Par Galerie Eric Beaumont
Tableaux flamands et français du XVIIe, XVIIII, XIX et XXème siècles
Huile sur toile représentant une « vue du Pont Rialto et du Palazzo dei Camerlenghi à Venise »
Ecole Vénitienne fin XVIIIe, début XIXe, suiveur de Francesco Guardi
37,5 cm x 47,5 cm
Cadre XVIIIe, sculpté bois, doré à l’or
L'œuvre, réalisée par un peintre vénitien, suiveur de Francesco Guardi, représente le célèbre Pont du Rialto et le Palais de Camerlenghi. La vue est inspirée de la production artistique du célèbre peintre Francesco Guardi (Venise, 1712 – 1793).
Les tons de notre tableaux sont lumineux et diffuse des touches de couleur et de blanc qui font scintiller l'eau du Grand Canal et suggèrent le fourmillement animé de la foule et des gondoles
Le Pont Rialto :
Le terme Rialto vient du latin rivus altus, qui signifie « canal profond » ou « rivière profonde ».
L'origine du pont remonte aux alentours de 1172. Comme la majorité des ponts de Venise à l'époque, le premier pont du Rialto fut construit en bois.
À cette époque, pour joindre ...
... les deux rives, on avait fabriqué un pont de bateaux, amarrés les uns aux autres. L'architecte en était Nicolo Barattieri, celui-là même qui la même année fit ériger les deux colonnes de la Piazzetta de Saint-Marc avec à leur sommet les statues de saint Théodore pour l'une et du Lion de Saint-Marc pour l'autre. Cette solution de fortune ne pouvait être que provisoire et l'on décida donc de construire un véritable pont.
Au début du XVIe siècle, la République souhaita donc le reconstruire et demanda des projets à Sansovino, Palladio et Michel-Ange mais à la suite d'un concours, le travail fut confié au bien nommé Antonio da Ponte qui assura la reconstruction du pont en pierre d'Istrie de 1588 à 1591.
Comme n'importe quel ouvrage architectural à Venise, de la plus petite maison au plus grand palais, il répond au même principe de construction de base : commencer par enfoncer des pieux de bois dans la vase de la lagune pour constituer les fondations de l'édifice. Il repose alors sur une seule grande arche unique, longue de 28 mètres de portée, construite sur des fondations comprenant 6 000 pilotis en bois. Sa forme caractéristique en « accent circonflexe » permettait autrefois le passage des navires de haute taille.
Ainsi, au XIVe siècle, le pont du Rialto est le centre d'une bourse du Rialto en plein air, où on échange des parts de navire, ce qui facilite le développement d'une flotte commerciale et le quadruplement de la superficie de l'Arsenal de Venise, mené par les autorités de la ville.
Portant le nom du quartier de Rialto situé sur la rive gauche, il constituait jusqu'au XIXe siècle l'unique liaison entre les deux parties de la ville, reliant les sestieri de San Polo et de San Marco.
Le pont actuel, à arche unique sur le Grand Canal de 48 mètres, offre trois passages piétonniers, un au centre entre deux rangées de boutiques installées dans six arches à la montée et six arches à la descente, et deux de chaque côté des boutiques. Les trois allées piétonnières se raccordent au centre du pont par deux arches de plus grandes dimensions.
La présence de boutiques en fait un des rares exemples contemporains de pont bâti.
Sur les reliefs de chaque côté du pont, on peut voir les deux saints patrons de la ville, Théodore et Marc
Le Palais de Camerlenghi :
Le palais a été construit au XVe siècle et terminé en 1488. De 1525 à 1528, il a été agrandi selon un plan de Guglielmo dei Grigi, inspiré du style de Mauro Codussi et Pietro Lombardo. C'était le siège de plusieurs magistrats financiers, dont les Camerlenghi, les consuls des commerçants et les supra-consuls des commerçants dont il tire son nom. En raison de cette fonction, l'étage inférieur était utilisé comme prison pour ceux qui ne réglaient pas leurs dettes. Son emplacement bien en vue près du pont du Rialto servait d'avertissement aux passants. Le palais abrite les bureaux régionaux du contrôleur général de la République italien.
Le palais de forme pentagonale comporte trois étages et suit le rivage du Grand Canal. Il possède de hautes fenêtres à centrage, séparées par de fausses colonnes et décorées de frises. Il existait autrefois des dalles de marbre polychrome et de porphyre, aujourd'hui perdues. Le médaillon sur la façade incorporait autrefois un Lion de saint Marc peint.
En raison de la tradition vénitienne selon laquelle, lorsqu'ils quittaient leur poste, les magistrats laissaient un tableau à thème religieux et un portrait dans leur ancien bureau, le Palazzo dei Camerlenghi abrite de nombreuses œuvres d'art. Parfois, ces peintures expriment des notions socio-politiques de vertu civique. Celles-ci ont été dérobées pendant l'occupation française ; certaines sont finalement retournées à Venise, principalement aux Galeries de l'Académie.