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L’Empire de Napoléon Ier est marqué par ses nombreuses guerres et campagnes et notamment sa campagne militaire d’Egypte, menée par l’Empereur alors qu’il n’est encore que le général Bonaparte et par ses successeurs de 1798 à 1801. Cette campagne se double d’une expédition scientifique et historique mais aussi artistique à laquelle participent de nombreux dessinateurs qui influencent le style Empire et son goût pour l’égyptomanie. Ce goût se retrouve de manière omniprésente sur des meubles comme la commode mais aussi sur des meubles plus secondaires comme la console.

La console Empire : une table décorative

Une console est table décorative étroite placée de manière générale le long d’un mur destinée à recevoir divers objets de façon permanente ou momentanée. Parfois fixées au mur, le piétement n’est alors plus qu’un appui au sol ou un élément qui assure le maintien de la table.

Console empire en acajou
Console en acajou de Cuba, Epoque Empire, XIXème siècle, Antiquités Christophe Bouley © Anticstore

L’époque :

C’est dans les palais italiens de la Renaissance qu’apparaissent les premières tables décoratives doté d’un piètement sculpté à profusion de feuillages, de fruits et d’animaux fabuleux. Rapidement imitée par les menuisiers français du règne de François Ier, la table décorative adopte ensuite un plateau de marbre ou de pierre de couleur supporté par un bois doré. Son rôle se limite à présenter des bronzes, porcelaines et objets de pierres dures affectionné par les grands collectionneurs du temps. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, la table décorative est repoussée contre les murs. Elle évolue en console dans les années 1710, lorsque les pieds arrière disparaissent et que le plateau adopte, sur ses seules faces visibles, un profil chantourné irrégulier. Un système d’ancrage la rend alors solidaire du mur. Dès la fin du XVIIIème siècle, ce meuble devenu inutile passe de mode, même si le style grec en réalise quelques exemplaires magnifiques. La tendance est alors à la simplicité, le bois doré n’a plus sa place et la console, habillée de simple acajou, joue aussi un unique rôle de table desserte. C’est sous cette forme qu’arrive la console à l’époque napoléonienne, souvent monumentale et symétrique, posée sur des sphinx ou des victoires ailées. Elle occupe alors une place majeure dans les divers salons ou salles à manger. Elle sert notamment de reposoir aux candélabres, indispensables pour l’éclairage des pièces.

Projet de console par Percier
Charles Percier attribué à, Projet de Console, Epoque Empire, 1805 © Photo Les Arts Décoratifs, Paris

Sous la Restauration, la console est encore présente, parée de bois clair sur des pieds en volute. Si le XXème siècle se présente comme un siècle fonctionnel et minimaliste, la console y trouve tout de même sa place puisque qu’elle va revenir dans le décor des années 1920, sous la signature de grands créateurs.

Modèles et caractéristiques de la console Empire :

La console Empire se différencie assez aisément des styles antérieurs, même lorsqu’elle n’est pas datée. Sa forme et son décor dérivent des précédentes et subissent une évolution sous l’effet de plusieurs causes : les salles hiérarchisées, du moins dans les palais impériaux, une recherche de solennité qui gagne les classes dirigeantes et se manifeste par une expansion du bois doré, un souci d’harmonie entre les sièges et les consoles d’une même pièce et enfin, le développement du bois peint et des bois indigènes pour éviter celui de l’acajou. Cela va aboutir, dans une première mesure, à l’essor de la console de menuiserie, plus ou moins sculptée qui tend de plus en plus vers le meuble d’architecture et dans une seconde à l’arrivée de modèles simplifiés, voir standardisés. Les modèles de consoles de l’époque Empire se fixent sur le traitement des pieds antérieurs, les pieds arrière étant toujours à pilastres. Parmi eux, on relève d’abord celui de la console à figures en ronde-bosse, à têtes animales sur jarret de lion et à figures humaines en gaine. Raréfiées sous l’Empire, ces consoles ne se maintiennent que très occasionnellement dans les ameublements officiels.

Console aux cariatides
Console aux cariatides en acajou, Epoque Empire, XIXème siècle, Galerie Atena © Anticstore

Deuxième modèle, la console à pilastres est un modèle régulier sous le premier Empire. En bois peint, elle est souvent très simple. En acajou, elle possède plusieurs niveaux de qualité. Elle figure dans les salles à manger, munie d’une ou deux tablettes d’entrejambe. Lorsqu’elle prend place dans un salon, on lui donne une apparence plus monumentale, avec des pilastres renforcés ou des doubles pilastres. Elle est dans ce cas rehaussée de bronzes et comporte régulièrement un fond de glace au tain. On date souvent difficilement les consoles de ce type. Le troisième modèle est celui de la console à balustres qui prend une place accrue sous l’Empire. La console en acajou à pieds antérieurs en double balustre tourné est très proches des modèles antérieurs. Toutefois, ce meuble présente la particularité d’être munis d’un tiroir, détail encore rare qui deviendra récurrent sous la Restauration. La forme du pied en balustre tourné, simple ou double, se répand, en bois peint ou en bois doré, dans tous les palais impériaux. Les balustres simples restent parfois élancés. Encore plus caractéristique du style Empire que les précédentes, la console à colonnes est abondamment employée. Le modèle le plus ordinaire est représenté par des exemples en bois peint, ou en acajou, bases et chapiteaux compris. Il est enrichi lorsque les chapiteaux et les bases sont en cuivre ou bronze doré. Les consoles encore plus soignées sont rehaussées d’appliques de bronze. Il n’est également pas rare d’en avoir qui présentent quatre colonnes regroupées deux par deux. Modèle du genre, on relève la console à pieds en console et en « cuisse de chimère » que l’on trouve déjà sous le Consulat avec des pieds en acajou en console, achevés en griffe de lion et inspirés de monuments antiques, utilisés non seulement pour les consoles mais aussi dans de nombreux bureaux et tables de toilette. Cette forme, fréquemment adoptée sous le règne de Louis XVI pour des chambranles de cheminée, va se poursuivre sous le style Empire avec des consoles majestueuses en bois sculpté doré, destinées à de grandes salles. Le pied, fortement cintré et plus ou moins sculpté se retourne en volute vers l’arrière en partie haute et s’achève en griffe de lion en partie basse. Cette forme possède une première variante qui garde la griffe de lion mais supprime la volute supérieure. Les pieds sont alors dits « cintrés » ou « taillés en cuisse de chimère ». Une seconde variante supprime non seulement la volute mais aussi la griffe de lion. Le modèle se banalise, même si la sculpture et le traitement du bois lui donne une hiérarchie dans chaque pièce. Le dernier modèle, enfin, est celui de la console à gradin. Composé d’une glace en partie supérieure, son usage est semblable à celui d’une table de toilette.

Console à gradin
Console à gradin en acajou, Epoque Empire, XIXème siècle, Antiquités Rigot et Fils © Anticstore

Quelques noms d’ébénistes de l’époque Empire :

Parmi les ébénistes les plus renommés de l’époque Empire, Georges Jacob Desmalter (1770-1841) et Marcion (1769-1840) se distinguent par une leur production particulièrement féconde et d’une très grande qualité. Le premier, fils du très reconnu menuisier en siège Georges Jacob, brille par ses meubles divers en acajou et par la profusion de ses motifs en bronze inspirés de l’antiquité ; le second, au service des plus prodigieuses demeures impériales, rayonne par ses commodes, secrétaires, bibliothèques, bureaux, lavabos ou encore consoles réalisés pour l’Empereur. Dans leurs ombres, des ébénistes comme le tabletier Martin Guillaume Biennais réalisent aussi de très belles commandes.

Console époque Empire

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