Par Spectandum
Saint Christophe portant l’Enfant Jésus, Espagne, fin du XVI? – début du XVII? siècle, bois polychromé et partiellement doré.
La sculpture représente saint Christophe portant l’Enfant Jésus sur son épaule gauche. Dans sa main droite, le saint tient un palmier, variante iconographique du bâton traditionnel. L’Enfant lève la main droite au-dessus de la tête du saint dans un geste de bénédiction. Les figures sont animées et expressives, avec un modelé vigoureux et une polychromie et dorure richement appliquées.
Matériau et technique
L’œuvre est exécutée en bois, très probablement en châtaignier ou en noyer, comme l’indiquent le grain visible et les qualités tonales. La surface est préparée avec une couche de gesso et des couches polychromes, enrichies de zones dorées. Ces techniques sont caractéristiques de la tradition sculpturale hispanique (imaginería) de cette période, où la collaboration entre le sculpteur et le peintre-doreur ...
... (pintor-dorador) était essentielle pour obtenir des effets de réalisme.
Analyse stylistique et comparative
La coloration exubérante et les physionomies expressives suggèrent une origine dans le sud de la péninsule Ibérique, très probablement en Andalousie. L’iconographie du palmier, remplaçant le bâton habituel du saint, constitue une variation remarquable par rapport aux représentations traditionnelles.
La composition et le traitement du sujet invitent à une comparaison avec le célèbre San Cristóbal con el Niño Jesús de Juan Martínez Montañés (Alcalá la Real, 1568 – Séville, 1649), réalisé en 1597. Cette sculpture en bois, mesurant 2,2 mètres de hauteur, est conservée dans l’église collégiale du Divin Sauveur (Iglesia Colegial del Divino Salvador) à Séville. Elle représente saint Christophe portant l’Enfant Jésus à travers un fleuve, s’appuyant sur un bâton en forme de palmier. Les étroites correspondances iconographiques et stylistiques suggèrent que la sculpture présente a été créée dans l’émulation de ce prototype influent.
Attribution et contexte
Sans pouvoir être attribuée directement à Juan Martínez Montañés, l’œuvre peut être située dans son cercle artistique immédiat. Ses caractéristiques stylistiques et son exécution technique indiquent soit une production d’atelier sous sa supervision, soit une œuvre indépendante d’un sculpteur formé dans son entourage. La sculpture témoigne probablement de la diffusion du modèle de Montañés par le biais de commandes et de répliques qui ont propagé l’esthétique sévillane dans le monde ibérique.
Provenance
Ancienne collection privée, Belgique.
Référence bibliographique
Cf. Juan Martínez Montañés, San Cristóbal con el Niño Jesús, 1597, Iglesia Colegial del Divino Sal