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Console à suspendre estampillée Lalbertaut, Paris vers 1750
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Réf : 85159
VENDU
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
I.LALBERTAUT
Provenance :
France, Paris
Materiaux :
Bois chêne
Dimensions :
l. 93 cm X H. 53 cm X P. 43 cm
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Franck Baptiste Paris
Franck Baptiste Paris

Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


+33 (0)6 45 88 53 58
Console à suspendre estampillée Lalbertaut, Paris vers 1750

Rare console d’applique à suspendre en bois de chêne finement sculpté et laqué.
Modèle galbé toutes faces, en plan comme en élévation.
La traverse avant fortement chantournée et profondément moulurée.
Elle est centrée d’une coquille ceinte dans une réserve ajourée en forme de « C » affrontés soulignés d’un rinceau d’acanthes.
Les deux montants « en coup de fouet » sont entrelacés d’acanthes, ils se terminent en enroulements.
Faisant office d’entretoise, une large et exubérante feuille d’acanthe asymétrique renversée et finement nervurée orne la jonction des deux pieds.
La réserve constituée par la traverse haute, les montants et l’entretoise forme un coeur.
Les cotés à forts dépôts arrières, chantournés, moulurées, mis à jour et terminés par une demi-coquille.

Chêne massif.

Parfait état de conservation; laque d’origine « gris Trianon »

Epais dessus de marbre blanc d’origine décreusé d’un cavet et ...

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... mouluré d’un double bec de corbin.

Estampille I.LALBERTAUT sur les deux têtes des montants.

Travail parisien d’époque Louis XV vers 1750 du maitre sculpteur Jacques Lalbertaut* probablement sous la direction de l’architecte Pierre Contant d’Ivry. (1698-1777)

Dimensions :

Largeur : 93 cm ; Hauteur : 53 cm ; Profondeur : 43 cm

Consoles estampillées Lalbertaut :

-Console d’applique à suspendre, vente Christie’s New York 19 Octobre 2007, lot 259 ; 20 000 dollars

-Paire de consoles, collection Mrs Biddle, vente galerie Charpentier 15 Décembre 1959

-Paire de consoles, vente Fraysse et associés, 15 Mars 2017, lot 88


Jean Baptiste Lalbertaut maitre menuisier et Jacques Lalbertaut maitre sculpteur.
*La mystérieuse estampille I.LALBERTAUT fût relevée la première fois en 1959 sur une paire de console provenant de la collection new yorkaise de Mrs Biddle et présentée à la vente à la galerie Charpentier. (photo)
La notice du catalogue explique qu’il s’agit probablement du sculpteur « Bertaut » mentionné dans les archives des bâtiments du roi.
Pierre Kjellberg reprend cette information dans sa notice consacrée à cette estampille page 513 de son livre « Le Mobilier français du XVIII ème siécle ».
Nous savons aujourd’hui que cette marque renvoie à deux frères, Jean Baptiste mentionné dans les archives notariales de Paris comme menuisier et Jacques Lalbertaut comme sculpteur en 1731 puis maitre sculpteur en 1737.
Ces derniers sont issus d’une grande famille de sculpteurs : « les Martin ».
En effet ils sont les petits fils de Jean Martin, ingénieur du roi Louis XIV, les neveux du fameux sculpteur des bâtiments du roi Denis Martin, dont la soeur Catherine a épousé le père Lalbertaut.
Ils sont par la même occasion les cousins germains des peintres du roi Pierre Denis Martin « dit le jeune » (1643-1742) et Jean Baptiste Martin « dit des batailles » (1659-1735).
Enfin Jacques entretenait des liens étroits avec le maitre sculpteur Jean Baptiste Pitoin dont le fils Quentin-Claude deviendra un des ciseleurs-fondeurs du garde meuble de la couronne.
Il est évident qu’avec leurs liens familiaux, les deux frères qui étaient installés rue des Augustins à Paris travaillèrent abondamment pour les bâtiments des rois, un se chargeant des bâtis, l’autre de la sculpture conformément aux règles en vigueur.
Les archives, parcellaires, nous apprennent que ces derniers, appelés tour à tour Bertaut ou Lalbertaut travaillèrent notamment pour le château de Kremlin Bicêtre ou pour le cloître Saint Benoit à Paris.
Il est important de rappeler que sous l’ancien régime la phonétique primait sur l’orthographe et ce jusqu’à la décision de Napoléon de fixer définitivement l’orthographe des noms propres.
Après 1758, les archives ne font plus aucune mention des deux frères.
Bien que leur période d’activité soit estimée entre les années 1730 et 1758, très peu de consoles estampillées sont connues. (six à ce jour).
Ce fait s’explique probablement par l’obligation d’estampiller qui entre réellement en vigueur en 1751, ce qui expliquerait que seule la dernière partie de leur production fût estampillée.
Cette hypothèse est renforcée par le fait que les consoles connues arborent un décor rocaille symétrique caractéristique des dessins de l’architecte Pierre Contant d’Ivry des années 1755.

Bibliographie :

Arbre généalogique de la famille Martin dans le livre de FRANÇOIS SOUCHAL « French Scluptor of the 17th and 18th centuries » Vol III. (photo)


Notre avis :

Les consoles estampillées sont peu courantes et datent souvent du règne de Louis XVI, notre modèle d’applique à suspendre et d’époque Louis XV est de la plus grande rareté.
Avec son bois de chêne massif et sa laque d’origine cette console nous offre des qualités de sculptures particulièrement nerveuses tout en restant trés fines.
Le détail est présent jusque dans la découpe de grande qualité des moulurations du marbre.
Avec son acanthe asymétrique notre console est légèrement plus ancienne que les autres modèles connus et date probablement des toutes premières années de la décennie 1750.
Ses lignes pures et tempérées sont issues des dessins de l’architecte Pierre Contant d’Ivry (1698-1777) qui fût probablement le maitre d’oeuvre des frères Lalberteaut dans les dernières années de leurs vies.
Cette période correspond à une intense activité pour cet architecte du roi en charge dès travaux du palais royal, du chateau de St Cloud du château de Bizy, de l’hôtel d’Evreux, du chateau d’Arnouville, d’un dizaines d’églises (Madeleine, cathédrale d’Arras)…

Franck Baptiste Paris

Console Louis XV

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