyen français, on peut proposer la reconstitution : « [Ci gist…] mes[sire…] / [j]ovsenie[s] ». Le patronyme Jouvenie / Jouveniez est documenté en France au XVe siècle.
La profondeur de la gravure, taille en creux au burin à section droite, est régulière et soignée.
L'écriture est une gothique textura (ou littera textualis) de facture ...
... épigraphique, c'est-à-dire adaptée de la calligraphie manuscrite au travail de la pierre. La textura est la forme la plus strictement gothique des écritures médiévales : elle n'use que de lignes droites et produit une dense texture verticale caractéristique. Dans sa version lapidaire, elle se reconnaît à plusieurs traits distinctifs.
Les hastes verticales présentent des empattements bifides (en forme de petit « v » renversé). Les lettres à panses — o, b, d, p — ne sont pas rondement tracées mais composées de deux demi-ovales anguleux, brisés selon le principe fondamental des gothiques. Le module est large, avec un espacement serré entre les lettres renforçant l'effet de texture. Des signes d'abréviation (tilde, point) étaient probablement présents dans les parties perdues, pratique courante pour économiser l'espace sur les épitaphes.
Cette écriture est caractéristique de la seconde moitié du XVe siècle en France, période où la textura épigraphique atteint sa maturité avant d'être progressivement supplantée par les formes humanistiques au début du XVIe siècle. L'usage du français vernaculaire — plutôt que du latin — constitue un second marqueur chronologique cohérent : en France, la langue vulgaire supplante définitivement le latin dans les épitaphes au tournant des XIVe et XVe siècles.
Le calcaire utilisé, à grain fin et de teinte grisâtre, est cohérent avec les productions lapidaires du Bassin parisien.
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