Par Antiquités Philippe Glédel
DEMANDE D'INFORMATIONS
Mobilier XVIIIe parisien et régional, dont meubles de port.
Rare poudreuse ou coiffeuse à caissons Transition en marqueterie de cubes sans fond et précieuse garniture de bronze aux satyres.
Elle est frappée de la double estampille de Léonard Boudin.
Travail parisien de la fin de l'époque Louis XV, vers 1765-1770.
Elle ouvre en façade par quatre tiroirs sans traverses et une tablette gainée de cuir pour un usage supplémentaire de table à écrire, tandis que le dessus reprend l'ouverture tripartite commune aux coiffeuses Louis XV et Louis XVI, l'abattant central fonçé d'un miroir, les latéraux munis de serrures.
Ce modèle est dit à la grecque, marqueté toutes faces de cinq essences de placage, le principal étant le bois de rose, délimité par des filets de buis et dans des encadrements d'amarante, avec dans les réserves un riche décor de cubes sans fond en érable sycomore teinté tabac ainsi qu'en bois de rose et de violette, le tout délimité par de minces filets en buis ou de larges filets de grecques en ...
... amarante.
Le meuble est paré, outre de sabots élevés, ajourés et enveloppants, d'une luxueuse et très rare garniture de bronze doré aux masques de satyre à la remarquable ciselure, d'une astragale de bronze reliant chutes et sabots, et enfin de cinq élégantes entrées de serrure et deux plus petites ainsi que trois boutons de bronze, le tout dans sa dorure ancienne.
L'intégralité du bâti du meuble est en chêne.
Il porte, sous la ceinture avant, la marque JME de la Jurande parisienne et la double estampille L. BOUDIN du maître ébéniste Léonard Boudin.
Si Œben et RVLC sont considérés comme les fers de lance du style Transition, Léonard Boudin, plus encore que Pierre Roussel dont il est question ci-après, est connu pour être l'un de ses principaux propagateurs.
A propos des chutes aux masques de satyre : ce modèle de bronze est des plus élitistes et ne se rencontre que sur un corpus de meubles de grande qualité d'un cercle restreint d'ébénistes comptant parmi les plus réputés. François Quéré dresse une liste des maîtres qui l'ont utilisé et cite, en commençant par Œben, Roussel, Cosson, Dautriche, Foullet, Leclerc, Dubois et Montigny, et enfin Topino dont il nous dit qu'il se fournissait chez le maître fondeur-ciseleur Jean-Baptiste Dubuisson.
A cette liste nous pourrions ajouter Riesener lui-même, comme le démontre une table Louis XVI qui porte son estampille passée en vente à l'Hôtel Georges V le 3 avril 1996 (voir en documentation et pour laquelle l'étude Tajan précise dans son descriptif :
" Il est intéressant de comparer les chutes de bronze tout à fait caractéristiques et similaires de la petite table que nous présentons avec ceux d'un petit meuble de dame formant bureau et coffret à bijoux, estampillé L. BOUDIN, d'époque Louis XV, et qui faisait partie de la collection de Madame H... Vente à la Galerie Charpentier le 15 mars 1937 ".
S'agit-il du meuble vendu à Drouot en 2013 (que nous ajoutons en documentation)? C'est tout à fait probable. Quoiqu'il en soit nous n'avons pas vu, mis à part celui-ci et notre poudreuse, un autre meuble de Léonard Boudin garni de tels bronzes passé en vente publique durant ces vingt dernières années.
Ce meuble de grande qualité se présente dans un état exceptionnel, avec sa garniture de bronze doré d'origine, ayant bénéficié d'une restauration de haut niveau et vernis au tampon par un maître ébéniste.
Dimensions : 77 cm de haut x 88,5 cm de large x 52 cm de profondeur.
Provenance : vente Christie's Monaco du 19 juin 1999 puis collection privée parisienne.
Léonard Boudin (Paris 1735 - 1804). Maître en 1761.
Léonard Boudin, habile ébéniste et marqueteur travailla tout d'abord au Faubourg Saint-Antoine puis rue Saint Nicolas où se fit remarquer par les Migeon qui lui commandèrent des marqueteries pour quelques-uns de leurs plus importants clients (tels le marquis de Castelmore et le chevalier d'Arcq). Armé de sa maîtrise en mars 1761, il s'installa peu de temps après rue Traversière et devint l'un des artisans les plus réputés de la capitale, aussi, les commandes affluant, il ouvrit une enseigne de mercier entre le Palais Royal et le Louvre et fit à son tour travailler d'autres ébénistes tels qu'Evald et Denizot, Gilbert, Foullet, Pioniez et Topino. En 1771, au faite de sa carrière, il reçut commande par Gilles Joubert, le fournisseur de la couronne, d'un ensemble de meubles pour le comte de Provence.
Si Léonard Boudin a parfois estampillé des meubles exécutés par des confrères, on connaît sa prédilection pour les marqueteries de cubes et on reconnaît son travail, comme le signale Pierre Kjellberg, à "de grandes rosaces rayonnantes" mais aussi, tel que sur notre poudreuse, à "de petits cercles inclus dans les encadrements sinueux".
Léonard Boudin est considéré comme l'un des plus grands ébénistes français. On peut voir quelques-uns de ses meubles dans nos plus grands musées, le Louvre, Carnavalet... et à Versailles, mais aussi dans les plus grands musées du monde, tels le Metropolitan Museum of Art et le Cleveland Museum of Art ou encore le Kunts Husgeradskam de Stockholm.
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