Par Cristina Ortega & Michel Dermigny
Arts de la Chine et du Japon
Suzuribako en laque noire, à décor d’or exécuté en takamaki-e et hiramaki-e sur fond ro-iro légèrement poudré nashiji. Le couvercle montre plusieurs moineaux volant au-dessus d’un petit cours d’eau bordé d’herbes, tandis qu’au premier plan d’autres oiseaux sont posés sur des fagots de graminées. Le dessin joue avec beaucoup d’élégance sur l’opposition entre la masse sombre du fond, la sinuosité lumineuse du ruisseau et la vivacité des oiseaux. La technique d’or sur fond noir, particulièrement séduisante ici, appartient à l’un des grands langages du laque japonais du XIXe siècle.
L’intérieur du couvercle reprend le même paysage, sans les moineaux, tandis que deux oiseaux figurent encore sur la boîte intérieure. Le compartimentage peut être retiré dans sa partie basse, et le décor se poursuit sous cette partie cachée. Ce détail est important : il signale une exécution particulièrement soignée, où le décor est pensé dans la ...
... totalité de l’objet et ne s’interrompt pas aux seules parties immédiatement visibles. Des pièces conservées dans les collections japonaises montrent bien que cette continuité décorative intérieure est tenue pour un signe de très grande qualité.
La boîte contient sa pierre à encre au bord doré, ainsi qu’un petit récipient à eau en argent, posé dans une corolle argentée elle-même montée sur une base de métal doré. Ce raffinement dans le traitement du suiteki et de son support répond à la richesse du décor de laque et renforce l’unité précieuse de l’ensemble. Le suzuribako a conservé son tomobako d’époque.
Le sujet des moineaux au bord de l’eau s’inscrit dans une longue tradition décorative japonaise où oiseaux, herbes et ruisseaux permettent de construire un espace vivant, rythmé et immédiatement lisible. Ce type de composition, qui associe le mouvement de l’oiseau et le fil de l’eau, trouve plusieurs parallèles dans les suzuribako anciens à décor de rivière et d’oiseaux, notamment dans des œuvres conservées au Tokyo National Museum et au Kyoto National Museum.
Par son fond noir très profond, ses rehauts d’or, la qualité de son décor poursuivi jusque dans les parties cachées et le soin apporté aux éléments intérieurs, ce suzuribako se rattache à une production de belle tenue, que l’on peut situer à la charnière de la fin Edo et du début Meiji.
Dimensions : hauteur 4,5 cm ; largeur 22 cm ; profondeur 23,5 cm.
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