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Skyphos grec attique à figures noires par le Peintre de l'Olpé de Nicosia
Skyphos grec attique à figures noires par le Peintre de l'Olpé de Nicosia - Archéologie Style
Réf : 62793
32 000 €
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Theodore Zoumpoulakis, 28 décembre 1946 (140 $) Ex collection of Joseph Brummer (1883-1947), New Yo
Materiaux :
Argile orangée
Dimensions :
H. 15 cm
Archéologie  - Skyphos grec attique à figures noires par le Peintre de l'Olpé de Nicosia
Galerie Tarantino
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Archéologie, tableaux et dessins anciens


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Skyphos grec attique à figures noires par le Peintre de l'Olpé de Nicosia

ART GREC ATTIQUE, vers 520 av. J.-C., Peintre de l' Olpé de Nicosia

Publié : J.D. Beazley, Attic Black-Figure Vase Painters, Oxford 1956, p. 453, n. 32/10

Sorti il y a plus de vingt-cinq siècles de l’atelier d’un artisan athénien, ce « skyphos », vase à boire utilisé lors des banquets, figure au nombre des quarante-huit œuvres connues de cet artiste. Ce maître anonyme actif vers 530 avant J.C. appelé conventionnellement « Peintre de l’olpé de Nicosia » doit son nom à une « olpé » (sorte de pichet) conservée au musée de Nicosia à Chypre. C’est ainsi que tous les vases de ce peintre offrent les mêmes caractéristiques stylistiques : des personnages hiératiques en figures noires et disposés en frise selon les canons de période archaïque, à la physionomie reconnaissable notamment grâce de petits nez pointus, des yeux ronds entre deux tirets et une utilisation abondante de rehauts de couleur rouge et blanche. La couronne de lauriers suspendue dans le champ au-dessus du guerrier peut aussi être considérée comme une marque de fabrique de ce peintre. Un skyphos très proche de celui-ci est conservé au musée national d’Athènes, la notice de celui-ci mentionne d’ailleurs le nôtre comme élément de comparaison. On retrouve en effet un décor quasi identique à l’exception des sphinges remplacées par des personnages sur le vase d’Athènes.

La provenance attique du skyphos est confirmée par une fiche conservée dans les archives du grand marchand Joseph Brummer (1883-1947) à qui ce vase a appartenu. Brummer est considéré comme l’un des plus importants marchands américains de l’époque. Il joua un grand rôle dans la constitution des collections du Metropolitan Museum et du Cloisters Museum de New York. Sur cette fiche montrant le skyphos encore en fragments, on trouve la mention dactylographiée : « Acheté chez Theodore Zoumpoulakis, 28 décembre 1946 ».

Le vase est décoré sur deux faces de scènes assez semblables mais présentant des variantes entre elles, sur l’une d’entre elles, un hoplite se prépare à partir au combat entouré de ses proches tenant des lances. Il fixe des « cnémides » pour protéger ses tibias. A ses pieds, on voit un casque posé sur le sol ainsi qu’un bouclier tenu par une femme. Sur l’autre face, au centre de la scène, figure un homme assis, que l’on peut identifier comme le père du guerrier. Les carnations des femmes sont différenciées par des rehauts de blanc selon l’usage à l’époque archaïque. Les scènes sont délimitées par des sphinges, animaux fabuleux à corps de félin ailé et à tête de femme. Ces créatures venues d’Orient et d’Egypte ont pénétré la culture grecque. On les retrouve dans le mythe d’Œdipe, mais aussi comme créatures héraldiques ou gardiennes de tombeaux.

C’est ainsi que ce vase, au-delà de sa qualité artistique et de sa rareté, nous invite à travers son histoire et son décor, à un banquet qui remonte à l’aube de notre civilisation.

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