Par Franck Baptiste Paris
Modèle à décor rocaille composé d’agrafes et de feuilles d’acanthe. Il repose sur quatre pieds à enroulements rentrants.
Le sommet est surmonté d’un putto figurant Cupidon, muni de ses attributs (arc et flèches)
Le cadran est signé « Filleul à Versailles » tout comme la platine arrière du mouvement .
Suspension d’origine à fil de soie et sonnerie à la demande, actionnée par tirage.
Parfait état de marche.
Belle dorure au mercure d’origine et grandes qualités de ciselure.
Travail parisien d’époque Louis XV vers 1750.
Dimensions :
Hauteur : 34 cm ; Largeur : 16 cm ; Profondeur : 9 cm
Joseph-François Filleul
Joseph-François Filleul, parfois désigné sous le seul prénom de François, est un horloger français actif à Versailles au milieu du XVIIIe siècle. Contrairement aux grands maîtres installés dans les quartiers horlogers parisiens, il exerça directement au service de la cour.
En 1744, lors de la constitution de la Maison de ...
... Marie-Thérèse-Raphaëlle d’Espagne, première épouse du dauphin Louis de France, il obtint le brevet de « valet de chambre et horloger ordinaire de Madame la Dauphine ». Il prêta serment en février 1745, au moment du mariage de la princesse. Les archives le mentionnent encore en 1748 dans cette fonction. Il travailla ensuite pour les Dauphines successives, notamment Marie-Josèphe de Saxe.
Filleul était chargé de fournir, entretenir et transformer les pendules des appartements princiers. Il remplaça notamment le cadran et le mouvement d’un cartel livré en 1745 par le marchand-mercier Thomas-Joachim Hébert pour la Dauphine d’Espagne, aujourd’hui conservé au château de Versailles sous le numéro V 5722. En 1771, il reçut encore 225 livres pour des travaux exécutés au service de la comtesse de Provence. Trois pendules de Filleul figuraient toujours dans les collections royales en 1787.
Ses œuvres, relativement rares, portent généralement la signature « Filleul à Versailles », rappelant son implantation au cœur de la résidence royale. Parmi les exemples connus figure un exceptionnel cartel daté de 1751, dont les émaux furent exécutés par Antoine-Nicolas Martinière, émailleur et pensionnaire du Roi.
Cette signature ne désigne donc pas un simple lieu d’activité : elle témoigne de l’appartenance de Filleul au service personnel de la Maison de la Dauphine et confère à ses mouvements un lien direct avec la cour de Versailles.
Notre avis :
Le petit cartel à poser que nous présentons est une œuvre particulièrement émouvante. La signature «?Filleul à Versailles?» est bien davantage qu’une simple indication géographique?: elle témoigne d’un atelier établi au cœur du château de Versailles, dans l’environnement immédiat de la famille royale. Filleul ne semble pas avoir développé de production commerciale autonome?; les œuvres aujourd’hui identifiées paraissent relever exclusivement de commandes liées à la Dauphine, dont il fut l’horloger ordinaire. Cette signature confère ainsi à notre cartel un caractère rare et presque intime, celui d’un objet vraisemblablement conçu pour les appartements princiers.
La forme de la caisse en bronze peut être rapprochée de celle du petit cartel fixé sur l’encoignure-bureau de Marie-Josèphe de Saxe conservée au Getty Museum (N°inv 79.DA.66) , également pourvu d’un tirage permettant de déclencher la sonnerie à la demande. La forme rocaille asymétrique des deux cartels est à approcher des oeuvres du bronzier Jacques Caffieri , dans la décennie 1740-1750.
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