Par Franck Baptiste Paris
Rare bougeoir de paravent en laque rouge avec une monture néoclassique en bronze finement ciselé et doré au mercure.
La cuvette en laque de Chine de couleur rouge vermillon est cerclée d’une frise en bronze.
Son fond est finement décoré à la poudre d’or de petits tertres avec des maisons traditionnelles à toiture pagode.
Au milieu de la cuvette est positionné une bobèche en bronze.
Sur le coté le système d’accroche est délicatement encadré de guirlandes de feuilles de lauriers qui chutent de chaque part de la suspension et reposent sur la cuvette en laque.
Un petit tertre circulaire reçoit un éteignoir de forme conique qui imite une cassolette à l’antique.
Trés bel état de conservation; dorure au mercure d’origine.
Travail Parisien d’époque Louis XV vers 1765-1770 d’après un probable dessin de l’ornemaniste Jean Charles Delafosse (1734-1789)
Dimensions :
Hauteur : 23,5 cm
Provenance :
Collection de la famille Rothschild à ...
... l’Hôtel de la princesse Mathilde.
Bibliographie :
Publié page 256 du livre « Les plus belles demeures de Paris » aux éditions Hachette.
Notre avis :
Appelé bougeoir de lit ou de paravent dans les inventaires du 18 ème siècle ce type de luminaire permettait de faire sa toilette et de s’habiller à la lueur de la chandelle qui pouvait être suspendue sur une traverse de siège, de paravent ou tout simplement sur le rebord d’un miroir ou d’un lit.
Ces pièces constituées de matières rares et précieuses comme la laque orientale ou la porcelaine furent assemblées par les marchands merciers parisiens et réservées à une élite de la noblesse.
Contrairement aux autres corporations, les marchands merciers sont des «vendeurs de tout faiseurs de rien » comme l’explique si bien Diderot dans son encyclopédie.
Ils ne produisent rien mais assemblent les différentes productions dont certaines sont importées de lointaines contrées d’Asie comme la Chine ou le Japon.
Leurs apports aux arts décoratifs sous l’ancien régime est trés important car ce sont eux qui font la mode en proposant des créations inédites.
Parmi les cinq ou six gros marchands merciers de Paris, le bijoutier du roi Lazare Duvaux se spécialisa dans ce type d’objet qui mêlent les laques orientales (dont il est un des plus gros pourvoyeurs) et les montures en bronze doré agrémentées ou non de fleurettes en porcelaine.
Son Livre-Journal mentionne ce type de pièce, qu’il livre en Aout 1749 au receveur des finances de Paris Mr Boulogne de Préninville sous le numéro 308: «Un chandelier de lit d’un plateau de lacq, garni en bronze doré d'or moulu, avec l’éteignoir » ou en Décembre 1753 pour Mme de la Bauve sous le numéro 1659 : « Un chandelier de lit, plateau de lacq, les garnitures dorées d’or moulu, garni de fleurs »
La marquise de Pompadour qui était une des plus fidèles clientes de Duvaux possédait elle aussi un exemplaire qui est décrit en 1764 dans son inventaire après décès :
sous le n° 1362: "un bougeoir de lit, de laque garny de bronze doré d'or moulu, prisé 15 livres».
Le livre-journal nous apprend que durant la décennies 1748-1758, Lazare Duvaux ne livra qu’une poignée de bougeoirs de paravent et toujours pour des personnages trés importants.
Ce type de chandelier fût rare dés le 18ème siècle et trés peu nous sont parvenus, surtout en laque rouge et en bon état.
Notre modèle est parfaitement représentatif du «goût Pompadour » qui signe l’apogée des arts décoratifs du règne de Louis XV , mais il présente déja les premiers apports néoclassiques qui arrivent en France avec les commandes du frère de la marquise, le marquis de Marigny qui est alors à la tête de la direction des bâtiments du roi.
La finesse de la monture, la rareté des matières et la pureté du dessin font de ce bougeoir une pièce décorative de premier plan, mais bien plus qu’un simple objet, notre chandelier illustre l’art de vivre à la française, avec les grands début de la mode et du luxe qui contribueront à faire rayonner la France à travers le monde.
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