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Commode d’entre-deux en laque européenne - Jean Demoulin à Paris vers 1750
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Réf : 78285
VENDU
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
Jean Demoulin
Provenance :
France
Materiaux :
Vernis martin, chêne, marbre brêche d'Alep
Dimensions :
l. 80 cm X H. 84 cm X P. 50 cm
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Baptiste & Lenté
Baptiste & Lenté

Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


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Commode d’entre-deux en laque européenne - Jean Demoulin à Paris vers 1750

Rare commode de format « entre-deux », ouvrant par deux tiroirs sans traverse.
Galbée en façade et sur les cotés, elle repose sur quatre pieds cambrés.
Décor au vernis martin à l’imitation de la laque de Chine sur les trois faces.
Sur fond noir, notre commode présente des paysages lacustres en fort relief de poudre d’or et de cuivre: pécheurs en costumes traditionnels, jonque, habitation sur pilotis de type Diojiaolou*…

Riche ornementation de bronzes d’origine dorés au mercure dont : chutes d’angles et chaussons de pieds ajourés, cul de lampe, entrées de serrures.

Dessus de marbre d’origine « Brêche d’Alep* » à double moulurations.

Bâti et fonds en chêne.

Parfait état de conservation.

Estampillée J.DEMOULIN * et JME pour la jurande des menuisiers-ébénistes, sur le montant avant droit.

Travail parisien d’époque Louis XV vers 1750-1758 par Jean Demoulin sous la direction de Pierre IV Migeon*.



Dimensions : ...

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Largeur : 80 cm ; Hauteur : 84 cm , Profondeur : 50 cm





*Le Diojiaolou, littéralement « grenier suspendu » est une habitation des minorités ethniques peuplant les montagnes du sud-ouest de la Chine.
Sans fondation et sur pilotis, ce type de maison en bois est construit à proximité de la rivière, sur une pente douce.

*Le brèche d’Alep est un des plus beaux marbres français.
Il se compose de fragments anguleux, jaunes, orangés, gris, bruns incrustés dans un ciment jaune clair.
Connu depuis l’antiquité et trés utilisé dans l’ameublement au 18 ème siècle, il est issu d’une carrière proche d’Aix en Provence, sur la commune du Tholonet dans le massif de la Ste Victoire.


*Jean Demoulin est un ébéniste français né le 13 Aout 1715 à Selongey en Cote d’or.

Vraisemblablement formé à Dijon, il part à Paris vers 1735 pour parfaire son apprentissage, il se marie en 1745 et acquiert probablement la maitrise cette année là.
De 1750 à 1760 il produit essentiellement de luxueux meubles plaqués « d’anciens lacqs orientaux » dont de nombreuses commodes, mais aussi quelques secrétaires et encoignures.
Il est fort probable que cette production fût une sous-traitance pour le plus plus grand marchand mercier de Paris, Pierre IV Migeon (1696-1758) *
Demoulin part pour Dole en 1759, puis rejoint Dijon en 1779 ou il est appelé par le prince de Condé alors gouverneur de Bourgogne.
Il obtient de nouvelles lettres de maitrises en 1780, ainsi que le brevet d’ébéniste des princes de Condé.
Il associe ses deux fils (Jean Baptiste né en 1750 et Bertrand né en 1755) à l’atelier paternel.
Sa production désormais plus sobre sera tout de même trés florissante, et ce, bien au-dela de révolution.
Il meurt en son domicile dijonnais de la rue Cazotte le 2 juillet 1798.

*Une sous-traitance pour Pierre IV Migeon

Jean Demoulin était fort apprécié pour son habileté à ajuster harmonieusement des panneaux d’anciens lacqs sur les bâtis de ses meubles.
Si le fait de refendre ces panneaux était déja trés difficile, leurs ajustements sur des surfaces galbées était quand à lui particulièrement risqué et nécessitait un important savoir faire.
Bien que la loi permettait à un simple ébéniste de vendre sa production à une clientèle privée, il ne pouvait avoir accés à ce type de marchandise fort onéreuse qui était l’apanage des grands marchands merciers parisiens.
Parmi eux, Pierre IV Migeon fût le plus connu.
Il est probablement le fournisseur en « lacqs anciens », en marbre et en bronze de Jean Demoulin durant sa période parisienne car nous retrouvons des modèles similaires sur des productions estampillées MIGEON.
La commode conservée au musée des beaux arts de Tours et provenant des collections du Duc de Choiseul à Chanteloup est un bon exemple.
Bien qu’estampillée Demoulin, l’opulence de ses bronzes , la qualité de ces panneaux en laque de Chine ou son marbre griotte à oeil de perdrix ne peuvent s’envisager qu’avec le concours d’un grand marchand mercier.

Ce fait est renforcé par le fait que notre ébéniste figure page 187 dans le livre des ouvriers de Pierre IV Migeon :

« Monsieur Desmoulin Mâitre ébéniste demeurant Grande rue du faubourg St Antoine m’a livré depuis l’année 1746 jusqu’au mois de Juillet 1756 pour 2483 livres que je lu ai paye dans le courant de chaque année »

L’hypothèse de la sous-traitance pour Pierre IV Migeon des meubles en laque estampillée par Demoulin est renforcée par le fait qu’a partir de la mort du marchand mercier, l’ébéniste ne produira plus de mobilier de laque.
En effet la totalité du mobilier en laque de l’ébéniste bourguignon est de style Louis XV, aucun modèle transition ou Louis XVI n’étant connu à ce jour.

Enfin le départ de Jean Demoulin pour Dôle en 1759, qui est une énigme pour la majorité des historiens d’art, s’explique probablement par le décès de Migeon, qui était son principal employeur.


Notre avis :

La commode que nous présentons est une commande de Pierre Migeon, qui a fournit le marbre brèche d’Alep et les bronzes à Jean Demoulin, qui a réalisé le bâti.
Enfin notre commode fût laquée en "vernis façon de la Chine" probablement par l’atelier du célèbre vernisseur Étienne-Simon Martin (1703-1770).
Hormis l’emploi de plusieurs poudres pour créer des dégradés et des rapprochements stylistiques avec d’autres meubles connus, rappelons que les Martin étaient les voisins de Pierre IV Migeon et de Jean Demoulin au faubourg St Antoine.
La commode que nous présentons est en parfait état de conservation, outre la qualité de son décor, elle présente un petit format relativement rare pour une commode en laque.
Issue des plus grands ateliers de Paris, elle représente la quintessence du style Louis XV, non seulement dans les formes, mais aussi dans le décor, avec un bon exemple du gout oriental et de la mode des « chinoiseries » qui toucha la France au milieu du 18 ème siècle.
Il est aussi émouvant de souligner que les fers « J.Demoulin » et « Jme » qui ont marqué le montant de notre commode il y a prés de trois siècles, sont restés dans la famille par descendance et non jamais quitté la Bourgogne.
Ils sont aujourd’hui exposés au musée des Beaux arts de Dijon.

Baptiste & Lenté

Commode Louis XV

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